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Épargne salariale : qu'est-ce qui est prélevé, et à quel moment ?

9,70 % de CSG et de CRDS, dès le premier euro, que tu encaisses ta prime ou que tu la places. Sur 2 000 € d'intéressement, ce sont 194,00 € qui partent avant que tu voies quoi que ce soit. L'impôt sur le revenu, lui, dépend de ton choix : il s'applique si tu encaisses, il ne s'applique pas si tu places. Et le taux porte sur 100 % de la somme, pas sur les 98,25 % de ton salaire.

Page mise à jour le . Taux et assiettes vérifiés le 21 août 2026 auprès de service-public.gouv.fr, fiche F2971, CSG et CRDS sur les revenus d'activité, et fiche F2142, plan d'épargne entreprise, et fiche F2329, prélèvements sociaux sur les revenus de placements. Le seuil de 192 240 € cité plus bas dérive du plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026.

194,00 €

Retiré d'une prime de 2 000 €, que tu l'encaisses ou que tu la places

1 806,00 €

Ce qui arrive sur ton plan, et qui échappe à l'impôt sur le revenu

18,60 %

Sur tes gains à la sortie, et sur eux seuls : ton capital ne paie rien

Ce qui est prélevé, moment par moment

Ce qui est prélevé, moment par moment
Le momentImpôt sur le revenuPrélèvement social
Ta prime, encaissée tout de suiteOui, au barème9,70 %
Ta prime, placée sur un planExonérée9,70 %
L'abondement de ton employeurExonéré9,70 %
Les revenus du plan, réinvestis dedansExonérésRien pour l'instant
Ton capital, quand tu le récupèresExonéréRien
Tes plus-values, quand tu les récupèresExonérées18,60 %

Le prélèvement social de l'entrée est de 9,70 % : 9,20 % de CSG et 0,50 % de CRDS. Il est retenu par ton employeur et apparaît sur une fiche distincte de ton bulletin de paie. Le prélèvement de la SORTIE est d'une autre nature : 18,60 %, parce qu'il frappe un revenu de PLACEMENT et non un complément de salaire. Il ne porte que sur les gains, jamais sur ton capital, et c'est le teneur de compte de ton plan qui le calcule, le retient et le reverse. Sources : service-public.gouv.fr, fiches F2971, F2142 et F2329, vérifiées le 21 août 2026.

Le taux, sa composition et son assiette

Le taux, sa composition et son assiette
Ce qui est prélevéTauxSur quelle part de la somme
CSG déductible du revenu imposable6,80 %100 %
CSG non déductible2,40 %100 %
CRDS0,50 %100 %
Total sur ton épargne salariale9,70 %100 %
Le même total, mais sur un salaire9,70 %98,25 % jusqu'à 192 240 €

La dernière ligne est là pour être comparée, pas pour être appliquée : c'est le régime du SALAIRE, et son abattement de 1,75 % pour frais professionnels ne vaut pas pour l'épargne salariale. Service-public classe l'intéressement et la participation parmi les « compléments du salaire », dont l'assiette est de 100 % du brut. Le détail du barème sur un salaire vit sur la page qui le porte, celle de la CSG-CRDS. Seuil de 192 240 € : quatre fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Le calcul, ligne à ligne, sur une prime de 2 000 €

Ce qui est retenu, ce qui reste, et l'écart avec ce que le même montant aurait supporté en salaire.

Le prélèvement se calcule en une multiplication, parce que l'assiette vaut 100 % de la somme : il n'y a aucun abattement à retirer d'abord.

  • Assiette : 2 000 €, soit la totalité de la prime
  • CSG : 2 000 € x 9,20 % = 184,00 €
  • CRDS : 2 000 € x 0,50 % = 10,00 €
  • Total retenu : 194,00 €
  • Ce qui arrive sur ton plan ou sur ton compte : 1 806,00 €

L'écart avec le régime du salaire se chiffre. Si ces mêmes 2 000 € avaient été du salaire, le prélèvement aurait porté sur 98,25 % du montant, soit 190,61 € au lieu de 194,00 € : 3,39 € de plus. C'est peu sur une prime, et c'est exactement l'erreur que commettent les pages qui appliquent l'abattement du salaire à l'épargne salariale.

