Qui a droit à l'AAH en 2026 ?
Quatre critères cumulatifs, et un seul les résume mal : le taux d'incapacité. Il décide de ton entrée dans le dispositif, jamais du montant. Un taux entre 50 % et 79 % donne exactement le même maximum qu'un taux de 80 %, soit 1 041,59 € par mois au 1er avril 2026. Et travailler ne ferme pas le droit : ton salaire n'entre qu'en partie dans le calcul.
Données vérifiées le à la source : service-public.gouv.fr, fiche F12242 « Allocation aux adultes handicapés (AAH) » et fiche F21615 « Peut-on travailler et percevoir l'AAH ? », cette dernière vérifiée le 1er juin 2026 par son éditeur. Base légale : articles L821-1 à L821-8 et R821-1 à R821-9 du code de la sécurité sociale pour les conditions d'attribution, D821-1 à D821-11 pour le taux d'incapacité, D821-9 pour les abattements sur les revenus d'activité, et annexe 2-4 du code de l'action sociale et des familles pour le guide-barème.
1 041,59 €
le maximum par mois au 1er avril 2026, IDENTIQUE dans les deux bandes de taux : la bande décide de l'entrée, pas de la somme
6 mois
pendant lesquels un salaire ne compte pas du tout : reprendre un travail ne ferme pas le droit
4 mois
le délai de réponse de la commission, et passé ce délai le silence vaut refus, jamais accord
Les quatre conditions, et elles sont cumulatives
Aucune ne se rattrape par une autre : il faut les quatre. La première est la seule qui se décide ailleurs que chez toi, et le plafond de ressources est celui d'une personne seule sans enfant.
| Le critère | Ce qu'il faut |
|---|---|
| Taux d'incapacité | 80 %, ou de 50 à 79 % avec restriction d'accès à l'emploi |
| Âge | 20 ans, ou 16 ans si tu n'es plus à charge |
| Résidence | En France, plus 3 mois si tu es étranger |
| Ressources | 12 499 € par an si tu vis seul sans enfant |
Trois précisions que la grille ne peut pas porter. Le taux est fixé par la commission départementale sur un guide-barème réglementaire, et il ne mesure pas une maladie mais ses conséquences fonctionnelles : deux personnes portant le même diagnostic peuvent obtenir deux taux différents. La restriction d'accès à l'emploi doit être substantielle ET durable, deux mots qui ont chacun une définition, dépliée plus bas. Et la durée de résidence de trois mois n'est PAS exigée si tu exerces une activité professionnelle, ce qui change tout pour un travailleur étranger qui vient d'être embauché.
Ce que ton salaire compte réellement
Après les 6 premiers mois, ton salaire entre dans le calcul de l'AAH, mais jamais en entier. Voilà la part qui compte, et celle qui échappe au calcul.
| Salaire mensuel | Ce qui compte | Ce qui échappe |
|---|---|---|
| 800 € | 255,96 € | 544,04 € |
| 1 200 € | 495,96 € | 704,04 € |
| 1 500 € | 675,96 € | 824,04 € |
| 2 000 € | 975,96 € | 1 024,04 € |
Colonnes calculées, jamais recopiées : 20 % de la part allant jusqu'à 560,11 € par mois, puis 60 % de la part au-delà. Ce seuil n'est pas un montant arbitraire : il vaut 30 % du SMIC mensuel brut, aujourd'hui 1 867,02 €. C'est la règle qu'il faut retenir, parce qu'elle reste vraie après la prochaine revalorisation quand le montant en euros, lui, deviendra faux sans que rien ne le signale.
Le calcul ligne à ligne, sur un salaire de 1 500 €
et pourquoi un exemple différent circule encore
Le mécanisme se refait à la main en deux opérations, et c'est volontairement le salaire de l'exemple officiel qui sert ici, pour que la comparaison soit possible ligne à ligne.
- la part allant jusqu'à 560,11 € est retenue à 20 %, soit 112,02 € ;
- le reste du salaire, 939,89 €, est retenu à 60 %, soit 563,93 € ;
- au total, ce salaire compte pour 675,96 € dans le calcul, et non pour 1 500 €. 824,04 € échappent au calcul.
C'est la raison arithmétique pour laquelle reprendre un travail augmente ton revenu total même quand ton AAH baisse : la baisse de l'allocation est toujours plus petite que le salaire gagné.
