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Comment se calcule ta pension de réversion ?

Ton conjoint touchait 1 250 € de retraite de base et avait 3 500 points Agirc-Arrco : tu touches 675,00 € sur la base (54 %) et 251,76 € sur la complémentaire (3 500 points × 60 % × la valeur du point), soit 926,76 € par mois avant prélèvements. Deux régimes, deux formules qui n'ont rien à voir : c'est là que la plupart des calculs trouvés ailleurs se trompent.

Données vérifiées le . Taux, plancher, plafonds et majorations relevés sur service-public.gouv.fr, « Pension de réversion de l'Assurance retraite », fiche F13104 ; la formule en points sur Agirc-Arrco, « La réversion Agirc-Arrco pour le conjoint » ; le partage entre plusieurs mariages sur le Service des Retraites de l'État, « La veuve, le veuf et les ex-conjoints ».

334,92 €

le plancher mensuel de la réversion de base : en dessous, le montant servi ne dépend plus du tout de la retraite du défunt

70 %

la part de ton salaire qui entre dans le plafond de ressources ; les trois dixièmes restants sortent du calcul

9,1 %

ce que la CSG, la CRDS et la contribution autonomie retirent au maximum du montant brut

Trois calculs complets, du premier euro au montant versé

La situation du conjoint décédé décide de la formule. Ces trois cas couvrent les trois façons dont le montant se détermine.

Trois calculs complets, du premier euro au montant versé
Le conjoint décédéRéversion brute par moisCe qu'il en reste
Salarié du privé, 1 250 € de base + 3 500 points926,76 €858,18 €
Fonctionnaire, 2 200 € de pension1 100,00 €1 018,60 €
Petite retraite, 550 € de base334,92 €310,14 €

La troisième ligne est celle qui surprend : 54 % de 550 € ne feraient que 297,00 €, mais le plancher de 334,92 € reprend la main. La colonne de droite applique la MÊME tranche de contribution sociale aux trois lignes - le taux médian, 7,4 % - pour qu'elles restent comparables entre elles ; la tranche qui te concerne dépend de ton revenu fiscal de référence, jamais du montant de ta réversion. Sources : fiche F13104 et Agirc-Arrco, relevées le 21 août 2026.

Les bornes chiffrées qui encadrent ton calcul

Un taux ne suffit jamais à trouver le montant : ces cinq bornes décident du résultat plus souvent que le taux lui-même.

Les bornes chiffrées qui encadrent ton calcul
La borneMontant 2026Ce qu'elle change pour toi
Plancher de la réversion de base334,92 € par moisTa réversion ne peut pas descendre en dessous si le défunt comptait 60 trimestres
Plafond de ressources, personne seule25 001,60 € par anAu-dessus, la réversion de base est rabotée, jamais supprimée
Plafond de ressources, en couple40 002,56 € par anMême mécanique, seuil relevé : un nouveau couple recompte tout
Plafond de la majoration de 11,1 %3 020,07 € par trimestreAu-dessus, c'est la majoration qui est réduite, pas la réversion
Majoration par enfant encore à charge113,59 € par moisElle s'ajoute, mais uniquement si tu la demandes

Les plafonds de ressources ne valent QUE pour la retraite de base du régime général : ni la complémentaire Agirc-Arrco, ni la réversion de la fonction publique n'en appliquent. Le plafond trimestriel vaut le quart de l'annuel, soit 6 250,40 € pour une personne seule et 10 000,64 € en couple. Source : fiche F13104, relevée le 21 août 2026.

Le calcul du premier cas, terme par terme

les deux régimes, la formule en points, et pourquoi on ne les additionne qu'à la fin

Terme 1, la retraite de base. Le taux s'applique à ce que le défunt percevait ou aurait perçu, sans ses propres majorations de retraite : 1 250 € × 54 % = 675,00 € par mois.

Terme 2, la retraite complémentaire. Elle ne se calcule pas sur un montant mais sur un STOCK DE POINTS, et c'est la source du régime qui donne la formule mot pour mot : « Points × 60% × Valeur de point = Montant de réversion annuel ». Pour 3 500 points, cela fait 3 021,06 € par an, soit 251,76 € par mois.

Pourquoi l'ordre compte. On ne mélange jamais les deux avant la fin, parce qu'ils ne suivent pas les mêmes règles : la part de base est soumise au plafond de ressources, la part complémentaire ne l'est pas. Un calcul qui les additionne d'abord puis applique le plafond au total rabote une somme qui n'aurait pas dû l'être.