Si tu encaisses au lieu de placer, ces 194,00 € sont retenus de la même façon, et la prime entre en plus dans ton revenu imposable : l'impôt correspondant arrive l'année suivante, à ton taux, et il ne figure pas sur l'avis de versement.

Ce que ta prime donne vraiment sur ton net

Pose ton brut et ta prime, et regarde le net que ça produit selon que tu encaisses ou que tu places.

Ce que tu paies quand tu récupères l'argent

Ton capital ne supporte rien. Les sommes que tu as placées - intéressement, participation, abondement de ton employeur, versements volontaires - sortent du plan sans impôt sur le revenu et sans prélèvement social : elles ont déjà supporté la CSG et la CRDS à l'entrée, et elles ne sont pas prélevées deux fois. Ce que ton employeur peut ajouter, et jusqu'à quel plafond, vit sur la page du plan d'épargne entreprise.

Seules tes plus-values sont prélevées, à 18,60 %. Ce que le plan a fait fructifier reste exonéré d'impôt sur le revenu, mais supporte les prélèvements sociaux des revenus de placement : 10,60 % de CSG, 0,50 % de CRDS et 7,50 % de prélèvement de solidarité. Ce n'est ni le même taux ni le même panier que les 9,70 % de l'entrée : ici on taxe un revenu de placement, là un complément de salaire.

Tu verras beaucoup 17,20 %, et ce chiffre n'est pas une erreur : c'était le taux des revenus de 2025. La hausse de 2026 porte entièrement sur la CSG, passée de 9,20 % à 10,60 % sur les revenus de placement, soit 1,4 % de plus ; la CRDS et le prélèvement de solidarité n'ont pas bougé d'un centième. Service-public publie les deux tableaux côte à côte, un par année de perception. Si une page t'annonce 17,20 %, la question n'est donc pas de savoir qui se trompe, mais de quelle année elle parle.

Tu n'as rien à déclarer ni à avancer. Le teneur de compte de ton plan calcule ces prélèvements, les retient et les reverse directement à l'administration fiscale. Ils sont déduits de la somme qui t'est remise : le montant qui arrive sur ton compte est déjà net.

Un déblocage anticipé ne coûte pas plus cher. Que tu sortes à l'échéance des 5 ans ou par un cas de déblocage prévu par la loi, le régime est le même : capital exonéré, gains soumis aux prélèvements sociaux. Ce qui distingue les deux situations est le DROIT de sortir, et les cas et délais qui l'ouvrent vivent sur la page d'ensemble de l'épargne salariale.

Une exception, et elle joue en ta faveur : les revenus que tu ne réinvestis pas. Les intérêts produits par les titres de ton plan sont exonérés d'impôt sur le revenu à condition d'être remis dans le plan. Si tu choisis de te les faire verser au lieu de les réinvestir, ils sortent du régime de faveur et supportent l'impôt sur le revenu en plus des prélèvements sociaux.

Aller plus loin

Pourquoi ton assiette n'est pas celle de ton salaire

Sur un salaire, la CSG et la CRDS ne portent pas sur la totalité du brut : on en retire d'abord 1,75 % au titre des frais professionnels, et le taux s'applique aux 98,25 % restants. Cet abattement vaut jusqu'à 192 240 € de rémunération annuelle, soit quatre fois le plafond annuel de la Sécurité sociale ; au-delà, l'assiette repasse à 100 %.

L'intéressement, la participation et l'abondement n'y ont pas droit. Service-public les range parmi les « compléments du salaire », une catégorie dont l'assiette est de 100 % du montant brut. La logique est cohérente : l'abattement compense des frais engagés pour travailler, et une prime d'intéressement n'en fait engager aucun.