Un total différent circule pour ce même salaire, et il vaut d'être expliqué plutôt que passé sous silence. L'exemple publié à côté de la règle donne 681,53 €, soit 5,57 € de plus que ce que la règle produit. La cause se date : ce total suppose un seuil de tranche de 546,18 €, alors que le seuil en vigueur est de 560,11 €. Le seuil suit le SMIC et a été revalorisé ; l'exemple qui l'accompagnait ne l'a pas été. Les deux chiffres ont donc été vrais, à deux dates différentes, et c'est le second que ta caisse applique.
Un dernier terme rend le résultat moins prévisible qu'il n'y paraît : en milieu ordinaire, ton droit se recalcule sur ta déclaration trimestrielle de ressources, donc sur ce que tu as réellement perçu pendant le trimestre. Un mois à temps plein suivi de deux mois à mi-temps ne donne pas le même résultat que trois mois lissés au même total.
Situe ton salaire avant de déposer
Le plafond de ressources se compare à un revenu net, et ton contrat t'annonce un brut. Le convertisseur fait la bascule en une saisie, avec le détail des cotisations retenues, pour que tu saches où tu te situes avant d'engager un dossier.
Combien de temps le droit est accordé, et ce qui se passe en cas de refus
La bande de taux ne change pas le montant, elle change la durée pour laquelle le droit est accordé, et c'est la seule conséquence réelle de se situer d'un côté ou de l'autre.
- à partir de 80 % : de 1 à 10 ans, et à vie si le handicap ne peut pas évoluer favorablement ;
- de 50 % à 79 % : de 1 à 2 ans, ou de 1 à 5 ans si le handicap ne peut pas évoluer favorablement pendant cette période.
Quand le droit n'est pas accordé à vie, il ne se prolonge pas tout seul : une nouvelle demande se dépose avant la fin de la période, avec le même formulaire et les mêmes pièces que la demande initiale.
Deux délais valent d'être connus avant de déposer. La commission répond dans un délai de 4 mois, et son silence au-delà ne vaut pas accord : il vaut rejet. En cas de refus, un recours administratif préalable auprès de la maison départementale est obligatoire avant tout recours devant un tribunal ; il se dépose dans les 2 mois qui suivent la réception de la décision, la décision contestée jointe. Un silence de 2 mois sur ce recours vaut à nouveau rejet, et tu disposes alors de 2 mois pour saisir le tribunal judiciaire de ton lieu de résidence.
Aller plus loin
La restriction d'accès à l'emploi, ce qui se joue vraiment entre 50 et 79 %
les deux mots qui décident, et personne ne les définit
Dans la bande basse, ce n'est pas le taux qui décide, c'est la restriction substantielle et durable d'accès à un emploi. Les deux adjectifs ont chacun une définition, et les lire change la façon de constituer un dossier.
- substantielle : tes difficultés d'accès à un emploi sont importantes et ne peuvent pas être compensées par des mesures d'aménagement spécifique, un poste de travail adapté par exemple. Ce qui est évalué est donc l'insuffisance de l'aménagement, pas la seule difficulté ;
- durable : la restriction est d'une durée prévisible d'au moins un an à compter du dépôt de la demande. Le point de départ est le dépôt, pas le diagnostic.
C'est le critère le plus souvent en cause dans un refus de la bande basse, et c'est aussi celui sur lequel un recours a le plus de matière : il porte sur une appréciation, là où le taux porte sur un barème.
Il n'existe aucune liste de maladies ouvrant droit à l'AAH
ce que le guide-barème évalue à la place
C'est la recherche la plus fréquente sur ce sujet, et sa réponse est négative : aucun texte ne dresse la liste des maladies qui donneraient droit à l'AAH, et une telle liste ne peut pas exister dans la logique du dispositif.
Ce que la commission évalue n'est pas un diagnostic mais ses conséquences fonctionnelles : ce que tu peux faire seul, ce qui demande une aide, ce que ton état empêche durablement. L'outil de cette évaluation est un guide-barème réglementaire, annexé au code de l'action sociale et des familles, organisé par grandes fonctions plutôt que par pathologies.
La conséquence pratique est double, et elle vaut mieux qu'une liste : deux personnes portant la même maladie peuvent obtenir deux taux différents, et le même dossier gagne à décrire des situations concrètes du quotidien plutôt qu'à empiler des noms de pathologies.
Le calcul sur tes seules ressources depuis le 1er octobre 2023
automatique, et seulement s'il t'avantage
Depuis le 1er octobre 2023, le montant de l'AAH se calcule sur tes seules ressources, sans celles de la personne avec qui tu vis en couple. Deux précisions changent la portée de cette phrase.
La première joue en ta faveur : ce mode de calcul ne s'applique que s'il est plus avantageux pour toi. Si l'ancien calcul te donne davantage, il continue de s'appliquer, et c'est ta caisse qui compare les deux et retient le meilleur, sans démarche de ta part.
