En bref
Ce qui s'est passé en avril 2026 : une extension, pas une signature
L'avenant n° 120 du 27 novembre 2025 à l'annexe 1 (ouvriers) de la convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport revalorise les barèmes des personnels ouvriers du transport routier de voyageurs. Il est entré en application le 1er janvier 2026. Jusqu'à son extension, il ne liait que les entreprises adhérentes des organisations signataires ; l'arrêté d'extension du 7 avril 2026, publié au Journal officiel du 10 avril, le rend opposable à toutes les entreprises de la branche. C'est ce passage qui a été lu comme « un avenant d'avril ».
Aucun texte publié ne porte de revalorisation de 2,1 % en avril 2026 : la liste des textes attachés à la convention s'arrête, pour les rémunérations des ouvriers, à cet avenant n° 120 ; les textes les plus récents sont l'avenant n° 82 du 11 février 2026 sur les frais de déplacement des ouvriers et l'avenant n° 17 du 12 mars 2026 sur les minima des prestations logistiques. Le même 27 novembre 2025, la branche a signé des avenants pour les employés (n° 102), les techniciens et agents de maîtrise (n° 100) et les ingénieurs et cadres (n° 93) ; leur contenu n'est pas repris ici.
La grille voyageurs en vigueur depuis le 1er janvier 2026
L'annexe de l'avenant fixe, par coefficient, un taux horaire et un salaire mensuel garanti pour 151,67 heures, majoré à 1, 5, 10, 15, 20, 25 et 30 ans d'ancienneté. Les bornes qui situent la grille :
| Coefficient | Taux horaire | À l'embauche | Après 10 ans |
|---|---|---|---|
| 110 V à 128 V (groupes 2 à 6) | 12,4270 € | 1 884,80 € | 2 035,58 € |
| 138 V (groupe 8) | 13,1197 € | 1 989,86 € | 2 149,05 € |
| 150 V (groupe 10) | 13,8167 € | 2 095,58 € | 2 263,23 € |
| 155 V | 14,5091 € | 2 200,60 € | 2 376,65 € |
Au 110 V, le salaire garanti passe à 1 922,50 € après un an, 2 073,28 € après quinze ans et 2 261,76 € après trente ans. Un dimanche ou un jour férié travaillé ajoute 48,85 €, quel que soit le nombre d'heures. L'avenant fixe aussi, pour ces salariés, une indemnité de départ en retraite de 3,5 mois de salaire après 35 ans d'ancienneté. La grille entière, coefficient par coefficient et palier par palier, est sur la page de la convention collective des transports (IDCC 16) ; le Code du travail numérique publie la même grille sur sa fiche salaire minimum de la convention.
Ces montants sont des salaires de base hors majorations : ni les heures au-delà de 151,67, ni l'amplitude, ni les frais de déplacement. Le plancher légal reste le SMIC, 12,31 € brut de l'heure et 1 867,02 € par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026) : le plancher voyageurs lui est supérieur, donc c'est le minimum conventionnel qui s'applique.
Marchandises : la grille reste sous le SMIC, c'est le SMIC qui s'applique
Pour les ouvriers roulants et sédentaires du transport routier de marchandises, la fiche du Code du travail numérique, mise à jour le 1er juin 2026, publie des minima conventionnels inférieurs au SMIC pour les coefficients 110 M à 138 M à l'embauche : c'est donc le SMIC, 12,31 € de l'heure, qui est dû, et le coefficient 150 M est à 12,43 €. Les majorations d'ancienneté y jouent à 2, 5, 10 et 15 ans. Un chauffeur routier ou un chauffeur livreur qui lit « revalorisation de la convention en avril » n'est pas concerné par la grille ci-dessus : son minimum est celui de sa propre grille ou le SMIC, et sa rémunération réelle vient des heures d'équivalence, des majorations et des frais de route, pas du salaire de base.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
L'avenant n° 120 s'applique aux personnels ouvriers des entreprises de transport routier de voyageurs relevant de l'IDCC 16 : lignes interurbaines, autocar, transport scolaire, tourisme. Les réseaux urbains (bus et tramway d'une agglomération, en régie ou en délégation) relèvent d'une autre convention, celle des réseaux de transports publics urbains de voyageurs (IDCC 1424), et les agents de la RATP sont sous le statut du personnel de l'entreprise : ni l'une ni l'autre ne bouge avec ce texte. Ton IDCC est écrit sur ta fiche de paie. La fiche salaire conducteur de bus distingue les trois cas, et RATP ou privé compare le statut et le minimum conventionnel, chiffres publiés à l'appui.
Ton salaire monte-t-il automatiquement ?
Depuis l'extension, ton employeur doit te verser au moins le salaire mensuel garanti de ton coefficient, qu'il soit adhérent ou non d'une organisation signataire. Si ton brut de base est inférieur au minimum de ton coefficient, tu peux demander le rattrapage, avec effet au 1er janvier 2026 pour les entreprises déjà liées et à l'extension pour les autres. Si ton brut est déjà au-dessus, la revalorisation de branche ne déclenche aucune hausse automatique : elle reste un argument pour la négociation annuelle de ton entreprise. Vérifie ton coefficient et ton minimum sur ta fiche de paie, puis calcule le net qui correspond.