Arrêt maladie : à quelles heures dois-tu être chez toi en 2026 ?
Si ton médecin a coché « sorties autorisées », tu dois être chez toi de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, tous les jours, samedis, dimanches et jours fériés compris. En dehors de ces quatre heures, tu sors comme tu veux. Si un contrôle trouve la porte close pendant ces plages et que tu n'as pas de motif, chaque jour d'arrêt qui reste peut te coûter jusqu'à 52,15 € net à 2 000 € brut par mois.
1 095 €
au plus, ce qu'une absence au 10e jour peut te retirer sur un arrêt d'un mois
à 2 000 € brut, indemnités de la Sécurité sociale et complément de l'employeur réunis
Absente au contrôle du 10e jour, à 2 000 € brut
Ce qui peut être retiré sur les 21 jours d'arrêt qui restent, en net, selon qui passe et ce que tu peux montrer.
0 €
tu étais chez le médecin ou en examen, et tu as le justificatif
jusqu'à 451 €
le médecin envoyé par ton employeur ne te trouve pas : le complément de salaire peut s'arrêter
jusqu'à 644 €
l'agent de ta caisse ne te trouve pas : tes indemnités journalières peuvent être suspendues
Ce que ton médecin a coché, et quand tu dois être chez toi
Les trois cas que prévoit l'avis d'arrêt de travail. C'est la case cochée qui décide, pas la maladie.
| La case cochée | Quand tu dois être chez toi | Ce que tu peux faire |
|---|---|---|
| Sorties interdites | Tout le temps | Rester chez toi : ton état de santé ne permet pas de sortir |
| Sorties autorisées | de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, 7 jours sur 7 | Sortir en dehors de ces plages ; pendant, seulement pour des soins ou des examens |
| Sorties libres | Aucune plage imposée | Sortir quand tu veux, en respectant les activités autorisées par ton médecin |
Plages et cas publiés par service-public.gouv.fr (fiche F12415 du 27 avril 2026) et par l'Assurance maladie (page du 5 août 2026).
Les quatre heures, jour après jour
Avec des sorties autorisées, tu dois être présent chez toi de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, et ces plages ne s'arrêtent pas le week-end : elles valent le samedi, le dimanche et les jours fériés, pendant toute la durée de l'arrêt, comme l'écrit la fiche service-public F12415. Le matin avant 9 h, entre 11 h et 14 h, et à partir de 16 h, tu sors librement.
Une seule raison permet de quitter la maison pendant ces plages : recevoir des soins ou passer des examens médicaux. La sortie est permise, mais il faut pouvoir la justifier : garde l'attestation du kiné, la convocation du laboratoire ou le certificat du médecin. Faire les courses ou accompagner un enfant à l'école n'en fait pas partie.
Avec des sorties libres, aucune plage ne s'impose, mais deux choses restent dues. Ton médecin doit justifier ce choix par des éléments médicaux sur le volet de l'arrêt destiné à ta caisse. Et tu dois indiquer à ton employeur, sur le volet qui lui est destiné, les horaires où tu peux être visité chez toi, comme le rappelle l'Assurance maladie. Sans ces horaires, ton employeur peut suspendre son complément de salaire.
Dans les trois cas, ton médecin indique aussi si tu peux exercer certaines activités hors de chez toi. Une activité qu'il n'a pas autorisée est un motif de réduction ou de suppression de tes indemnités, au même titre qu'une absence pendant les heures de présence.
Qui peut venir vérifier, et ce que coûte une absence
Trois contrôles distincts. Aucun ne prévient à l'avance quand il passe chez toi.
Un agent de ta caisse (contrôle administratif)
- Quand il peut passer
- Pendant les heures où tu dois être chez toi
- Si tu n'es pas là sans motif
- Tes indemnités journalières peuvent être suspendues ; une pénalité financière s'ajoute en cas de fausse déclaration ou de fraude
Le médecin-conseil de ta caisse (contrôle médical)
- Quand il peut passer
- Chez toi, sur convocation, ou sur dossier
- Si tu n'es pas là sans motif
- Refuser le contrôle ou ne pas se rendre à la convocation peut réduire ou supprimer tes indemnités ; un arrêt jugé injustifié s'arrête à la date de reprise qu'il fixe
Un médecin envoyé par ton employeur (contre-visite)
- Quand il peut passer
- Chez toi, hors de tes heures de sortie, ou aux horaires que tu as donnés en sorties libres ; ou à son cabinet, sur convocation
- Si tu n'es pas là sans motif
- Ton employeur peut mettre fin au complément de salaire, et ta caisse est prévenue dans les 48 heures
Contrôles décrits par service-public.gouv.fr (fiche F33908 du 17 août 2026). La contre-visite n'existe que si ton employeur te verse un complément de salaire pendant l'arrêt.
