En bref
Le lundi de Pentecôte 2026 est-il férié et travaillé ?
Le lundi de Pentecôte tombe le 25 mai 2026. Il reste un jour férié légal au sens de l'article L3133-1 du Code du travail, mais depuis la loi du 30 juin 2004 il peut être désigné comme journée de solidarité - c'est-à-dire un jour travaillé sans rémunération supplémentaire. Cette journée sert à financer l'autonomie des personnes âgées et handicapées via la contribution solidarité autonomie (CSA) versée par l'employeur à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).
Concrètement : si ton employeur a fixé la journée de solidarité au lundi de Pentecôte, tu travailles ce jour-là 7 heures en plus dans l'année (ou prorata si temps partiel), sans que ces heures apparaissent comme des heures supplémentaires ni comme des jours de congé consommés. La rémunération de ces 7 heures est déjà incluse dans ton salaire mensuel habituel - tu ne reçois rien en plus sur ta fiche de paie du mois.
Comment ton employeur fixe-t-il la journée de solidarité ?
Les modalités sont définies par les articles L3133-11 et L3133-12 du Code du travail, dans cet ordre de priorité :
- Accord d'entreprise ou d'établissement (priorité)
- Accord de branche (à défaut d'accord d'entreprise)
- Décision unilatérale de l'employeur après consultation du CSE (si aucun accord n'existe)
L'accord ou la décision peut retenir trois formats différents :
- Travailler un jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai - historiquement le lundi de Pentecôte, mais rien n'empêche de désigner l'Ascension, le 8 mai ou le 14 juillet
- Travailler un jour de RTT habituellement pris
- Toute autre modalité permettant d'accomplir 7 heures de travail supplémentaires dans l'année, par exemple en ajoutant une ou deux minutes par jour sur les plannings
Le choix du format n'est pas neutre financièrement. Si l'entreprise retient le lundi de Pentecôte, le coût pour le salarié est visible (un jour de week-end prolongé en moins). Si elle fractionne en quelques minutes par jour, le coût est dilué et passe souvent inaperçu.
Les 7 heures non payées : comment ça fonctionne vraiment
La règle de base : 7 heures pour un salarié à temps plein, soit la durée quotidienne moyenne. Ces heures ne sont ni rémunérées en plus, ni décomptées comme heures supplémentaires, ni imputées sur ton quota de heures supplémentaires annuelles.
Pour les salariés à temps partiel, le nombre d'heures est proratisé. Exemple pour un 24h/semaine (soit 68,5 % d'un 35h) : 7 × 0,685 = 4,80 heures, soit environ 4h48 à effectuer dans l'année.
Au-delà de 7 heures (ou du prorata), les heures supplémentaires sont bien rémunérées comme telles, avec les majorations habituelles (25 % pour les 8 premières au-delà de 35h, 50 % ensuite). Si ton employeur te fait travailler le lundi de Pentecôte mais que tu dépasses 7h dans la journée, les heures au-delà doivent apparaître en majoration sur ta fiche de paie.
Pour les salariés au forfait jours, la journée de solidarité est déjà intégrée au plafond légal de 218 jours - la loi de 2004 l'a relevé de 217 à 218 jours précisément pour cela, sans rémunération additionnelle. Voir le bulletin sur le forfait jours 2026 pour le détail du régime.
Ce que tu touches (ou pas) selon les formats
| Format retenu | Ce que tu fais | Impact sur la paie |
|---|---|---|
| Lundi de Pentecôte travaillé | Tu travailles ton jour férié habituellement chômé | Rien en plus - salaire mensuel normal |
| Autre jour férié travaillé | Tu travailles le 8 mai, l'Ascension, etc. | Rien en plus - salaire mensuel normal |
| Suppression d'un jour de RTT | Tu prends 1 RTT en moins dans l'année | Rien en plus mais 1 jour de repos perdu |
| Minutes ajoutées chaque jour | Quelques minutes supplémentaires par jour ouvré | Rien en plus - plannings allongés |
| Lundi de Pentecôte + heures sup | Tu dépasses 7h dans la journée | Heures au-delà de 7h en majoration |
| Salarié au forfait jours | Journée de solidarité comprise dans le forfait | Rien en plus - plafond légal de 218 jours, solidarité incluse |
Le cas particulier qui étonne beaucoup de salariés : si tu travailles un jour férié qui n'a pas été désigné comme journée de solidarité (ex : tu es de permanence le lundi de Pentecôte alors que l'entreprise a choisi un autre format), ta rémunération dépend de ta convention collective. Certaines prévoient une majoration (ex : hôtellerie-restauration, transport), d'autres non. Voir le bulletin sur le 8 mai payé double pour les règles générales.