Le total. 675,00 € + 251,76 € = 926,76 € par mois brut. Après contributions sociales au taux médian, il reste 858,18 €.

Le nombre de points ne se devine pas. Il figure sur le relevé de carrière du défunt, et c'est le seul terme de ce calcul qu'aucune page ne peut te donner. Si tu ne l'as pas, la méthode de secours consiste à partir de la retraite complémentaire qu'il touchait et à en prendre 60 % : le résultat est le même, puisque cette pension vaut déjà ses points multipliés par la valeur du point.

Tu travailles encore à côté de la réversion ?

Ton salaire entre dans le plafond de ressources à hauteur de 70 %, et c'est le montant BRUT qui est retenu, pas ce que tu touches. Calcule d'abord ce que ton salaire représente réellement, puis compare-le au plafond de 25 001,60 €.

Dépasser le plafond ne ferme pas le droit : ça le rabote

C'est la phrase qui coûte le plus cher sur ce sujet, parce qu'elle fait renoncer à une demande. La fiche officielle est explicite : quand la réversion et tes ressources dépassent le plafond, la pension « est réduite de façon à ce que ce plafond ne soit pas dépassé ». Réduite, pas supprimée.

Ce que ça donne en euros. Reprenons la première situation : 675,00 € de réversion de base par mois, soit 8 100 € par an, et 19 500 € d'autres ressources retenues. Le total atteint 27 600 €, au-dessus du plafond de 25 001,60 €. La réversion n'est pas annulée : elle descend à 5 501,60 € par an, soit 458,47 € par mois. Il reste 68 % du droit, là où beaucoup pensent tout perdre.

Et c'est ton salaire ANNUEL retenu qu'il faut comparer, pas ton salaire mensuel. Un revenu d'activité n'entre qu'à hauteur de 70 % : sur 3 000 € par mois, soit 36 000 € par an, ce sont 25 200 € qui comptent - à comparer aux 25 001,60 € du plafond. Le détail de ce qui entre et de ce qui n'entre pas dans ces ressources est sur la page de référence de la pension de réversion.

La période examinée peut basculer. La caisse regarde les ressources des 3 mois civils qui précèdent l'attribution. Mais si elles dépassent le quart du plafond applicable sur ces trois mois, elle bascule sur les 12 mois civils précédents - ce qui change tout pour quelqu'un dont les revenus viennent de cesser, ou qui a touché un solde de tout compte.

Les cas qui changent le calcul

Plusieurs mariages : le partage se compte en mois, pas en années

l'exemple officiel, et l'erreur d'arrondi qui fait disparaître de l'argent

Quand le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion entière est partagée entre le conjoint survivant et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée de chaque union. Deux détails décident du résultat, et les deux se ratent facilement.

L'unité est le MOIS. Le Service des Retraites de l'État publie son propre exemple, et il prend soin de convertir : une pension de 12 600 €, un premier mariage de 8 ans et 9 mois soit 105 mois, un second de 7 ans et 3 mois soit 87 mois, 192 mois cumulés. Les parts valent (105 / 192) × 6 300,00 € = 3 445,31 € et (87 / 192) × 6 300,00 € = 2 854,69 €. Compter en années entières aurait effacé les mois restants et changé les deux parts.

Le ratio s'applique au TOTAL, jamais à une part déjà arrondie. C'est là que se trouve l'erreur la plus répandue du sujet, et elle est visible sur des pages qui se classent en première page : diviser la pension par le nombre d'années puis remultiplier. Sur une réversion de 1 000 € partagée entre un mariage de 20 ans et un de 10 ans, cette méthode donne 666 € et 333 € - soit 999 € au lieu de 1 000 €. Un euro s'évapore, et il ne revient nulle part.

Le contrôle qui attrape ça sans rien connaître au sujet : la somme des parts doit se refermer exactement sur le montant partagé. Sur l'exemple officiel ci-dessus, 3 445,31 € + 2 854,69 € = 6 300,00 €, au centime.

Deux règles s'ajoutent selon le régime. Au régime général, si l'un des bénéficiaires décède, sa part est répartie entre les survivants - mais ce recalcul n'est pas automatique et se signale à la caisse. Dans la fonction publique, la part d'un bénéficiaire décédé ne va PAS aux autres conjoints : elle ne peut revenir qu'aux enfants du fonctionnaire de moins de 21 ans.

Le plancher, et sa proratisation en soixantièmes

quand le montant servi cesse de dépendre de la retraite du défunt

La réversion de base ne peut pas descendre sous 334,92 € par mois si le défunt justifiait d'au moins 60 trimestres, soit 15 ans d'assurance au régime général.

