Grille salaire sécurité privée 2026 : le minimum de ton coefficient
Ton coefficient est écrit sur ta fiche de paie, et c'est lui qui fixe ton minimum. Au coefficient 140 (chef de poste, SSIAP 1, cynophile) il est de 1 966 € brut par mois, soit 1 556 € net et 12,96 € de l'heure ; au coefficient 160, de 2 152 € brut, 1 704 € net et 14,19 € de l'heure. La grille entière est plus bas, des agents d'exploitation aux cadres, en brut, en net et au taux horaire.
Ces minimums sont ceux de la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351), qui couvre le gardiennage, la surveillance, la sécurité incendie et la sûreté aéroportuaire. Ils ont été revalorisés de 2,8 % au 1er janvier 2026.
Mis à jour le .
1351
Code IDCC
160 768
Salariés couverts
01/01/2026
Date d'effet
+2,8 %
Revalorisation 2026
Agents d'exploitation, employés et techniciens
Coefficients 120 à 250
| Coefficient | Brut par mois | Net par mois | Taux horaire | Emploi type |
|---|---|---|---|---|
| Coef. 120 | 1 884 € | 1 491 € | 12,42 € | Agent de sécurité qualifié |
| Coef. 130 | 1 909 € | 1 511 € | 12,59 € | Agent confirmé, prévention vol |
| Coef. 140 | 1 966 € | 1 556 € | 12,96 € | Chef de poste, SSIAP 1, cynophile |
| Coef. 150 | 2 039 € | 1 614 € | 13,44 € | Sûreté aéroportuaire, pompier |
| Coef. 160 | 2 152 € | 1 704 € | 14,19 € | Agent sûreté avancé |
| Coef. 175 | 2 327 € | 1 842 € | 15,34 € | Technicien spécialisé |
| Coef. 190 | 2 502 € | 1 981 € | 16,50 € | Expert technique |
| Coef. 210 | 2 736 € | 2 166 € | 18,04 € | Technicien supérieur |
| Coef. 230 | 2 969 € | 2 350 € | 19,58 € | Technicien expert |
| Coef. 250 | 3 203 € | 2 535 € | 21,12 € | Technicien hautement qualifié |
Base 151,67 heures par mois (35 h par semaine), qui est aussi la base du taux horaire de la quatrième colonne. Montants mensuels arrondis à l'euro : le coefficient 120 vaut exactement 1 883,85 €, au-dessus du SMIC mensuel de 1 867,02 €. Les niveaux 1 et le premier échelon du niveau 2 n'ont aucun coefficient affecté : l'entrée dans la grille se fait au coefficient 120. Source : accord collectif triennal du 25 septembre 2023 relatif aux revalorisations salariales pour 2024, 2025 et 2026.
Encadrement : maîtrise et cadres
Les quinze échelons de l'encadrement, en brut et en net
| Coefficient | Brut par mois | Net par mois | Taux horaire | Emploi type |
|---|---|---|---|---|
| AM 150 | 2 234 € | 1 768 € | 14,73 € | Maîtrise - SSIAP 2, chef d'équipe |
| AM 160 | 2 358 € | 1 867 € | 15,55 € | Maîtrise - chef d'équipe confirmé |
| AM 170 | 2 481 € | 1 964 € | 16,36 € | Maîtrise - responsable de site |
| AM 185 | 2 666 € | 2 110 € | 17,58 € | Maîtrise - chef de service sécurité |
| AM 200 | 2 851 € | 2 257 € | 18,80 € | Maîtrise - responsable d'exploitation |
| AM 215 | 3 036 € | 2 403 € | 20,02 € | Maîtrise - responsable confirmé |
| AM 235 | 3 283 € | 2 599 € | 21,65 € | Maîtrise - SSIAP 3, responsable sûreté |
| AM 255 | 3 530 € | 2 794 € | 23,27 € | Maîtrise - superviseur régional |
| AM 275 | 3 776 € | 2 989 € | 24,90 € | Maîtrise - superviseur expert |
| Coef. 300 | 2 968 € | 2 349 € | 19,57 € | Cadre position I - débutant |
| Coef. 400 | 3 757 € | 2 973 € | 24,77 € | Cadre position II-A - chef d'exploitation |
| Coef. 470 | 4 308 € | 3 407 € | 28,40 € | Cadre position II-B - directeur d'agence |
| Coef. 530 | 4 781 € | 3 786 € | 31,52 € | Cadre position III-A - directeur régional |
| Coef. 620 | 5 490 € | 4 355 € | 36,20 € | Cadre position III-B - directeur des opérations |
| Coef. 800 | 6 908 € | 5 492 € | 45,55 € | Cadre position III-C - directeur général |
Base 151,67 heures par mois, taux horaire compris. Le net des cadres tient compte de la cotisation APEC, qui ne concerne qu'eux ; c'est une estimation avant impôt sur le revenu, pour un salarié sans élément de rémunération particulier. Source : accord triennal du 25 septembre 2023, applicable au 1er janvier 2026.
