Pension alimentaire : combien pour ton salaire en 2026 ?
181,98 € par mois pour un enfant si tu gagnes 2 000 € net, en droit de visite et d'hébergement classique. Le barème ne prend pas ton salaire entier : il en retire d'abord un minimum vital de 652 €, puis applique son taux au reste. C'est la déduction que presque personne n'explique, et elle change chaque montant.
Données vérifiées le à la source : ministère de la Justice, « Barème des pensions alimentaires », service-public.gouv.fr, « Simulateur - Estimer une pension alimentaire ». Les montants de cette page ne sont recopiés d'aucun tableau : ils sont recalculés à chaque construction à partir des taux du barème et de son minimum vital, puis vérifiés contre les 792 montants que le ministère publie - 44 lignes de revenu, de 700 € à 5 000 €, sur 18 colonnes. Les 792 sont reproduits au centime.
121,32 €
en résidence alternée, et seulement si les revenus sont déséquilibrés
181,98 €
en garde classique, un week-end sur deux et la moitié des vacances
242,64 €
en droit de visite réduit, quand l'hébergement est rare
Ce que le barème donne, par salaire
Trouve ta ligne sur ton revenu net mensuel. Montants par mois, en droit de visite et d'hébergement classique - le cas le plus fréquent.
| Ton revenu net | 1 enfant | 2 enfants | 3 enfants |
|---|---|---|---|
| 1 500 € net par mois | 114,48 € | 195,04 € | 254,40 € |
| 1 800 € net par mois | 154,98 € | 264,04 € | 344,40 € |
| 2 000 € net par mois | 181,98 € | 310,04 € | 404,40 € |
| 2 500 € net par mois | 249,48 € | 425,04 € | 554,40 € |
| 3 000 € net par mois | 316,98 € | 540,04 € | 704,40 € |
Ces montants sont des TOTAUX : la colonne « 2 enfants » donne ce que tu verses en tout, soit 155,02 € par enfant à 2 000 € net. Chaque case est recalculée à la construction du site, en retirant le minimum vital de 652 € puis en appliquant le taux du barème - et l'ensemble est vérifié contre les 700 € à 5 000 € de la table officielle, reproduite au centime sur ses 792 montants. Le barème est indicatif : le juge aux affaires familiales peut s'en écarter, et il le fait quand les charges de l'un ou les besoins de l'enfant le justifient.
Le barème complet : les taux, par fratrie et par mode de garde
Taux appliqués PAR ENFANT, à ton revenu net diminué du minimum vital. Le taux par enfant baisse quand la fratrie grandit, mais le total versé monte.
| Enfants à charge | Droit de visite réduit | Garde classique | Résidence alternée |
|---|---|---|---|
| 1 enfant | 18,0 % | 13,5 % | 9,0 % |
| 2 enfants | 15,5 % | 11,5 % | 7,8 % |
| 3 enfants | 13,3 % | 10,0 % | 6,7 % |
| 4 enfants | 11,7 % | 8,8 % | 5,9 % |
| 5 enfants | 10,6 % | 8,0 % | 5,3 % |
| 6 enfants | 9,5 % | 7,2 % | 4,8 % |
Ces taux ne s'appliquent JAMAIS à ton salaire brut, ni même à ton salaire net entier : ils portent sur ton revenu net une fois retiré le minimum vital de 652 € par mois. C'est la seule opération qui sépare un montant juste d'un montant faux, et elle manque presque partout. En résidence alternée, la colonne de droite ne s'applique que si les revenus des deux parents sont nettement déséquilibrés : le principe reste qu'aucune pension n'est due - et elle n'ouvre alors aucune déduction fiscale, ce que la section suivante détaille.
Le calcul, étape par étape
refais-le sur ton propre salaire en deux opérations
Le barème tient en deux opérations, et la première est celle qu'on oublie.
- Retire le minimum vital de ton revenu net mensuel. Il vaut 652 €, en euros entiers, et c'est ce que le barème laisse intangible à celui qui verse. À 2 000 € net, il reste 1 348 €. Le barème publie ce montant sans dire d'où il vient : il se cite tel quel, et cette page ne lui invente pas une origine.
- Applique le taux de la grille à ce reste, selon le nombre d'enfants et le mode de garde. Pour un enfant en garde classique, 13,5 % de 1 348,00 € font 181,98 € par mois.
Pour plusieurs enfants, le taux est celui de la ligne correspondante et il s'applique par enfant. Deux enfants à 2 000 € net : 11,5 % de 1 348,00 € font 155,02 € par enfant, soit 310,04 € au total.
Le taux du barème n'est pas le taux que tu ressens. 13,5 % de barème représentent 9,1 % de ton revenu réel à 2 000 € net, et 10,6 % à 3 000 €. L'écart vient du minimum vital, qui pèse d'autant moins que le revenu est élevé.
