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Combien de jours de congés l'ancienneté donne-t-elle ?

Aucun, si tu t'en tiens à la loi : la règle légale d'acquisition ne comporte pas de terme d'ancienneté. Les jours en plus viennent de ta convention collective, et chaque jour vaut ton salaire mensuel brut divisé par 25 - soit 100,00 € par jour pour 2 500 € brut par mois.

Données vérifiées le . Les montants de cette page ne sont pas recopiés : ils sont calculés par le même moteur que notre calculateur d'indemnité de congés payés, qui applique la règle du dixième et celle du maintien de salaire et retient la plus avantageuse, comme l'employeur y est tenu. Sources : Code du travail numérique, « Congés pour ancienneté », service-public.gouv.fr, fiche F2258 « Congés payés du salarié dans le secteur privé » et « Comment est calculée l'indemnité de congés payés du salarié ? ».

Ce qu'un jour d'ancienneté te rapporte

Valeur d'un jour ouvrable de congé, pour un salaire mensuel brut stable

100,00 €

Un jour, à 2 500 € brut par mois

300,00 €

Trois jours, le cas le plus fréquent en convention

600,00 €

Six jours, le haut des grilles conventionnelles

Ce que valent tes jours d'ancienneté

Montant brut, pour un salaire mensuel stable sur la période de référence

Ce que valent tes jours d'ancienneté
Ton salaire brut mensuel1 jour3 jours6 jours
1 867,02 €74,68 €224,04 €448,08 €
2 200,00 €88,00 €264,00 €528,00 €
2 500,00 €100,00 €300,00 €600,00 €
3 000,00 €120,00 €360,00 €720,00 €
3 500,00 €140,00 €420,00 €840,00 €

Jours OUVRABLES. Avec une rémunération variable ou des primes, la règle du dixième porte sur ta rémunération brute réelle : ces montants sont alors un plancher, jamais un plafond.

Ouvrables ou ouvrés : la même clause ne donne pas le même congé

Ce que « +N jours » représente réellement selon l'unité employée par ta convention

Ouvrables ou ouvrés : la même clause ne donne pas le même congé
Ce que dit la conventionEn jours ouvrésÉcart réel
+1 jour ouvrable0,83 jour-0,17 jour
+2 jours ouvrables1,67 jours-0,33 jour
+3 jours ouvrables2,50 jours-0,50 jour
+5 jours ouvrables4,17 jours-0,83 jour
+6 jours ouvrables5,00 jours-1,00 jour

Repère qui vérifie la conversion : les 30 jours ouvrables du droit plein valent 25 jours ouvrés, c'est-à-dire les 5 semaines que tout le monde cite.

Ce que dit la loi, et où lire ta convention

Le Code du travail numérique répond en une phrase : « Le code du travail ne prévoit pas de congés supplémentaires pour ancienneté. » L'acquisition de ces jours peut être prévue par un accord de branche, un accord d'entreprise, un usage dans l'entreprise ou ton contrat de travail.

La fiche F2258 dit la même chose depuis l'autre bout : chaque mois de travail effectif ouvre droit à 2,5 jours ouvrables, et une convention ou un accord collectif « peuvent augmenter la durée des congés en fonction de l'âge, de l'ancienneté ou du handicap du salarié ». La règle légale ne comporte donc aucun terme d'ancienneté : elle donne le même nombre de jours la première année et la vingtième.

Une précision qui lève la confusion la plus fréquente : l'ancienneté ne conditionne pas non plus le DROIT aux congés payés. La fiche F2258 le dit sans détour - « Le salarié bénéficie des congés payés dès son embauche dans l'entreprise, quelle que soit son ancienneté. » L'ancienneté n'ouvre donc rien et ne retarde rien sur les jours légaux : elle ne joue que sur les jours en plus que ta convention accorde, s'il y en a.

Pourquoi cette page ne publie pas sa propre grille par convention : les sources qui en publient une ne s'accordent pas. Sur la métallurgie, la convention la plus recherchée sur ce sujet, deux éditeurs donnent des seuils qui n'ont rien de commun - le premier jour à deux ans chez l'un, à dix ans chez l'autre. L'explication la plus probable est qu'ils ne citent pas le même texte, l'un la convention nationale unifiée, l'autre un texte régional antérieur. Tant que le texte conventionnel lui-même n'est pas vérifiable, publier l'un des deux reviendrait à choisir en silence, et à te donner un chiffre que ta paie démentirait.

D'où sort le diviseur par 25

le calcul complet, et pourquoi une seule des deux règles s'applique

L'employeur doit comparer deux méthodes et verser la plus avantageuse. La règle du dixième donne un dixième de ta rémunération brute de la période de référence pour un droit plein de 30 jours ouvrables. La règle du maintien de salaire te verse ce que tu aurais gagné en travaillant, soit un 26e de ton salaire mensuel par jour.