Coefficient 160 ou AM 160 : deux lignes, deux salaires
C'est la confusion la plus fréquente de cette convention, et elle coûte 206 € brut par mois à qui s'y trompe. Le nombre 160 apparaît dans les deux grilles, et il n'y désigne pas le même emploi.
- Coefficient 160, grille des agents d'exploitation : agent de sûreté avancé. Minimum 2 152 € brut par mois, soit 1 704 € net et 14,19 € de l'heure.
- AM 160, grille des agents de maîtrise : chef d'équipe confirmé. Minimum 2 358 € brut par mois, soit 1 867 € net et 15,55 € de l'heure.
Ce qui tranche n'est pas le nombre mais le collège, et il est écrit sur ta fiche de paie à côté du coefficient : « agent d'exploitation », « employé », « technicien » d'un côté, « agent de maîtrise » de l'autre. Si ta fiche affiche 160 sans préciser le collège, la ligne est incomplète et la question mérite d'être posée aux ressources humaines.
Ces quatre montants se relisent sur la fiche salaire minimum des entreprises de prévention et de sécurité du Code du travail numérique, qui publie la grille collège par collège.
La même ambiguïté existe pour le 150 : coefficient 150 en exploitation (2 039 € brut, sûreté aéroportuaire et pompier) contre AM 150 en maîtrise (2 234 € brut, SSIAP 2 et chef d'équipe).
Majorations de nuit, dimanche et heures supplémentaires
La grille donne le salaire de base, hors majorations. Sur le terrain, ton taux horaire conventionnel augmente dans plusieurs cas :
- Travail de nuit : +10 % du taux horaire pour chaque heure effectuée entre 21 h et 6 h.
- Travail le dimanche : +10 % de ton taux horaire minimum conventionnel, porté à +50 % dans la sûreté aérienne et aéroportuaire (annexe VIII, article 3.05).
- Jour férié travaillé : +100 %, soit une heure payée double. Cette indemnité peut être remplacée par un repos équivalent, mais c'est toi qui décides, et ce repos doit être pris dans le mois qui suit.
Ces majorations se cumulent : une heure de nuit un dimanche est majorée de 20 % (10 % pour la nuit plus 10 % pour le dimanche). Tes repos hebdomadaires doivent par ailleurs te laisser 2 dimanches de repos par mois en moyenne sur 3 mois.
Ce que ça donne au coefficient 140, dont le taux horaire conventionnel est de 12,96 € : une heure de nuit vaut 14,26 €, une heure de dimanche autant, une heure de nuit un dimanche 15,56 €, et une heure de jour férié travaillé 25,93 €. Au coefficient 160, dont le taux horaire est de 14,19 €, l'heure fériée monte à 28,38 €.
Ton taux horaire figure dans la quatrième colonne des deux grilles ci-dessus. Il se retrouve aussi en divisant le minimum mensuel de ton coefficient par 151,67, la durée mensuelle qui correspond à 35 heures par semaine.
Côté heures supplémentaires, le contingent annuel est fixé à 329 heures. Attention, la majoration n'arrive pas forcément en argent : la convention laisse l'employeur la remplacer par un repos compensateur. De la 36e à la 43e heure incluse, c'est +25 % ou 1 h 15 de repos ; à partir de la 44e heure, +50 % ou 1 h 30 de repos. Pour le détail du calcul, va voir le guide des heures supplémentaires.
Comment lire la grille sécurité privée
La grille de la sécurité privée s'organise en trois catégories : agents d'exploitation (employés et techniciens), agents de maîtrise et ingénieurs et cadres.
Le système de niveaux et échelons
- Niveaux 2-3 : Agents d'exécution - surveillance, ronde, contrôle d'accès
- Niveaux 4-5 : Techniciens spécialisés - SSIAP, sûreté aéroportuaire, cynophile
- Agents de maîtrise : Encadrement opérationnel - chef d'équipe, responsable de site
- Cadres : Direction - chef d'exploitation, directeur d'agence, DG
Le coefficient est un nombre qui sert de référence dans la grille. Il détermine directement le salaire minimum mensuel brut pour 151,67 heures (35 h/semaine).
Vérifier que cette grille est bien la tienne
Regarde ta fiche de paie : si elle porte la mention IDCC 1351 ou « Prévention et sécurité », cette grille est celle qui s'impose à ton employeur. Elle couvre la surveillance, le gardiennage, la sécurité incendie, la sûreté aéroportuaire et la télésurveillance. Si aucune convention n'y figure, c'est une mention obligatoire qui manque, et tu peux la réclamer.