En dessous de ce nombre de trimestres, le plancher lui-même se réduit, en soixantièmes : autant de soixantièmes du minimum que le défunt comptait de trimestres. Avec 30 trimestres, le plancher tombe donc à 167,46 €.

Une bizarrerie à connaître avant de recalculer toi-même ton montant annuel. La fiche publie deux nombres pour cette même grandeur : 4 019,13 € par an et 334,92 € par mois. Le mensuel est l'annuel divisé par douze puis arrêté au centime inférieur, et l'aller-retour ne se referme donc pas : 334,92 € × 12 donnent 4 019,04 €, soit neuf centimes sous l'annuel publié. Les deux chiffres sont bons ; c'est la convention d'arrêt qui les sépare. Si tu vois l'un ou l'autre circuler, tu sais maintenant d'où vient l'écart.

Ce plancher est revalorisé au 1er janvier de chaque année, sur l'évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac.

Les trois majorations, et laquelle il faut réclamer

deux sont automatiques, la troisième ne l'est pas

11,1 % à partir de 67 ans. Elle suppose que la somme de TOUTES tes pensions - retraites de base, complémentaires et réversions - ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre. Ce plafond n'a rien à voir avec celui d'éligibilité à la réversion : il est distinct, trimestriel, et il ne rabote que la majoration.

10 % si tu as eu au moins 3 enfants. Attribuée automatiquement. Si tu n'es pas divorcé du défunt, cette majoration ne peut pas être inférieure au dixième du montant minimum de réversion.

113,59 € par mois et par enfant à charge - et celle-là se demande. Elle suppose que tu ne perçois aucune pension de retraite, que tu as moins de 67 ans, et qu'un ou plusieurs enfants sont à ta charge : mineurs, ou de moins de 21 ans s'ils poursuivent leurs études ou sont dans l'impossibilité permanente de travailler. Elle est soumise au MÊME écrêtement que la réversion : si le total dépasse le plafond de ressources, elle est réduite dans les mêmes proportions. Et son versement cesse dès que tu perçois ta propre retraite.

Du brut au net : ce que les contributions retirent

quatre tranches, et c'est ton revenu fiscal qui décide, pas ta réversion

Les taux de réversion s'appliquent à un montant BRUT. Ce que tu reçois passe ensuite par les mêmes contributions qu'une retraite personnelle : la CSG, la CRDS et la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie.

Elles retirent ensemble 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % du brut, et ce n'est pas un simple escalier de taux de CSG : la CRDS n'est due qu'à partir de la tranche réduite, et la contribution autonomie seulement à partir de la tranche médiane. C'est ce qui explique les paliers inégaux entre les quatre chiffres.

Ce qui décide de ta tranche est ton revenu fiscal de référence et ton nombre de parts, jamais le montant de ta réversion. Une petite réversion peut donc être prélevée au taux le plus élevé si tes autres revenus sont importants - et inversement. Le détail des quatre tranches, leurs seuils par nombre de parts et la part déductible de la CSG vivent sur la page consacrée à la CSG des pensions.

Sur 926,76 € de réversion brute, il reste 886,90 € au taux réduit, 858,18 € au taux médian et 842,42 € au taux normal.

À partir de quand ta réversion est payée, et ce qu'un retard coûte

le point de départ, et le rappel plafonné à un an

La réversion n'est jamais versée automatiquement. Aucune caisse ne la déclenche d'elle-même après un décès : elle se demande, et une seule demande en ligne vaut pour tous les régimes auxquels le défunt a cotisé.

Le point de départ est le premier jour du mois suivant le décès, ou le premier jour du mois suivant celui où les conditions sont remplies. Pour un décès le 8 avril, le régime complémentaire fixe le départ au 1er mai si tu as déjà 55 ans à cette date, et au 1er octobre si tu les atteins en septembre.

Un retard de demande se paie. Le régime complémentaire verse un rappel d'un an au maximum : au-delà, les mois écoulés sont perdus, définitivement. C'est le seul terme de ce calcul sur lequel une lenteur administrative de ta part coûte directement de l'argent.

Le versement est mensuel et à terme échu, et la réversion est révisable : un changement de ressources ou de situation familiale se signale à la caisse, qui peut la revoir à la hausse comme à la baisse.

Vérifie ton montant sur le service officiel

Le simulateur inter-régimes part de la carrière réelle du défunt, tous régimes confondus, et c'est le seul terme que cette page ne peut pas te donner : le nombre de points de sa complémentaire.

Questions fréquentes sur le calcul de la réversion

Sources