Ton relevé de carrière est-il juste ?
Un seul trimestre absent de ce document retire 22,80 € par mois à ta pension, et il les retire à vie. Une année entière oubliée en retire 90,12 €, sur une carrière payée 30 000 € bruts par an. Le relevé est le seul document qui dit ce que la caisse a réellement enregistré de ta carrière : tant qu'il n'est pas liquidé, une ligne fausse se corrige.
Pour le récupérer, tu passes par ton compte retraite : service-public.gouv.fr, « Info Retraite - Mon compte retraite ». Le reste de cette page sert à le lire une fois que tu l'as sous les yeux.
Page revue le . Formule de calcul et barème de minoration relevés à la source : service-public.gouv.fr, « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? », fiche F19666 et « Combien de trimestres un salarié doit-il avoir pour bénéficier d'une retraite à taux plein ? », fiche F35063.
1,82 %
ce qu'un seul trimestre manquant retire à ta pension de base, si tu pars à l'âge légal
20
le nombre de trimestres au-delà duquel la minoration cesse d'empirer, mais où la part proratisée continue de descendre
67 ans
l'âge où la minoration tombe d'elle-même, quel que soit le nombre de trimestres qui te manquent
Ce que chaque trimestre manquant retire, chaque mois
Ce que tu perds chaque mois, à vie. Carrière payée 30 000 € bruts par an, 172 trimestres exigés, pension pleine de 1 250,00 € bruts par mois. Cherche ta ligne : c'est le nombre de trimestres qui te manquent qui décide.
| Trimestres manquants | Départ à l'âge légal | Départ à 67 ans |
|---|---|---|
| 1 | -22,80 € | -7,27 € |
| 2 | -45,42 € | -14,53 € |
| 4 (un an) | -90,12 € | -29,07 € |
| 8 | -177,33 € | -58,14 € |
| 20 | -421,51 € | -145,35 € |
Ces montants sont des pensions de base brutes, avant la retraite complémentaire et avant prélèvements sociaux. La complémentaire subit ses propres coefficients, et la valeur du point Agirc-Arrco décide de ce qu'elle rapporte. Le nombre de trimestres exigé dépend de ton année de naissance, et il est publié génération par génération sur notre page consacrée aux trimestres.
Les deux comptes de trimestres, et ce que chacun décide
Ton relevé affiche les deux. Ils sont égaux si toute ta carrière est salariée du privé, et ils divergent dès que tu es passé par un autre régime.
| Ce que tu lis | Ce que ça compte | Ce que ça décide |
|---|---|---|
| Durée tous régimes | Toutes caisses | Le taux |
| Trimestres à l'Assurance retraite | Régime général seul | La proportion |
| Salaires reportés | Année par année | Le salaire moyen |
La durée tous régimes additionne tout : salarié, agent public, indépendant, périodes assimilées. Elle décide si ton taux est plein ou minoré. Les trimestres à l'Assurance retraite ne comptent que le régime général, celui des salariés du privé, et ta pension de base est multipliée par ce nombre divisé par la durée exigée. Les salaires reportés sont tes bruts cotisés, plafonnés chaque année au plafond de la Sécurité sociale ; seules tes 25 meilleures années revalorisées entrent dans la moyenne.
Une carrière mixte a donc un TAUX calculé sur un total et une PROPORTION calculée sur une partie. Les confondre surestime la pension de tous ceux qui ont changé de régime, et c'est l'erreur de lecture la plus fréquente sur ce document.
Comment ces montants se calculent
la formule officielle, et pourquoi deux taux différents circulent
La fiche F19666 publie la formule entière dans son exemple travaillé : salaire annuel brut moyen x taux x nombre de trimestres à l'Assurance retraite / durée exigée. Le taux vaut 50 % quand la durée est atteinte. Il descend de 0,625 point par trimestre manquant, et s'arrête de descendre à 20 trimestres.
Deux écritures de ce même barème circulent, et tu peux rencontrer les deux ailleurs. 0,625 point est ce qui est retiré au TAUX, et c'est l'écriture de la fiche officielle. 1,25 % est la part de pension que ce point retire, et c'est l'écriture des éditeurs. Les deux sont justes : elles décrivent deux grandeurs différentes, et elles reproduisent les vingt mêmes lignes du barème.
Aucune des deux ne suffit pourtant, et c'est ce que cette page ajoute. Un trimestre manquant ne touche pas seulement le taux : il ampute aussi le numérateur de la proportion. Les deux effets se multiplient, donc la perte réelle est plus forte que le seul barème de minoration ne l'annonce.
Sur le cas travaillé, un trimestre manquant retire 22,80 € par mois. Le seul barème de minoration en annoncerait 15,63 €, soit une pension surestimée de 7,18 €. À 20 trimestres manquants l'écart atteint 109,01 € par mois.
Dernière conséquence, contre-intuitive : chaque trimestre manquant coûte un peu moins que le précédent. La pension est un produit de deux termes qui baissent ensemble, pas une somme. Le premier trimestre manquant retire 22,80 €, le quatrième 22,26 €. Un tableau construit en multipliant la première ligne serait faux dès la deuxième.
