Prime de mobilité : laquelle te concerne, et combien ?
Aucun dispositif ne porte officiellement ce nom, et c'est pour ça que les montants qui circulent se contredisent. Si tu es salarié du privé, ton employeur peut te verser un forfait mobilités durables exonéré jusqu'à 600 € par an. Le code du travail dit « peut » et ne fixe aucun montant : il l'autorise à prendre en charge « tout ou partie » des frais, sans jamais l'y obliger (article L3261-3-1). C'est donc ton entreprise qui décide, et du principe, et du montant (le barème complet du forfait dans le privé). Si tu es agent public, ce n'est pas un plafond mais un barème : 100 €, 200 € ou 300 € selon le nombre de jours où tu as utilisé un mode de transport qui y ouvre droit (fiche F12163). Et la prime de transport, qui couvre le carburant, est encore autre chose.
300 €
le haut du barème dans la fonction publique
Il faut 100 jours d'utilisation pour l'atteindre, et sous 30 jours rien n'est versé
Où tu te situes, du meilleur cas au plus fréquent
Les trois montants entre lesquels se joue ta réponse, selon ton statut et selon ce que ton employeur a décidé.
600 €
dans le privé : le plafond exonéré du forfait, si ton employeur le verse
100 € à 300 €
dans la fonction publique : un barème par nombre de jours, pas un plafond
0 €
si ton employeur privé n'a rien mis en place : le forfait reste facultatif
Ce qu'on appelle « prime de mobilité », et ce que chacune vaut
Quatre dispositifs distincts portent ce nom dans la bouche du public, plus une cotisation qui n'a rien à voir. Cherche ta ligne.
| Ce que tu cherches | Combien | Qui te le verse |
|---|---|---|
| Forfait mobilités durables, salarié du privé | Jusqu'à 600 € par an, exonérés | Ton employeur, s'il l'a mis en place |
| Forfait mobilités durables, agent public | 100 €, 200 € ou 300 € selon tes jours | Ton administration employeur |
| Prime de transport, carburant | Jusqu'à 300 € par an, exonérés | Ton employeur, s'il l'a mise en place |
| Prime de transport, recharge électrique | Jusqu'à 600 € par an, exonérés | Ton employeur, s'il l'a mise en place |
| Prime de transport forfaitaire | 4 € par mois, sans aucun justificatif | Ton employeur, s'il l'a mise en place |
| Aide à la mobilité pour reprendre un emploi | Montant fixé par l'organisme | France Travail ou la CAF, pas ton employeur |
| Versement mobilité | Rien pour toi | Personne : c'est une cotisation que paie ton employeur |
Plafonds d'exonération sociale et fiscale au 22 septembre 2026. Sources : service-public.gouv.fr, fiches F12163 et F19846, et l'Urssaf pour la prime de 4 € par mois et les règles de cumul.
Fonction publique : ce que tu touches selon tes jours d'utilisation
Le montant ne dépend ni de ta distance, ni de ton indice, ni de ce que tu as dépensé. Il dépend du nombre de jours où tu as utilisé un mode de transport qui ouvre droit au forfait.
| Tes jours d'utilisation dans l'année | Le forfait que tu touches | Ce qu'un jour de plus peut valoir |
|---|---|---|
| Moins de 30 jours | Rien | Le 30 e jour ouvre le droit et vaut 100 € |
| De 30 à 59 jours | 100 € | Le 60 e jour vaut 100 € de plus |
| De 60 à 99 jours | 200 € | Le 100 e jour vaut 100 € de plus |
| 100 jours et plus | 300 € | Plus rien : c'est le haut du barème |
Barème identique pour les trois versants, État, territoriale et hospitalière. Le minimum de 30 jours est réduit à proportion de ta quotité si tu es à temps partiel ou incomplet. Source : service-public.gouv.fr, fiche F12163, lue le 18 septembre 2026.
Un jour de plus peut valoir cent euros, ou rien du tout
Le forfait ne monte pas progressivement : il saute. Entre ton 59 e et ton 60 e jour d'utilisation, tu passes de 100 € à 200 €. Un seul trajet à vélo de plus dans l'année, et ton forfait double. Entre le 60 e et le 99 e, en revanche, quarante jours de plus ne changent rien.
C'est pour cette raison que le nombre de jours que tu déclares mérite d'être compté et pas estimé. Autour de 28 ou 29 jours, tu es sous le seuil d'entrée et tu ne touches rien : deux trajets de plus valent 100 €. Autour de 97 ou 98 jours, tu es à deux trajets de 100 € supplémentaires.
