Congé paternité : combien tu perds vraiment ?
Tout dépend d'un seul chiffre : 4 005 € de brut par mois, le plafond mensuel de la Sécurité sociale. En dessous, tu perds environ 7 % de ce que tu aurais touché net, c'est-à-dire ~112 € sur les 25 jours à 2 500 € brut. Au-dessus, l'indemnité est gelée à 97,05 € versés par jour pendant que ton salaire continue de monter, et l'écart atteint ~1 490 € à 6 000 € brut par mois, soit 38 % de ton net.
Le maximum que tu lis partout, 104,02 € par jour, est celui de l'indemnité brute, forfait de 21 % déjà retiré du salaire. La caisse en retire encore 6,7 % de CSG et de CRDS avant de verser : 97,05 € par jour arrivent sur le compte, et c'est ce montant-là que cette page compare à ton net.
Elle chiffre la perte salaire par salaire. Elle ne traite ni la durée du congé ni la réforme en cours : le guide du congé paternité les porte en entier.
Page revue le . Le plafond mensuel de la Sécurité sociale employé ici (4 005 €) est le douzième du plafond annuel 2026, relevé sur urssaf.fr le 2026-03-28. Étapes de calcul, montant minimal et maximal, durée et versement : service-public.gouv.fr, fiche F3156, « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant d'un salarié du secteur privé ». Conditions d'ouverture du droit, montant maximum, prélèvements et subrogation : Assurance maladie, « Paternité et accueil de l'enfant : vos indemnités journalières ». Les deux fiches ont été relevées le 18 septembre 2026. Le prélèvement à la source de l'impôt s'applique aux indemnités comme au salaire, et n'entre donc pas dans les écarts calculés ici.
7 %
de ton net perdus sous le plafond, quel que soit ton salaire : la CSG et la CRDS retirées de l'indemnité avant versement, plus un forfait un peu plus sévère que tes cotisations réelles
4 005 €
de brut par mois : le seuil à partir duquel l'indemnité est gelée et la perte commence vraiment
38 %
de perte à 6 000 € brut par mois : à ce niveau, la clause de maintien de salaire pèse plus que tout le reste
Ce que le congé paternité te coûte, selon ton salaire
Ce qui arrive réellement sur ton compte, et l'écart avec ce que tu aurais touché net sur les 25 jours indemnisés.
| Salaire brut mensuel | Versé par jour | Ce que tu perds sur 25 jours |
|---|---|---|
| 2 000 € | 48,46 € | ~90 € |
| 2 500 € | 60,58 € | ~112 € |
| 3 000 € | 72,70 € | ~134 € |
| 4 005 € (le seuil) | 97,05 € | ~180 € |
| 4 500 € | 97,05 € | ~501 € |
| 5 000 € | 97,05 € | ~831 € |
| 6 000 € | 97,05 € | ~1 490 € |
La colonne « versé » est ce qui arrive sur le compte : l'indemnité journalière brute (salaire journalier moins le forfait de 21 %) diminuée de 6,7 % de CSG et de CRDS. Elle plafonne à 97,05 € ; le maximum de 104,02 € que publient les deux fiches officielles est celui de l'indemnité brute. Calculs faits sur un salaire régulier des 3 derniers mois. Le net habituel de comparaison est un net avant impôt, cotisations calculées tranche par tranche pour un salarié non cadre du privé. Durée de 25 jours calendaires pour une naissance simple, en vigueur en 2026.
Deux retenues, à deux étages : pourquoi tu lis deux maximums
Les fiches officielles publient 104,02 € par jour comme maximum de l'indemnité, et cette page publie 97,05 € comme maximum versé. Les deux sont justes : ce ne sont pas le même montant, parce que la caisse retire deux choses à deux moments.
D'abord un forfait de 21 % sur le salaire. La fiche de l'Assurance maladie le dit ainsi : « on retire des salaires pris en compte un taux forfaitaire de 21 %, représentatif de la part salariale des cotisations et contributions ». C'est ce qui transforme ton brut en une indemnité, et c'est ce qui donne le maximum : 4 005 € × 3 ÷ 91,25 × 0,79 = 104,02 €. La fiche F3156 de service-public.gouv.fr s'arrête à cette étape, ce qui est la raison pour laquelle ce maximum est le seul que tu lis partout.