Peux-tu refuser de travailler le lundi de Pentecôte ?
En principe non. Si l'accord ou la décision unilatérale de l'employeur désigne le lundi de Pentecôte comme journée de solidarité, tu es tenu de travailler ce jour-là comme n'importe quel jour ouvré. Un refus injustifié constitue une absence, avec les conséquences habituelles : retenue sur salaire proportionnelle aux heures non effectuées et, selon les cas, sanction disciplinaire.
Trois exceptions permettent de ne pas travailler sans sanction :
- Congé posé et validé avant la décision : si tu as posé tes vacances ou un congé sans solde avec l'accord de l'employeur avant qu'il fixe la journée de solidarité, ton congé prime
- Arrêt maladie ou accident du travail
- Alsace-Moselle : les salariés relevant du droit local ne peuvent pas être tenus de travailler le Vendredi saint ni le 26 décembre, mais le lundi de Pentecôte reste soumis aux règles nationales
Si tu es en désaccord avec le choix de l'employeur et que l'entreprise a un CSE, c'est via le CSE que tu peux faire remonter ta demande d'un autre format (minutes réparties, par exemple). L'employeur n'est pas obligé de modifier sa décision, mais le dialogue est prévu par la loi.
Journée de solidarité et salariés absents : les cas particuliers
Plusieurs situations méritent d'être anticipées si le 25 mai 2026 tombe pendant une période où tu n'es pas au travail.
Si tu es en congé payé ce jour-là : le jour compte comme un jour de congé normal. Tu n'as pas à effectuer la journée de solidarité à un autre moment - elle est considérée comme accomplie dans la mesure où tu étais présent aux effectifs.
Si tu es en arrêt maladie : pas de récupération exigible. Tu es considéré comme ayant effectué ta journée de solidarité si tu étais présent dans l'entreprise avant ou après l'arrêt.
Si tu arrives en cours d'année dans l'entreprise : l'employeur ne peut pas te demander d'effectuer les 7 heures si tu as déjà accompli une journée de solidarité dans une entreprise précédente la même année civile. Il te faut le justifier, par exemple avec un certificat de ton ex-employeur.
Si tu changes de temps de travail en cours d'année : le prorata suit. Tu effectues 7h tant que tu es à temps plein, puis le prorata pour la période à temps partiel (voir le bulletin passage temps partiel).
La contribution solidarité autonomie (CSA) employeur
En parallèle des 7 heures non payées, l'employeur verse une contribution de 0,30 % sur la totalité des rémunérations brutes versées aux salariés. Cette CSA alimente le budget de la CNSA, qui finance l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) et la PCH (prestation de compensation du handicap). Depuis 2013, une contribution additionnelle de 0,30 % sur les pensions de retraite et d'invalidité a été ajoutée - la CASA - payée directement par les retraités imposables.
Sur un salaire brut de 2 500 €/mois, la CSA employeur représente 7,50 €/mois soit 90 €/an par salarié. C'est un coût social pour l'entreprise, qui ne figure pas sur ta fiche de paie (les cotisations patronales sont séparées de tes cotisations salariales - détail dans le bulletin sur les charges sociales).
Le système a été créé après la canicule de 2003, qui avait causé environ 15 000 décès de personnes âgées isolées. Vingt ans après, il continue de rapporter environ 3 milliards d'euros par an à la CNSA - et reste contesté chaque année par les syndicats, notamment dans les secteurs à fort taux de travail dominical et férié.
Le pont du lundi de Pentecôte 2026 : le calendrier à connaître
Le 25 mai 2026 étant un lundi, il n'y a pas de pont possible : le dimanche 24 mai (Pentecôte) précède directement le jour férié. En revanche, l'Ascension tombe le jeudi 14 mai 2026, avec un vendredi 15 mai qui ouvre naturellement sur le week-end - c'est le pont de mai 2026 le plus probable (voir le bulletin Ascension pont 2026).
Pour le mois de mai 2026, le calendrier paie complet est détaillé dans le bulletin jours fériés mai 2026 : 1er mai férié et chômé légalement, 8 mai et Ascension selon convention collective, lundi de Pentecôte selon modalités de solidarité. À titre indicatif, seul le 1er mai reste obligatoirement chômé sans décote de salaire pour tous les salariés (art. L3133-4).
Si tu veux vérifier précisément l'impact de ton mois de mai sur ton net mensuel, le simulateur brut-net intègre les cotisations habituelles - y compris la CSA employeur, qui ne réduit pas ton net mais qui pèse sur le coût total de ton emploi pour l'entreprise (voir aussi l'outil coût employeur).