Le forfait n'est pas non plus proportionnel à ce que tu as dépensé. Que ton vélo t'ait coûté cent euros ou deux mille, que tu aies fait deux kilomètres ou trente, le montant est le même : il ne récompense que la régularité.
La prime de transport n'est pas le forfait, et elle a deux plafonds
Si tu es contraint d'utiliser ta voiture pour aller travailler, ton employeur peut prendre en charge tes frais de carburant ou de recharge. C'est un dispositif distinct du forfait mobilités durables, et son plafond d'exonération change selon ce que tu roules.
Pour un véhicule thermique, l'exonération va jusqu'à 300 € par an. Pour un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène, elle monte à 600 € par an (fiche F19846). C'est le seul endroit de ce paysage où le type de véhicule double ce que tu peux recevoir en net, et les pages qui annoncent un plafond unique de 300 € pour le carburant décrivent la moitié basse.
Deux points pratiques, et ils comptent autant que le montant. D'abord, aucun justificatif de dépense n'est exigé dans la limite de ces montants : ton employeur n'a pas à te réclamer tes tickets. Ensuite, il existe une prime de transport forfaitaire de 4 € par mois, versable sans justificatif à tous les salariés, y compris ceux qui ne prennent que les transports en commun (Urssaf, les frais professionnels).
Cette prime de carburant ne se cumule pas avec la prise en charge obligatoire de ton abonnement de transport en commun : c'est l'une ou l'autre. Elle se cumule en revanche avec le forfait mobilités durables, l'ensemble étant alors plafonné à 600 € par an, la prise en charge du carburant déduite.
Une réserve, et elle vient de la source elle-même : l'Urssaf indique que les mesures applicables en 2026 à la prime de carburant dépendent de textes encore attendus, et que sa page sera mise à jour à leur publication. Les montants ci-dessus sont ceux qu'elle sert aujourd'hui ; si ton employeur t'annonce autre chose en cours d'année, c'est la piste à vérifier en premier.
Trois autres choses portent ce nom, et aucune ne vient de ton employeur
L'aide à la mobilité couvre les frais de quelqu'un qui reprend un emploi loin de chez lui, ou qui se déplace pour un entretien ou une formation. Elle est versée par France Travail, et la CAF porte de son côté des aides à la mobilité sous conditions de ressources. Ce sont des organismes, pas ton employeur, et c'est auprès d'eux que la demande se fait.
L'indemnité de mobilité est une tout autre chose : elle indemnise un agent public dont le poste est déplacé à la suite d'une réorganisation de service, et son montant varie selon la distance et la situation familiale. Elle n'a rien à voir avec les trajets domicile-travail quotidiens, et elle ne se demande pas : elle s'ouvre avec la mutation.
Le versement mobilité enfin n'est pas une prime du tout, et c'est la confusion la plus fréquente parce que le mot apparaît sur certains bulletins de paie côté employeur. C'est une cotisation patronale qui finance les transports publics locaux. Elle ne te verse rien et ne retire rien de ton net.
Données indicatives fondées sur les sources publiques citées plus haut. Les plafonds d'exonération et le barème de la fonction publique peuvent évoluer d'une année à l'autre, et le forfait reste facultatif dans le privé : c'est l'accord ou la décision de ton employeur qui fixe ce que tu touches réellement.
Dans la fonction publique, il se demande, et il se paie en retard
Rien ne se déclenche tout seul. Tu dois remettre à ton administration employeur une déclaration sur l'honneur où tu certifies avoir utilisé l'un des modes de transport qui ouvrent droit au forfait, et où tu indiques ton nombre de jours. La fiche F12163 liée plus haut publie deux modèles prêts à remplir, l'un pour le covoiturage et l'autre pour le déplacement à vélo.
Le versement, lui, intervient l'année SUIVANTE. Les jours que tu déclares fin 2026 se paient en 2027 : c'est le fonctionnement normal du dispositif, pas un retard de ton administration. Si tu travailles pour plusieurs employeurs publics, tu déposes une déclaration auprès de chacun, et chacun te verse une part au prorata de tes heures.
Le forfait est exonéré d'impôt sur le revenu. Il n'apparaît donc ni dans ton net imposable sur tes bulletins de paie, ni dans ta déclaration préremplie. Tu peux le cumuler avec le remboursement partiel de ton titre de transport ou de ton abonnement de location de vélos : l'avantage total est alors plafonné au plus favorable entre 900 € par an et le montant de ce remboursement partiel.