Ensuite la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %) sur l'indemnité, comme sur tout revenu de remplacement. La même fiche, dans sa section sur les prélèvements sociaux : « avant versement, le montant de l'indemnité journalière du congé de paternité et d'accueil de l'enfant est réduit de 0,5 % au titre de la CRDS et de 6,2 % au titre de la CSG ». C'est une règle générale à toutes les indemnités journalières de la Sécurité sociale, maladie comprise : la fiche F2971 de service-public.gouv.fr en donne le tableau, assiette 100 % de l'indemnité brute. Les bulletins de paie la traitent exactement ainsi, en « IJSS brutes » puis « IJSS nettes », coefficient 0,933. 104,02 € × 0,933 = 97,05 €.
Ce que ça change en euros, sous le plafond : l'indemnité brute vaut 79 % de ton brut, et ce qui arrive sur le compte en vaut 73,7 %. Face à un net habituel d'environ 79,2 % du brut, il manque environ 7 % : ~112 € sur les 25 jours à 2 500 € brut. La fiche maternité de l'Assurance maladie résume les deux étages en une seule phrase, ce qui a longtemps fait lire le forfait comme s'il tenait lieu de CSG et de CRDS, y compris sur cette page. Il n'en tient pas lieu : les deux se cumulent.
Du salaire brut à ce qui arrive sur le compte
Les cinq étapes, dans l'ordre où la caisse les applique. La colonne de droite suit un salarié au plafond, donc le cas où chaque borne mord.
| Étape | Règle appliquée | Résultat au plafond |
|---|---|---|
| 1. Salaire journalier de base | somme des 3 derniers bruts divisée par 91,25, chaque mois retenu dans la limite de 4 005 €. En activité saisonnière ou discontinue : les 12 derniers mois | 131,67 € par jour |
| 2. Forfait retiré du salaire | moins 21 %, représentatifs de la part salariale des cotisations et contributions que le salaire aurait supportées. Le résultat est l'indemnité journalière brute, celle que les fiches publient | 104,02 € par jour |
| 3. Les deux bornes | l'indemnité brute ne peut être ni inférieure à 11,12 € ni supérieure à 104,02 € par jour | 104,02 € par jour |
| 4. CSG et CRDS retirées de l'indemnité | moins 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, prélevées sur l'indemnité avant versement, comme sur tout revenu de remplacement. C'est ce montant qui arrive sur le compte | 97,05 € par jour |
| 5. Sur les 25 jours indemnisés | aucun jour de carence, week-ends et jours fériés compris | 2 426 € au total |
L'indemnité journalière ne peut être ni inférieure à 11,12 € ni supérieure à 104,02 € par jour en 2026. Le plafond mensuel retenu à l'étape 1 est celui en vigueur le dernier jour du mois qui précède l'arrêt : il valait 3 925 € en 2025. Étapes 1 à 3 et bornes énoncées par la fiche F3156 ; l'étape 4 est énoncée par l'Assurance maladie sur sa fiche du congé de paternité et par la fiche F2971.
Comment la perte se calcule, étape par étape
Tout part du salaire journalier de base : la somme de tes trois derniers salaires bruts, divisée par 91,25. C'est une ETAPE de calcul, pas un résultat, et c'est pour cela qu'elle n'a pas sa place dans le tableau de réponse. À 2 500 € brut par mois, elle donne 82,19 € par jour.
Une exception change cette première étape, et elle concerne plus de monde qu'on ne croit : en activité saisonnière ou discontinue, la période de référence n'est pas de 3 mois mais de 12 mois. Toute la grille de cette page suppose un salaire régulier ; sur une activité irrégulière, un mois creux tire la moyenne vers le bas et les montants réels sont plus faibles que ceux affichés ici. C'est aussi la seule configuration où le plancher d'indemnité peut réellement jouer.
Avant cette division, chacun des trois salaires est ramené au plafond s'il le dépasse. C'est là que tout se joue : à 6 000 € brut, le calcul ne part pas de 6 000 € mais de 4 005 €, donc le salaire journalier de base est le même qu'à 4 005 € et l'indemnité vaut 104,02 € dans les deux cas. Le plafond ne rabote pas un montant : il gèle une assiette.
