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Le Bulletin·26 avril 2026·9 min

Décoder les 15 lignes de cotisations de ta fiche de paie 2026

En bref

Sur ta fiche de paie 2026, les cotisations salariales prélèvent au total environ 22 % de ton brut en non-cadre et environ 25 % en cadre, réparties sur une quinzaine de lignes. Les 4 plus lourdes : CSG-CRDS (9,7 %), retraite de base sécurité sociale (7,30 %), retraite complémentaire AGIRC-ARRCO (3,15 % sur la tranche 1), et la mutuelle santé. L'assurance chômage et la maladie sont à 0 % côté salarié. Résultat : un brut de 2 500 € donne un net à payer d'environ 1 950 € avant impôt.

Vue d'ensemble : qui prélève quoi

Ta fiche de paie regroupe les cotisations par destination (l'organisme qui reçoit l'argent). Les taux sont fixés par décret ou par accord paritaire et changent généralement au 1er janvier de chaque année. Voici la répartition pour un brut de 2 500 € par mois en non-cadre en 2026.

CotisationTaux salariéMontant mensuel
CSG déductible6,80 %167 €
CSG non déductible2,40 %59 €
CRDS0,50 %12 €
Maladie, maternité, famille0 %0 €
Retraite sécu plafonnée6,90 %173 €
Retraite sécu déplafonnée0,40 %10 €
AGIRC-ARRCO tranche 13,15 %79 €
CEG tranche 1 (cotisation équilibre général)0,86 %22 €
Assurance chômage0 %0 €
Mutuelle santé (part salariale)~1 %~25 €
Total salarié~21,9 %~547 €

Lecture : sur 2 500 € brut, environ 547 € partent en cotisations, laissant un net à payer d'environ 1 950 € avant impôt sur le revenu. La CSG et la CRDS s'appliquent sur 98,25 % du brut (abattement de 1,75 % pour frais professionnels), d'où des montants légèrement inférieurs au calcul brut x taux.

Brut, net, net imposable, net à payer : 4 montants à ne pas confondre

La même fiche de paie affiche quatre montants différents, du plus haut au plus bas - sauf le net imposable, qui est supérieur au net perçu. C'est la confusion la plus fréquente.

MontantCalculExemple (brut 2 500 €)
Salaire brutAvant toute cotisation2 500 €
Net à payer avant impôtBrut moins cotisations salariales (~547 €)~1 953 €
Net imposableNet à payer + CSG-CRDS non déductibles (~71 €) + part patronale mutuelle (~25 €)~2 050 €
Net à payer (versé)Net avant impôt moins prélèvement à la source~1 850 €

Le net imposable est plus élevé que le net perçu parce qu'il réintègre la CSG et la CRDS non déductibles (2,90 % du brut) ainsi que la part patronale de ta mutuelle santé. C'est ce montant, pas ton net à payer, qui sert de base au calcul de l'impôt.

Le prélèvement à la source s'applique ensuite sur le net imposable, avec ton taux personnalisé transmis par l'administration fiscale. Pour un taux de 5 %, cela fait 2 050 x 5 % = environ 103 € retirés du net à payer. Ton salaire réellement versé sur le compte tombe alors à environ 1 850 €. Pour le détail de ce mécanisme, le guide net imposable vs net perçu reprend chaque étape.

La CSG-CRDS : 9,7 % qui financent tout

La Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) sont les deux plus importantes cotisations salariales en masse. Elles se décomposent ainsi :

  • CSG déductible de l'impôt sur le revenu : 6,80 %
  • CSG non déductible : 2,40 %
  • CRDS : 0,50 %
  • Total : 9,70 %

L'assiette est appliquée sur 98,25 % du brut (abattement de 1,75 % pour frais professionnels, dans la limite de 4 plafonds de la Sécurité sociale), d'où un prélèvement effectif légèrement inférieur à 9,7 % du brut total.

Destinations : la CSG finance principalement la Sécurité sociale (assurance maladie, famille, vieillesse) et une part de l'assurance chômage. La CRDS contribue à rembourser la dette de la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale), qui devrait être apurée d'ici 2033.