La revalorisation de 2026 est automatique
Tu n'as rien à demander. Les montants de cette page résultent d'un accord de branche qui a programmé trois hausses successives, dont la dernière est celle de +2,8 % appliquée au 1er janvier 2026. Ton employeur doit l'appliquer de lui-même : si ton salaire de base n'a pas bougé au 1er janvier alors qu'il était au minimum de ton coefficient, il est passé sous la grille.
Un détail que beaucoup de fiches de paie escamotent : le niveau 1 et le premier échelon du niveau 2 n'ont aucun coefficient affecté dans la grille en vigueur. L'entrée réelle dans la classification se fait au coefficient 120, qui correspond au niveau 2, échelon 2. Si ta fiche de paie affiche un niveau 2 échelon 1 sans coefficient, la ligne est incomplète et mérite une question aux RH.
Quelles lignes de ta paie comptent dans la comparaison
| Ligne de ta fiche de paie | Compte pour vérifier le minimum ? |
|---|---|
| Salaire de base | Oui |
| Avantages en nature | Oui |
| Majorations d'heures supplémentaires et complémentaires | Non |
| Majorations de nuit, du dimanche, des jours fériés | Non |
| Primes (panier, entretien des tenues, chien) | Non |
| Remboursements de frais que tu as avancés | Non |
| Participation et intéressement | Non |
Source : Code du travail numérique, fiche salaire minimum de la convention des entreprises de prévention et de sécurité, mise à jour le 1er janvier 2026.
Le calcul qui trompe le plus d'agents
C'est le piège de cette convention, et il coûte cher. Tout ce que tu viens de lire (majorations de nuit et du dimanche, prime de panier, prime d'entretien des tenues) ne compte pas pour vérifier que tu atteins le minimum de ton coefficient.
Prends un agent au coefficient 120. Son minimum conventionnel est de 1 883,85 € brut. Sa fiche de paie affiche 1 950 € brut au total : il se dit qu'il est au-dessus, et il ne réclame rien.
Sauf que ces 1 950 € se décomposent en 1 820 € de salaire de base, 85 € de majorations de nuit et 45 € de prime de panier. On retire les majorations et la prime, qui ne comptent pas. Il reste 1 820 € de base, soit 63,85 € sous le minimum, tous les mois. Son employeur est en infraction, et lui l'ignore.
Le réflexe correct tient en une ligne : compare ton salaire de base seul à la grille, jamais ton brut total. Le détail de ce que chaque prime vaut, et de ce qu'elle compte ou non, est publié sur la fiche des primes prévues par la convention du Code du travail numérique.
Que faire si ton salaire est sous le minimum
Si ton salaire de base est inférieur au minimum de ton coefficient, ton employeur est en infraction :
- Vérifie ta classification sur ta fiche de paie (niveau, échelon, coefficient)
- Isole ton salaire de base, sans les primes ni les majorations
- Compare ce montant seul avec le minimum de la grille ci-dessus
- Signale l'écart à ton employeur par email
- Demande un rattrapage sur les 3 dernières années
- En cas de refus, contacte l'inspection du travail
Carte professionnelle CNAPS et qualifications
Avant de parler salaire, deux conditions ne se négocient pas, quel que soit ton coefficient :
- La carte professionnelle CNAPS : délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité, elle est obligatoire pour exercer. Valable 5 ans, elle suppose un casier judiciaire compatible et une qualification reconnue (le titre à finalité professionnelle agent de prévention et de sécurité, ou TFP APS, ex-CQP APS). Sans carte valide, ton employeur n'a pas le droit de te faire travailler.
- Une qualification d'agent : le TFP APS ouvre l'accès au coefficient 120, le poste d'entrée de la profession.
Les qualifications incendie SSIAP font ensuite monter le coefficient, donc le salaire :
- SSIAP 1 (agent de sécurité incendie) : coefficient 140, soit 1 966 € brut/mois.
- SSIAP 2 (chef d'équipe) : classé en grille agents de maîtrise, coefficient AM 150, soit 2 234 € brut/mois.
- SSIAP 3 (chef de service) : coefficient 235 en grille maîtrise, soit 3 283 € brut/mois.
Même logique pour la spécialisation cynophile ou la sûreté aéroportuaire : chaque qualification supplémentaire déplace ta ligne dans la grille et ajoute plusieurs dizaines à plusieurs centaines d'euros brut par mois.
Avertissement
Les montants indiqués sont les minimums conventionnels issus des grilles officielles. Les salaires réels peuvent être supérieurs selon l'entreprise, la localisation et le profil. Un accord d'entreprise ou de groupe peut aussi prévoir ses propres montants : dans ce cas c'est lui qui s'applique, et ton contrat de travail prime s'il est plus favorable. Montants vérifiés le 31 juillet 2026, à jour de la revalorisation du 1er janvier 2026.
Es-tu payé au-dessus de ta grille sécurité ?
Gratuit, sans inscription : compare ton net au minimum de ton échelon et chiffre l'effet des primes de vacation.