L'écart est faible en euros et il est systématique. Il explique aussi pourquoi un calcul repris d'une page consacrée au salaire rend toujours un montant un peu trop bas sur une prime.

La part déductible de la CSG, et pourquoi elle ne te sert à rien ici

Sur les 9,20 % de CSG, 6,80 % sont déductibles du revenu imposable et 2,40 % ne le sont pas. C'est la règle générale de la CSG, et elle explique pourquoi ton net imposable dépasse ton net à payer sur une fiche de paie ordinaire.

Sur une prime placée, cette mécanique tourne à vide. Déduire suppose un revenu imposable dont retrancher quelque chose ; or une prime placée est précisément exonérée d'impôt sur le revenu. Il n'y a donc rien à déduire de rien.

Sur une prime encaissée, en revanche, la question se pose comme sur n'importe quel revenu d'activité, et le mécanisme complet vit sur la page de la CSG déductible.

Ce que ton employeur paie de son côté, et pourquoi ça te concerne

L'épargne salariale est exonérée de cotisations sociales pour l'entreprise, mais elle supporte une contribution qui lui est propre, le forfait social. Il ne sort pas de ta poche et n'apparaît nulle part sur ce que tu reçois.

Il t'intéresse quand même, parce qu'il décide si le dispositif existe. Son taux est de 20 %, et son seuil d'effectif n'est pas le même selon la prime : il est dû à partir de 50 salariés sur la participation, et seulement à partir de 250 salariés sur l'intéressement. En dessous, l'entreprise en est exonérée. C'est la raison pour laquelle beaucoup de petites structures mettent un accord en place : la somme qu'elles versent leur coûte ce qu'elle vaut, là où une prime de salaire équivalente supporterait les cotisations patronales.

La question « combien mon entreprise paie-t-elle » est celle d'un employeur, et ce n'est pas le sujet de cette page. Ce qu'il faut en retenir tient en une phrase : le forfait social ne réduit jamais ce que tu touches.

Les gains d'avant 2018 gardent leur propre taux

Si ton plan est ancien, tes gains ne supportent pas tous le même taux. Les gains produits par les versements faits avant le 1er janvier 2018 sont taxés selon les « taux historiques », c'est-à-dire ceux en vigueur au moment où ils ont été réalisés, et non selon le taux d'aujourd'hui.

Service-public nomme d'ailleurs le plan d'épargne entreprise parmi les placements auxquels des règles particulières de CSG peuvent s'appliquer, précisément pour ces situations antérieures à 2018.

Ce n'est pas à toi de faire ce découpage. Le teneur de compte de ton plan connaît la date de chaque versement et applique le taux qui lui correspond, couche par couche. C'est aussi pour ça qu'un calcul fait à la main sur un vieux plan ne retombe presque jamais sur le montant reçu.

La prime de partage de la valeur suit une autre règle

Elle est souvent rangée avec l'intéressement et la participation, et son régime social n'est pas le même. Le Bulletin officiel de la Sécurité sociale précise que la CSG et la CRDS s'y appliquent avec l'abattement de 1,75 % pour frais professionnels, y compris quand la prime est affectée à un plan d'épargne entreprise ou à un plan d'épargne retraite.

Deux dispositifs, deux assiettes, et aucune erreur de part et d'autre. Si tu lis 98,25 % quelque part et 100 % ailleurs, la question à te poser n'est pas laquelle des deux sources se trompe, mais de quelle prime chacune parle.

Le plafond d'exonération de cette prime et ses conditions vivent sur sa page dédiée.

Encaisser ou placer, sur une année complète

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Questions fréquentes sur la fiscalité de l'épargne salariale

Données indicatives. Les taux et assiettes ci-dessus sont ceux que publie l'administration pour 2026 ; ce qui est retenu sur ta situation dépend du dispositif exact dont relève ta prime et des choix que tu fais dans le délai de réflexion. Ton employeur, pour la retenue à l'entrée, et le teneur de compte de ton plan, pour la sortie, sont les interlocuteurs qui tranchent ton cas.