La seconde est un point de non-retour : dès que le calcul sur tes seules ressources devient le plus avantageux, la bascule est automatique et définitive. On ne revient pas à l'ancien calcul ensuite, même si la situation du foyer change à nouveau.
Quelles ressources comptent, et lesquelles ne comptent qu'à moitié
la grille complète des plafonds vit sur la page du montant
La condition de ressources se lit sur la ligne revenu net catégoriel de ton avis d'imposition : pour une demande faite en 2026, c'est l'avis de 2024. Tous les revenus n'y pèsent pas pareil, et l'écart est la mécanique la plus utile du dispositif.
- pris en compte partiellement : les traitements et salaires, les pensions, les rentes viagères à titre gratuit, la rémunération garantie versée en établissement d'aide par le travail, et les revenus des activités commerciales, artisanales, libérales ou agricoles ;
- pris en compte intégralement : les revenus fonciers, c'est-à-dire les loyers perçus pour un logement mis en location.
Autrement dit, un euro de salaire ne coûte pas un euro d'AAH, alors qu'un euro de loyer, si. Deux personnes qui déclarent le même revenu total ne reçoivent donc pas la même allocation, selon d'où vient ce revenu.
Pour une personne seule sans enfant à charge, le plafond est de 12 499 € de ressources annuelles. Les autres compositions de foyer, jusqu'à quatre enfants et pour une personne vivant en couple, sont publiées dans la grille des plafonds de la page du montant, qui en est la source de référence sur ce site.
Ce que l'AAH se cumule, et le seul cumul impossible
s'ajouter, réduire, ou s'exclure : trois régimes différents
Toutes les aides ne se comportent pas pareil à côté de l'AAH, et confondre les trois régimes fait renoncer à des droits.
- elles s'ajoutent : la prime d'activité, la majoration pour la vie autonome et la réduction sociale téléphonique ;
- elles réduisent l'AAH sans la supprimer : une pension d'invalidité, une pension de retraite, une rente d'accident du travail, ou le RSA. L'AAH vient alors compléter jusqu'au montant maximum, ce qui plafonne ton revenu total ;
- elle s'exclut avec l'allocation de solidarité spécifique. Le cumul est impossible, sauf si tu percevais déjà les deux au 31 décembre 2016, auquel cas tu continues à les percevoir tant que tu remplis les conditions, pendant dix ans au maximum.
La différence entre les deux premiers régimes est celle qui compte le plus quand on arbitre : une pension se retranche du maximum, donc ton revenu total reste plafonné, alors qu'un salaire n'entre qu'en partie dans le calcul, donc ton revenu total monte.
Tu envisages un temps partiel
Reprendre une activité en gardant l'AAH passe le plus souvent par un temps partiel, et la première question est ce que ça donne sur la fiche de paie. Le simulateur calcule le salaire correspondant à ta quotité, que tu pourras ensuite reporter dans la grille ci-dessus.
Questions fréquentes sur les conditions de l'AAH
Sources
- Service-public.gouv.fr, fiche F12242 « Allocation aux adultes handicapés (AAH) » : les quatre critères d'attribution, le taux d'incapacité et la restriction d'accès à l'emploi, l'âge, la résidence par nationalité, les ressources prises en compte et la déconjugalisation, le délai d'instruction, le recours préalable, la durée d'attribution par bande de taux, les prestations cumulables et la reconnaissance de travailleur handicapé engagée d'office (relevée le 21 août 2026).
- Service-public.gouv.fr, fiche F21615 « Peut-on travailler et percevoir l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ? » : les 6 premiers mois sans prise en compte des revenus, le seuil de tranche et les deux taux d'abattement en milieu ordinaire, et la déclaration trimestrielle de ressources. Fiche vérifiée le 1er juin 2026 par son éditeur, relevée le 21 août 2026.
- Code de la sécurité sociale, articles L821-1 à L821-8 et R821-1 à R821-9 (conditions d'attribution et cumul avec des revenus d'activité en milieu ordinaire), D821-1 à D821-11 (précisions sur le taux d'incapacité) et D821-9 (abattements).
- Code de l'action sociale et des familles, annexe 2-4 (guide-barème pour l'évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées) et article R241-33 (instruction de la demande).
Données indicatives basées sur les sources publiques. Ton droit réel dépend du taux fixé par la commission départementale et de l'ensemble de tes ressources : c'est elle qui ouvre le droit, et ta caisse d'allocations familiales ou ta mutualité sociale agricole qui arrête le montant.