Sur ce salaire journalier, la caisse retire un forfait de 21 %, représentatif de la part salariale des cotisations que le salaire aurait supportées. Le résultat est l'indemnité journalière brute, et c'est ce montant que les sources publient : 104,02 € au maximum.
Puis, sur cette indemnité, la CSG et la CRDS, 6,7 % en tout, retirées avant versement comme sur tout revenu de remplacement. C'est l'essentiel de l'écart de 7 % que la grille montre même très en dessous du plafond. Le reste vient d'un arrondi de la règle : la caisse retire 21 % quand ton bulletin de paie retire 20,84 % de cotisations salariales, soit 0,16 point de plus, ou 0,2 % de ton net. Les deux ensemble donnent 6,9 %, et cela ne dépend pas de ton salaire.
Reste à comparer deux choses qui ne se comptent pas dans la même unité. L'indemnité se verse par jour calendaire, week-ends et jours fériés compris et sans jour de carence, tandis que ton salaire se verse par mois. On ramène donc le net mensuel à un net par jour calendaire en le divisant par 30,42, la moyenne annuelle, puis on le multiplie par les 25 jours du congé. À 6 000 € brut, cela donne 3 916 € de net attendu contre 2 426 € réellement versés, d'où l'écart affiché.
Cette conversion n'introduit aucune approximation, et c'est vérifiable : diviser par 91,25 puis multiplier par trois revient EXACTEMENT à multiplier par douze et diviser par 365, parce que 91,25 est le quart de 365. Le salaire journalier de base de la caisse EST donc ton brut ramené au jour calendaire, et les deux termes de la comparaison se comptent dans la même unité par construction. Il ne reste entre eux que la différence des retenues.
Ces montants se déduisent du plafond de la Sécurité sociale et du barème de cotisations. Une revalorisation du plafond déplace donc le seuil ET toute la grille, sans qu'une seule ligne de cette page soit à corriger.
Une précision qui ne concerne presque personne mais que la fiche officielle pose : l'indemnité ne peut pas descendre sous 11,12 € par jour. Ce plancher ne mord qu'en dessous d'environ 430 € de brut mensuel, donc jamais dans la grille ci-dessus. Il est appliqué quand même dans les calculs de cette page.
Ton salaire n'est pas dans la grille ?
La grille avance par paliers. Le calculateur part de ton brut réel et de la durée exacte de ton congé, et rend ton indemnité au centime, plafond appliqué. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.
Ce qui peut combler la perte
Un seul mécanisme comble l'écart, et il n'a rien de légal : le maintien de salaire prévu par une convention collective ou un accord de branche. Quand il existe, il peut aller jusqu'au maintien intégral : l'employeur continue de te payer ton salaire et perçoit les indemnités à ta place. Quand il n'existe pas, la perte reste à ta charge, entièrement, quel que soit ton salaire.
Trois décisions que ces chiffres changent
Situe-toi par rapport au seuil, le reste en découle
Sous 4 005 € de brut par mois, la perte est une part fixe d'environ 7 % de ton net : ~112 € à 2 500 € brut, ~180 € juste au seuil, sur les 25 jours. Elle se prévoit, elle ne décide pas de tes dates. Au-dessus, en revanche, chaque euro gagné au-delà du seuil n'est compensé par rien, et la somme devient un vrai paramètre de décision.
La convention collective passe avant tout le reste
Avant de discuter des dates, cherche la clause de maintien de salaire. À 5 000 € brut par mois, elle vaut ~831 € sur le congé, et elle se lit en dix minutes. Aucune autre décision de cette page ne pèse autant.
Une prime versée dans les trois mois change le calcul
Le calcul retient tes trois derniers salaires bruts, primes comprises, dans la limite de 4 005 € par mois chacun. Si tu es déjà au-dessus du seuil, une prime tombée dans cette fenêtre n'augmentera pas ton indemnité d'un centime. Si tu es en dessous, elle peut la faire monter, jusqu'au plafond.
Aller plus loin
Les lectures secondaires du même barème, dépliables et indexées.
La perte sur les hauts salaires, en détail
Au-delà du seuil, l'indemnité est une constante et le net habituel une droite croissante : l'écart entre les deux croît donc sans limite. Il ne s'agit plus d'un pourcentage stable, mais d'une part qui augmente à mesure que le salaire monte.
