NAO : combien ça ajoute vraiment à ton salaire ?
Une NAO n'oblige pas ton employeur à t'augmenter. Elle l'oblige à ouvrir une négociation. Ce qui en sort se lit en euros : sur 2 000 € brut par mois, une augmentation de 2 % ajoute 40 € brut, soit 32 € net par mois et 384 € sur l'année.
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ce qu'une NAO oblige ton employeur à te verser : l'obligation porte sur la négociation, jamais sur son résultat
12 mois
sans initiative de l'employeur, un syndicat représentatif peut exiger l'ouverture de la négociation
15 jours
le délai dont dispose alors l'employeur pour convoquer les parties à la négociation
Ce que l'augmentation ajoute sur ton bulletin, chaque mois
Trouve ta ligne de salaire brut, puis la colonne du taux qu'on te propose. Le montant est ce qui s'ajoute à ton net avant impôt.
| Ton salaire brut mensuel | +1 % | +2 % | +3 % |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | +16 € | +32 € | +48 € |
| 2 200 € | +17 € | +34 € | +52 € |
| 2 500 € | +20 € | +40 € | +59 € |
| 3 000 € | +24 € | +47 € | +71 € |
| 3 500 € | +27 € | +55 € | +83 € |
Net avant impôt, statut non-cadre du secteur privé, calculé au 2026-09-22 sur les taux de cotisations salariales en vigueur. L'écart entre cadre et non-cadre vaut moins d'un euro par mois à ces niveaux de salaire. Le prélèvement à la source s'applique ensuite, à un taux qui dépend de ton foyer.
Pourquoi le brut négocié n'arrive pas entier sur ton compte
Ce qui se négocie est du brut. Ce qui tombe sur ton compte est du net, et entre les deux il y a les cotisations salariales : maladie, retraite de base et complémentaire, chômage, CSG et CRDS. Elles s'appliquent à l'augmentation comme au reste du salaire.
Sur 2 000 € brut par mois, une augmentation de 2 % représente 40 € de brut supplémentaire pour ton employeur, et 32 € de net supplémentaire pour toi. C'est le même écart, en proportion, à tous les niveaux de salaire de la table ci-dessus : environ un cinquième de l'augmentation part en cotisations avant de devenir du net.
Ce que les accords signés pour 2026 contiennent réellement
Les 1 700 premiers accords de salaire signés entre fin 2025 et début 2026 dans le cadre des NAO prévoient une hausse moyenne de 1,6 %, d'après le billet de recherche de la Banque de France mis en ligne le 9 avril 2026. La moitié des accords d'entreprise restent sous 1,5 %. Les minima de branche, eux, montent en moyenne de 1 % sur un an.
La trajectoire compte autant que le chiffre : 3,3 % début 2024, 2 % début 2025, 1,6 % début 2026. Sur 2 000 € brut par mois, 1,6 % se situent entre les deux premières colonnes de la table ci-dessus : autour de 26 € de net en plus chaque mois.
Ce qui circule ailleurs est plus élevé, et l'écart tient à ce qu'on mesure. Un chiffre tiré d'accords déjà signés décrit ce qui a été accordé ; un chiffre tiré d'une enquête décrit des budgets annoncés par des entreprises interrogées, avant négociation. Les deux sont exacts et ne répondent pas à la même question.
Ce que la négociation obligatoire oblige réellement
L'article L2242-1 du Code du travail vise « les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives ». C'est la présence syndicale qui déclenche l'obligation, pas un effectif. Dans ces entreprises, l'employeur doit engager deux négociations : une sur la rémunération, « notamment les salaires effectifs, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée », et une sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie et des conditions de travail.
Aucun de ces deux textes n'impose un montant, un taux, ni même qu'une augmentation ait lieu. Ce qui est obligatoire est d'ouvrir la discussion, d'y venir avec des informations et d'y négocier loyalement. Une négociation peut se terminer sans accord : c'est une issue prévue, pas un dysfonctionnement.