Ce que le barème ne fait PAS entrer dans le calcul : les ressources de l'autre parent, tes charges de logement, tes crédits. Le juge, lui, les regarde. C'est la raison pour laquelle un montant fixé peut s'écarter de la grille dans les deux sens.
Le barème part de ton net, pas de ton brut
Toutes les lignes ci-dessus se lisent sur ton revenu NET mensuel. Si tu n'as en tête que ton brut annuel, ou si ton salaire a bougé depuis le jugement, l'écart se joue sur des dizaines d'euros par mois. Deux champs suffisent pour repartir du bon chiffre.
Ce que la pension coûte vraiment, et ce qu'elle rapporte vraiment
Une pension alimentaire n'est pas un transfert neutre. Elle sort du revenu de l'un et entre dans celui de l'autre, et le fisc regarde les deux mouvements. Celui qui verse la déduit de son revenu ; celui qui la reçoit la déclare. C'est le même euro, compté une fois en moins d'un côté et une fois en plus de l'autre.
Pour celui qui verse, la pension coûte moins que son montant. Elle se retire du revenu imposable, donc elle économise l'impôt qui aurait porté dessus. Sur 181,98 € versés chaque mois, soit 2 184 € sur une année :
- tranche marginale à 11 % : le coût réel tombe à 161,96 € par mois, soit 240 € d'impôt économisé sur l'année ;
- tranche marginale à 30 % : le coût réel tombe à 127,39 € par mois, soit 655 € économisés ;
- non imposable : la pension coûte son montant plein. La déduction ne rend rien à qui ne paie pas d'impôt, et c'est le cas le plus souvent passé sous silence.
Pour celui qui reçoit, la pension rapporte moins que son montant, exactement par le même mécanisme et en sens inverse. Elle s'ajoute au revenu imposable et se déclare en « pensions alimentaires perçues ». À 181,98 € par mois, une tranche à 11 % laisse 161,96 € réellement disponibles.
En résidence alternée, personne ne déduit rien
C'est le point qui surprend le plus, et il vaut pour les DEUX parents. Quand l'enfant réside alternativement chez l'un et chez l'autre, il est compté à charge égale par les deux, chacun bénéficie d'une majoration de son nombre de parts, et aucun des deux ne peut déduire de pension alimentaire. La grille peut donc donner un montant en alterné - elle le fait dès que les revenus sont déséquilibrés - sans qu'aucune déduction ne vienne l'alléger. À montant versé égal, une pension en résidence alternée coûte donc plus cher que la même en garde classique.
Pour un enfant majeur, la déduction est plafonnée
Tant que l'enfant est mineur et que la pension a été fixée par un juge, tu déduis le montant fixé, sans plafond. À la majorité, le régime change : la pension n'est plus déductible que dans une limite, à condition que l'enfant ne soit pas rattaché à ton foyer fiscal et que ses revenus soient insuffisants. Pour la déclaration des revenus de 2025 :
- l'enfant majeur vit chez toi : un forfait de 4 075 € par enfant, sans justificatif, au titre du logement et de la nourriture. Tu peux y ajouter d'autres dépenses justifiées, frais de scolarité compris, dans une limite totale de 6 855 € ;
- l'enfant majeur ne vit pas chez toi et est célibataire : 6 855 € par enfant, sur justificatifs.
Ces plafonds ont été modifiés par la loi de finances pour 2026. La même logique vaut si tu aides un parent ou un grand-parent dans le besoin : en l'hébergeant, tu déduis un forfait de 4 075 € au titre du logement et de la nourriture, et lui doit déclarer la somme reçue.
Le calendrier, et la mauvaise surprise de la première année
Celui qui reçoit n'a pas d'employeur pour prélever cet impôt à la source : l'administration le récupère par un acompte prélevé sur le compte bancaire, chaque mois ou chaque trimestre. La première année, cet acompte n'existe pas encore. La pension arrive nette de tout, et l'impôt correspondant se présente plus tard. C'est la surprise classique de la première année de séparation, et elle s'évite : un changement de situation signalé à l'administration ajuste le taux et les acomptes des deux côtés sans attendre la déclaration.
Et non, la pension alimentaire n'est pas défiscalisée
C'est une question très posée, et la réponse est non. Le régime reste celui décrit ci-dessus : déductible pour celui qui verse, imposable pour celui qui reçoit. Ce que la loi de finances pour 2026 a modifié, ce sont les plafonds de déduction pour un enfant majeur et pour un ascendant, pas le principe.
Une exception ancienne subsiste, et elle est presque inconnue : une pension fixée par une décision de justice devenue définitive avant le 1er janvier 2006 se déduit majorée de 25 %. Celui qui verse 200 € en déduit 250 € de son revenu global - et celui qui la reçoit déclare 200 €, sans aucune majoration. Le même euro est alors compté davantage en moins d'un côté qu'en plus de l'autre.