- 8 000 € brut par mois : 2 426 € versés contre 5 235 € de net attendu, soit ~2 809 € de manque, ou 54 % de ton net.
- 10 000 € brut par mois : 2 426 € versés contre 6 553 € de net attendu, soit ~4 127 € de manque, ou 63 % de ton net.
Sur ces niveaux de rémunération, la clause de maintien de salaire cesse d'être un détail conventionnel : elle représente l'essentiel de ce que la période rapporte. C'est aussi à ces niveaux que le fractionnement du congé se discute utilement, puisque chaque jour posé a un coût net identifiable.
Les trois comparaisons fausses, et celle qui est juste
PREMIÈRE COMPARAISON FAUSSE, celle qui rassure à tort : prendre le maximum publié, 104,02 €, pour ce qui arrive sur le compte. C'est l'indemnité brute, forfait de 21 % retiré du salaire ; la CSG et la CRDS, 6,7 % « avant versement », s'en retirent encore, et il en reste 97,05 €. Le forfait ne tient pas lieu de CSG et de CRDS : les deux se cumulent, et c'est le piège le plus coûteux du sujet, parce que la fiche maternité de l'Assurance maladie les résume en une phrase.
DEUXIEME, celle qui alarme aussi : mettre l'indemnité en face de ton salaire BRUT. Elle donne une perte de plus de vingt pour cent, mais elle compare un montant après retenues à un montant avant retenues. Un net et un brut ne se comparent jamais directement, et c'est la confusion la plus répandue sur ce sujet.
TROISIEME, plus subtile : compter le congé en jours ouvrés. L'indemnité est versée pour CHAQUE jour de la semaine, samedis, dimanches et jours fériés compris. Compter 25 jours ouvrés au lieu de 25 jours calendaires gonfle le versement d'environ deux cinquièmes.
LA JUSTE met l'indemnité VERSÉE, CSG et CRDS retirées, en face de ton net habituel, sur la même durée, en jours calendaires des deux côtés. Elle donne environ 7 % sous le plafond - 6,7 % de CSG et de CRDS, plus l'écart entre le forfait de 21 % et tes 20,84 % de cotisations réelles - et beaucoup plus au-dessus. C'est celle de cette page.
Reste le prélèvement à la source, qui s'applique aux indemnités journalières comme au salaire et n'entre donc dans aucun de ces écarts : il réduit les deux termes de la comparaison, pas leur différence.
Qui verse quoi, et dans quel ordre
Rien ne se déclenche sans ton employeur : c'est lui qui transmet à ta caisse d'assurance maladie une attestation de salaire, avec les dates du congé. La caisse s'en sert pour établir tes droits et calculer le montant. Un retard sur cette transmission retarde donc le premier versement, et c'est la cause la plus fréquente d'attente.
Ensuite, deux circuits. Sans maintien de salaire, la caisse te verse directement les indemnités, tous les 14 jours, pendant toute la durée du congé. Avec maintien, l'employeur continue de te payer à la date habituelle et perçoit les indemnités à ta place : c'est la subrogation. Dans ce second cas, ton rythme de paie ne change pas du tout, et c'est aussi le seul cas où la clause de maintien de salaire, si elle existe, comble l'écart sans que tu aies quoi que ce soit à faire.
Le versement est par ailleurs conditionné : il faut 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé, ET, au choix, 150 heures de travail salarié au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédents, ou un salaire ayant supporté des cotisations au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois civils précédents. En activité saisonnière ou discontinue, les seuils deviennent 600 heures ou 2 030 fois le SMIC horaire sur l'année précédente.
Ces deux derniers seuils sont énoncés en MULTIPLES du SMIC horaire et non en euros, et il faut les lire ainsi : la conversion dépend du SMIC en vigueur sur la période de référence, et le SMIC a été revalorisé en cours d'année 2026. Un montant en euros trouvé ailleurs peut donc être exact et se rapporter à une autre période que la tienne.
Questions fréquentes sur l'indemnisation du congé paternité
Le seuil est le même pour tous, ton montant non
Le calculateur applique le plafond à ton brut réel et à ta durée de congé, et affiche le total versé. Deux minutes pour savoir ce que la période te coûte vraiment.