Tous les combien ton employeur doit-il négocier
Le nom « négociation annuelle » décrit le régime qui s'applique faute d'accord. La loi d'ordre public, elle, dit « tous les quatre ans ».
| Situation dans ton entreprise | Ce sur quoi il doit négocier | À quelle fréquence |
|---|---|---|
| Le plancher d'ordre public, quel que soit l'accord en place | Rémunération et salaires effectifs ; égalité professionnelle et qualité de vie au travail | Au moins une fois tous les quatre ans |
| Aucun accord de méthode, ou accord non respecté | Rémunération, temps de travail et partage de la valeur ajoutée | Chaque année |
| Aucun accord de méthode, ou accord non respecté | Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, qualité de vie et conditions de travail | Chaque année |
| Entreprise d'au moins trois cents salariés, à défaut d'accord | Gestion des emplois et des parcours professionnels ; emploi et conditions de travail des salariés expérimentés | Tous les trois ans |
Plancher d'ordre public : article L2242-1 du Code du travail, en vigueur depuis le 31 mars 2022. Régime applicable à défaut d'accord : article L2242-13, en vigueur depuis le 26 octobre 2025, modifié par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025.
Si rien n'a été négocié chez toi depuis un an
C'est le seul levier que le texte donne, et il est précis. L'article L2242-13 prévoit qu'à défaut d'initiative de l'employeur depuis plus de douze mois, la négociation « s'engage obligatoirement à la demande d'une organisation syndicale représentative ». L'employeur transmet cette demande aux autres organisations sous huit jours, puis convoque les parties dans les quinze jours.
Tu ne peux pas déclencher cette demande toi-même : elle appartient à une organisation syndicale représentative de ton entreprise. En revanche, rien ne t'empêche de lui signaler que le délai est dépassé, et la date de la dernière négociation est une information qui se demande.
Lors de la première réunion, l'article L2242-14 impose de fixer le calendrier des réunions et de préciser les informations que l'employeur remettra aux délégués syndicaux, ainsi que la date de cette remise. Ces informations sont la matière de la négociation : sans elles, les représentants négocient à l'aveugle.
Et si la négociation se termine sans accord
C'est une issue prévue par le texte, et elle ne laisse pas la page blanche. L'article L2242-5 impose alors d'établir un procès-verbal de désaccord, qui consigne « en leur dernier état, les propositions respectives des parties et les mesures que l'employeur entend appliquer unilatéralement ».
Autrement dit : une négociation sans accord peut tout de même déboucher sur une augmentation, décidée seule par l'employeur et écrite noir sur blanc. Ce procès-verbal fait l'objet d'un dépôt. C'est le document qui dit ce qui a réellement été proposé de part et d'autre, et ce que tu vas recevoir : tes représentants du personnel en ont une copie.
Ce que risque un employeur qui n'ouvre rien
Ne pas convoquer les parties, ou ne pas respecter la périodicité, n'est pas une simple irrégularité administrative. L'article L2243-1 en fait un délit : se soustraire aux obligations de l'article L2242-1 « relatives à la convocation des parties à la négociation et à l'obligation périodique de négocier » est puni d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 3 750 €.
La sanction vise l'absence de négociation, jamais son résultat. Un employeur qui ouvre la discussion, remet les informations prévues et n'accorde rien reste dans les clous ; un employeur qui n'ouvre rien du tout, non.
Ton salaire n'est pas dans la grille ?
Entre ton brut exact et lis ton net, avant et après l'augmentation qu'on te propose. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.
Augmentation générale ou augmentation individuelle : ce n'est pas la même chose pour toi
Ce qui se négocie est une enveloppe. La façon dont elle se répartit ensuite change tout pour un salarié pris individuellement. Une augmentation générale s'applique à tous, souvent en pourcentage du salaire de base, et tombe sans que tu aies à la demander. Une augmentation individuelle est décidée cas par cas : une partie des salariés n'en reçoit aucune, et celle-là se demande.
Un même budget peut donc produire deux situations opposées sur ton bulletin. C'est la raison pour laquelle un taux annoncé au niveau de l'entreprise ne dit jamais ce que toi tu vas toucher, et pourquoi une négociation collective ne remplace pas une demande individuelle.
Aller plus loin
Ce que la négociation collective ne fait pas à ta place, et le plancher qu'elle ne peut pas franchir.