Aller plus loin
Les montants dans les deux autres modes de garde
droit de visite réduit et résidence alternée, par salaire
Le tableau de réponse ne publie que la garde classique, parce que c'est le cas majoritaire. Voici les deux autres, pour un enfant, aux mêmes revenus.
| Ton revenu net | Droit de visite réduit | Résidence alternée |
|---|---|---|
| 1 500 € | 152,64 € | 76,32 € |
| 1 800 € | 206,64 € | 103,32 € |
| 2 000 € | 242,64 € | 121,32 € |
| 2 500 € | 332,64 € | 166,32 € |
| 3 000 € | 422,64 € | 211,32 € |
Le droit de visite réduit fait monter la pension, et la logique surprend souvent : moins l'enfant est hébergé chez le parent qui verse, moins celui-ci assume de frais directs, donc plus sa contribution financière est élevée. La résidence alternée suit la logique inverse.
La colonne « résidence alternée » ne s'applique qu'en cas de déséquilibre net des revenus. À revenus comparables, le montant dû est zéro, et c'est le principe.
Ce qui compte comme revenu, et ce qui n'en est pas
le barème ne regarde pas que le salaire
Le revenu de référence du barème est l'ensemble des ressources mensuelles nettes, pas seulement le salaire. Y entrent notamment les allocations chômage, les pensions de retraite, les indemnités journalières, les revenus fonciers et les revenus d'une activité indépendante.
Les prestations familiales et les aides au logement occupent une place à part : elles sont destinées à l'entretien des enfants et au logement, et ne sont pas traitées comme un revenu ordinaire du parent. Si tu perçois une aide au logement ou des allocations familiales, elles ne viennent pas gonfler mécaniquement la base sur laquelle ta pension se calcule.
Dans l'autre sens, une pension alimentaire reçue est une ressource : elle compte pour le calcul du revenu de solidarité active, de la prime d'activité et de l'aide au logement. C'est un point d'attention réel - une pension qui augmente peut faire baisser une prestation, et le gain net est inférieur à ce que la hausse laisse croire.
Quand le montant fixé s'écarte du barème
le barème est indicatif, et le juge n'y est pas tenu
Le barème est une table de référence, pas une règle de droit. Il donne un ordre de grandeur et sert de point de départ à la discussion ; il ne lie ni les parents qui s'accordent, ni le juge qui tranche.
Les écarts les plus fréquents, dans les deux sens :
- vers le haut : besoins particuliers de l'enfant, frais de santé ou de scolarité importants, train de vie très supérieur à ce que le revenu déclaré laisse voir ;
- vers le bas : charges de logement lourdes, autres enfants à charge d'une autre union, endettement, revenu proche du minimum vital.
Le barème ne tient compte ni des ressources de l'autre parent, ni de tes charges. C'est sa limite assumée, et c'est ce qui explique qu'un montant réel puisse s'écarter sensiblement de la ligne que tu viens de lire.
Les frais exceptionnels - lunettes, appareil dentaire, voyage scolaire, études supérieures - ne sont généralement pas couverts par la pension : ils font l'objet d'un partage séparé, souvent par moitié, et c'est le jugement qui le précise.
Questions fréquentes
Tu reçois une pension et tu ne sais pas ce qu'il t'en restera
Une pension reçue s'ajoute à ton revenu imposable et compte comme ressource pour la prime d'activité, l'aide au logement et le revenu de solidarité active. Avant de savoir ce que la pension change à ta fin de mois, il faut partir de ce que ton travail te laisse réellement.
Sources
- Ministère de la Justice, « Barème des pensions alimentaires » : les taux par fratrie et par amplitude du droit de visite et d'hébergement, le minimum vital de 652 €, et la table des montants de 700 € à 5 000 € de revenu. C'est contre ses 792 montants que les calculs de cette page sont vérifiés.
- service-public.gouv.fr, « Simulateur - Estimer une pension alimentaire » : le simulateur officiel, qui applique le même barème à une situation saisie.
- service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu - Pensions alimentaires versées aux enfants (déduction) », fiche F2 : la déduction pour un enfant mineur, la non-déduction en résidence alternée, et le régime de l'enfant majeur.
- service-public.gouv.fr, « Impôts 2026 : les nouveaux plafonds de déduction des pensions alimentaires », A15453, publié le 11 mars 2026 : les plafonds applicables à la déclaration des revenus de 2025, modifiés par la loi de finances pour 2026.
- impots.gouv.fr, « Pension alimentaire » : qui déclare quoi, et la majoration de 25 % des pensions fixées par une décision devenue définitive avant le 1er janvier 2006.
- service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu - Pension alimentaire versée à un parent ou un grand-parent (déduction) », fiche F444 : le cas de l'ascendant dans le besoin.
Le texte qui fixe les plafonds cités est la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, nommée par la fiche A15453. Elle est citée ici en clair et sans lien : le site qui publie les textes de loi refuse toute consultation automatisée, et un identifiant composé de mémoire répond normalement en désignant un autre texte.