Ce qu'une absence te coûte, sur un exemple
Prends un salarié payé 2 000 € brut par mois, avec 3 ans d'ancienneté, arrêté 30 jours pour une maladie ordinaire, avec sorties autorisées. Chaque jour d'arrêt lui rapporte deux sommes qui ne viennent pas du même endroit. La Sécurité sociale verse 32,88 € brut par jour à partir du 4e jour, et son employeur complète de 27,12 € brut par jour à partir du 8e, pour atteindre 90 % de son salaire. Une fois la CSG, la CRDS et les cotisations retirées, cela fait environ 52,15 € net par jour.
Le 10e jour, à 15 h, un contrôle sonne et personne n'ouvre. Il reste 21 jours d'arrêt, jour du contrôle compris. Si c'était le médecin envoyé par l'employeur, le complément de ces 21 jours peut s'arrêter : jusqu'à 451 € net. Si c'était l'agent de la caisse, ce sont les indemnités journalières qui peuvent être suspendues : jusqu'à 644 € net. Les deux ensemble atteignent 1 095 €, sur un mois qui lui aurait rapporté 1 583 € net s'il avait travaillé.
Ce sont des plafonds, pas des montants automatiques. La caisse « peut » suspendre et l'employeur « peut » mettre fin à son complément : aucun texte ne fixe une retenue d'office ni sa durée, et une absence que tu justifies ne coûte rien. Le taux et le plafond des indemnités se lisent sur la page de l'arrêt de travail, et les règles du complément de l'employeur, avec sa durée selon l'ancienneté, sur celle du salaire pendant un arrêt maladie.
Ton salaire n'est pas celui de l'exemple
Le calculateur donne ton indemnité journalière sur ton salaire réel, carence déduite : c'est la somme que ta caisse peut suspendre pour chaque jour d'arrêt qui reste.
Tu te soignes ailleurs que chez toi
Tu peux passer ton arrêt chez un proche ou dans un autre logement, à condition de le dire. L'adresse se porte sur le volet de l'avis destiné à ta caisse ; si ton médecin a transmis l'arrêt en ligne, il suffit de lui demander de l'indiquer. C'est à cette adresse que le service médical t'envoie ses convocations et que les contrôles ont lieu, et l'Assurance maladie prévient qu'une adresse non communiquée expose à la suspension des indemnités.
Changer d'adresse ne supprime pas les heures de présence : quel que soit ton lieu de résidence, tu dois pouvoir te soumettre aux contrôles, comme le rappelle l'Assurance maladie. Un départ à l'étranger est un cas à part : selon le pays, il peut interrompre le versement des indemnités et demander une autorisation préalable de ta caisse, qu'il faut contacter avant de partir.
Tu étais là, ou tu avais un motif : comment contester
Après un contrôle de ta caisse, tu es informé par écrit de l'irrégularité constatée et de l'éventuelle suspension. Pour la contester, tu saisis la commission de recours amiable de ta caisse dans un délai de 2 mois à compter de la notification. Si elle te donne tort, ou si elle ne répond pas dans ses 2 mois, tu as encore 2 mois pour saisir le pôle social du tribunal judiciaire. Quand ton dossier relève de la commission médicale de recours amiable, son délai de réponse est de 4 mois.
Si c'est ton employeur qui suspend son complément après une contre-visite, tu peux demander à ta caisse, dans les 10 jours, que ta situation soit examinée par son médecin-conseil. Tu peux aussi demander une nouvelle contre-visite, ou l'avis d'un expert judiciaire devant le conseil de prud'hommes. Ces délais et ces recours sont détaillés dans la fiche service-public F33908 sur le contrôle d'un salarié en arrêt.
Ces obligations ont un fondement écrit. L'article L323-6 du code de la sécurité sociale, dans sa version en vigueur depuis le 27 juin 2026, subordonne tes indemnités au respect des heures de sortie autorisées, des contrôles et des activités permises, et à l'obligation de signaler sans délai une autre adresse. En cas de manquement volontaire, il prévoit que tu restitues à ta caisse les indemnités versées correspondantes. Les modalités des heures de sortie sont renvoyées à un décret, que la fiche F12415 rattache à l'article R323-11-1.
En Alsace-Moselle, la contre-visite existe aussi désormais
Dans le régime local d'Alsace-Moselle, l'employeur qui maintient le salaire pendant un arrêt ne pouvait pas faire pratiquer de contre-visite. Depuis le 27 juin 2026, il le peut dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, avec les mêmes règles qu'ailleurs : pas pendant tes heures de sortie autorisées, et aux horaires que tu as communiqués si tu as des sorties libres. Si on te dit le contraire, c'est une information d'avant cette date.