Le cas travaillé suppose une carrière entièrement salariée du privé, un salaire annuel moyen constant de 30 000 € bruts, et 172 trimestres exigés, soit 43 ans, ce qui est la ligne des générations nées à partir de 1966. Ce sont des hypothèses, pas ta situation : le simulateur calcule sur tes propres chiffres.
Tu as ton relevé sous les yeux. Combien ça fait par mois ?
Le tableau ci-dessus tourne sur une carrière type. Le simulateur part de ton salaire et de ton année de naissance, et rend une estimation de ta pension de base et de ta complémentaire.
Quand il arrive, et comment tu le fais corriger
Le relevé est mis à jour une fois par an. Les trimestres et les points de l'année précédente y sont ajoutés l'année suivante : c'est pour ça que ton année en cours n'y figure jamais.
Tu n'as pas besoin de le demander pour le recevoir. Dans le cadre du droit à l'information retraite, il est mis automatiquement à ta disposition dans ton espace personnel tous les 5 ans, à 35, 40, 45 et 50 ans. À partir de 55 ans, ce n'est plus le relevé seul : tu reçois une estimation de ta future retraite selon plusieurs âges de départ.
Sources ouvertes pour cette section : service-public.gouv.fr, « Je prépare ma retraite », fiche F17904, « Info Retraite - Mon compte retraite », fiche R46083, et Agirc-Arrco, « Accéder à mon relevé de carrière ».
Deux lignes qui semblent fausses et ne le sont pas
Les trimestres que tu as peut-être sans le savoir
Avant de conclure qu'il t'en manque, vérifie ces périodes
Un trimestre ne s'obtient pas seulement en cotisant. Le chômage indemnisé, l'arrêt maladie, le congé de maternité, l'invalidité et le service national valident des trimestres dits assimilés, chacun avec sa propre règle de conversion. Ils comptent autant que les autres pour atteindre le nombre exigé.
Ces périodes sont souvent celles qui apparaissent en dernier sur un relevé, parce qu'elles viennent d'un organisme différent de ton employeur. Une carrière qui semble trouée sur trois ans de chômage est le cas le plus fréquent, et le plus souvent injustifié. Le détail de chaque conversion vit sur notre page consacrée aux trimestres, qui donne le nombre de jours ou d'heures exigé période par période.
Aller plus loin
Pourquoi 25 années et pas toute la carrière
ce que les salaires reportés servent à calculer
La pension de base ne se calcule pas sur ta carrière entière mais sur la moyenne de tes 25 meilleures années, revalorisées. Les autres années servent à valider des trimestres, jamais à faire monter la moyenne.
Conséquence directe sur la lecture du relevé : une année à salaire faible ne pénalise pas ta pension tant qu'elle n'entre pas dans les meilleures. Ce qu'elle apporte est le trimestre, et un trimestre validé au minimum vaut exactement autant qu'un trimestre validé à salaire élevé.
Chaque salaire reporté est par ailleurs plafonné à hauteur du plafond de la Sécurité sociale de son année. Un salaire au-dessus de ce plafond n'entre donc dans la moyenne qu'à hauteur de ce plafond, et c'est ce qui borne la pension de base par le haut.
Ce que le relevé ne dit pas de ton âge de départ
deux conditions, et le document n'en porte qu'une
Avoir le nombre de trimestres exigé ne suffit pas à partir : il faut aussi avoir atteint l'âge légal. Le relevé porte le compte des trimestres, il ne décide pas de l'âge. Les deux conditions se cumulent, et c'est la dernière atteinte qui commande la date.
À 67 ans en revanche, le taux plein est acquis sans condition de durée, même s'il te manque des trimestres. C'est ce que la colonne de droite du tableau chiffre : la minoration tombe, la proportion reste.
L'âge auquel tu peux partir dépend de ta génération, et le calendrier a été modifié. Il vit sur notre page consacrée à la suspension de la réforme, génération par génération.
Le barème de minoration, ligne par ligne
la troisième lecture du même barème, rangée ici pour ne pas concurrencer les deux tableaux visibles
Le taux part de 50 % et descend de 0,625 point par trimestre manquant. Il vaut donc 49,375 % avec un trimestre manquant, 45 % avec huit, et 37,5 % à partir de 20 trimestres manquants, où il cesse de descendre.
Ce plafond est souvent lu comme une bonne nouvelle. Il ne l'est qu'à moitié : au-delà de 20 trimestres manquants, le taux ne bouge plus, mais la proportion continue de descendre à chaque trimestre absent. La perte, elle, ne se stabilise jamais.
Le barème complet, ses vingt lignes et l'exemple travaillé officiel vivent sur la fiche F19666 de service-public.gouv.fr.
Il te manque des trimestres : partir quand ?
Le tableau donne les deux extrêmes. Entre les deux, chaque trimestre travaillé en plus déplace la date et le montant. Le simulateur rend le couple date-montant sur tes propres chiffres.
Les pages qui possèdent ce que celle-ci a cité
Chaque barème a une seule page propriétaire sur ce site.