Sur un salaire stable, la première l'emporte toujours, et ce n'est pas un constat sur quelques exemples : c'est arithmétique. Douze mois de salaire divisés par dix font 1,2 mois pour 30 jours, soit 0,0400 mois par jour, contre 0,0385 pour la règle du maintien. L'écart est constant, quel que soit le montant.

D'où le diviseur : un dixième de douze mois réparti sur 30 jours revient à diviser ton salaire mensuel par 25. À 2 500 € brut, un jour vaut donc 100,00 €.

Une dernière précision qui joue en ta faveur : dès que ta rémunération comporte des primes ou une part variable, la règle du dixième porte sur ce que tu as réellement perçu. La valeur d'un jour monte alors au-dessus du diviseur, jamais en dessous.

Chiffre tes jours sur ton propre salaire

Le calculateur applique les deux règles légales à ton salaire réel et retient celle qui te rapporte le plus - ce qu'une grille figée ne peut pas faire.

Trois pièges qui coûtent des jours

Comment savoir ce que ta convention te donne

Pars du code IDCC de ta fiche de paie

Ta fiche de paie porte un numéro à quatre chiffres qui identifie ta convention collective. C'est le seul point de départ fiable : le nom du secteur ne suffit pas, plusieurs conventions coexistent souvent dans un même métier.

Cherche la rubrique des congés, pas celle des primes

Les jours d'ancienneté vivent dans le chapitre des congés payés, souvent sous un intitulé qui ne contient pas le mot ancienneté. Les conventions du bâtiment, de la métallurgie et des bureaux d'études comptent parmi celles qui en accordent ; beaucoup d'autres n'en prévoient aucun et compensent par une prime.

Note l'unité en même temps que le nombre

Relève si le texte dit ouvrables ou ouvrés au moment où tu lis le nombre de jours. C'est l'information qu'on oublie de noter, et retrouver la clause pour la seule unité prend autant de temps que la première lecture. L'écart entre les deux est d'un cinquième.

Aller plus loin

Comment se compte l'ancienneté, exactement

point de départ, absences qui comptent, absences qui suspendent

L'ancienneté part de ton entrée dans l'entreprise, période d'essai comprise, et court tant que le contrat de travail existe. Ce n'est pas la même chose que le temps de travail effectif : un contrat suspendu reste un contrat.

Les congés payés, les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle et les congés de maternité comptent dans l'ancienneté. Un congé sans solde, à l'inverse, suspend le contrat sans être assimilé à du travail : la période ne s'ajoute pas, sauf clause plus favorable. Les conventions élargissent souvent cette liste, jamais l'inverse.

Une clause de reprise d'ancienneté négociée à l'embauche te fait entrer avec un compteur déjà avancé. Elle doit figurer par écrit dans ton contrat : un engagement oral ne se retrouve pas trois ans plus tard.

Les autres jours en plus, qui ne dépendent pas de l'ancienneté

fractionnement, âge, enfants à charge

Le fractionnement est le plus répandu et le plus ignoré : poser une partie de ton congé principal en dehors de la période légale ouvre droit à des jours supplémentaires. Il ne se demande pas, il découle de la manière dont tu as posé tes dates.

Le Code du travail prévoit aussi des jours en plus pour les salariés jeunes et pour les enfants à charge. Ces jours-là ne regardent pas ton ancienneté et se cumulent avec elle.

Une convention peut enfin accorder des jours pour événements familiaux au-delà du minimum légal. Ils ne se confondent ni avec les congés payés ni avec l'ancienneté.

Jours d'ancienneté et prime d'ancienneté : ce qui les sépare

deux avantages, deux mécaniques, deux lignes de fiche de paie

Les jours te donnent du temps payé ; la prime te donne un montant qui s'ajoute chaque mois à ton salaire de base, sur une ligne distincte de ta fiche de paie. Une convention peut prévoir les deux, un seul, ou aucun des deux.

Une différence pratique compte, et elle porte une condition que la plupart des pages omettent : la prime d'ancienneté entre dans l'assiette qui sert à calculer ton indemnité de congés payés seulement si elle n'est pas déjà versée pour l'année entière, périodes de travail et de congés confondues. La raison est arithmétique : une prime déjà versée pendant tes congés couvre cette période, et la compter une seconde fois dans l'assiette la ferait payer deux fois. Quand la condition est remplie, la prime augmente la valeur de chacun de tes jours de congé.

Le détail des taux, des seuils et des conventions qui versent une prime d'ancienneté vit sur sa page dédiée : prime d'ancienneté, calcul par convention collective.

Ton salaire, en net, jours de congés compris

Les montants de cette page sont bruts. Passe-les en net pour savoir ce qui arrive vraiment sur ton compte.

Questions fréquentes sur les congés d'ancienneté