Sécurité sociale et retraite : les grosses cotisations

La Sécurité sociale se décompose en 5 branches : maladie, maternité, famille, vieillesse (retraite de base) et accidents du travail. Pour les salariés, seule la retraite de base génère une cotisation salariale en 2026.

La maladie, la maternité, la famille et les accidents du travail sont entièrement financés par la cotisation patronale (la part patronale d'assurance maladie va de 7 % à 13 % du brut selon le niveau de salaire). C'est l'une des spécificités du modèle français : la santé et la famille sont financées par l'entreprise, pas par le salarié.

La retraite de base de la Sécurité sociale se décompose en deux couches :

  • Retraite plafonnée : 6,90 % du brut jusqu'à 1 PASS (4 005 € par mois en 2026)
  • Retraite déplafonnée : 0,40 % du brut total, sans limite
  • Total : 7,30 % sur la tranche 1, 0,40 % au-delà

Ces cotisations alimentent l'Assurance retraite (ex-CNAV) et financent ta pension de base. Le nombre de trimestres validés dépend de tes revenus annuels : en 2026, il faut 1 803 € bruts pour valider un trimestre et 7 212 € bruts pour les 4 trimestres annuels.

Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : la même grille cadre et non-cadre

Depuis la fusion de 2019, AGIRC-ARRCO est le régime unique de retraite complémentaire. Il s'ajoute à la retraite de base et représente environ 30 % de la pension totale pour un cadre, 20 % pour un non-cadre.

Part salariale en 2026 (identique cadre et non-cadre) :

  • Tranche 1 (jusqu'à 1 PASS = 4 005 € par mois) : 3,15 % salarié, 4,72 % employeur
  • Tranche 2 (de 1 à 8 PASS = de 4 005 € à 32 040 € par mois) : 8,64 % salarié, 12,95 % employeur
  • CEG (cotisation d'équilibre général) : 0,86 % sur la tranche 1, 1,08 % sur la tranche 2 salarié
  • CET (cotisation d'équilibre technique) : 0,14 % salarié, uniquement pour les salaires supérieurs à 1 PASS

La grille de taux est strictement identique pour un cadre et un non-cadre : la fusion de 2019 a unifié le régime. L'écart sur la fiche de paie d'un cadre vient essentiellement de la cotisation APEC (0,024 % salarié) et, le cas échéant, d'une part salariale de prévoyance cadre - le socle obligatoire de 1,50 % sur la tranche A étant à la charge exclusive de l'employeur (ANI 2017). Ces lignes n'existent pas pour les non-cadres.

L'assurance chômage : 0 % côté salarié

Depuis le 1er octobre 2018, la cotisation chômage salariale a été supprimée intégralement. Tu ne cotises plus directement à l'Unédic.

L'assurance chômage est désormais financée par la CSG (via sa part activité) et par la cotisation patronale (4,05 % du brut). En clair, ton brut est prélevé de CSG, dont une partie alimente l'Unédic, mais cela n'apparaît pas comme une ligne dédiée.

Conséquence : ton salaire net a légèrement augmenté entre 2018 et 2019 (environ +2,4 % sur le brut) suite à la suppression de cette cotisation. En parallèle, la CSG a augmenté de 1,7 point pour compenser une partie du manque à gagner de l'Unédic.

Si tu perds ton emploi, tes droits à l'allocation chômage sont indépendants du fait que tu n'aies pas cotisé personnellement. La condition reste d'avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois.

Charges salariales contre charges patronales : le vrai coût d'un salaire

Ta fiche de paie affiche deux colonnes : la part salariale (déduite de ton net) et la part patronale (payée en plus par l'employeur). Les deux additionnées forment le coût total du travail, parfois appelé le super-brut.

Les charges patronales représentent environ 42 % du brut (contre 22 % côté salarié en non-cadre). Certaines lignes apparaissent uniquement en colonne patronale : elles pèsent sur ton coût employeur mais pas sur ton net.

  • FNAL (Fonds national d'aide au logement) : 0,10 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, 0,50 % au-delà
  • Taxe d'apprentissage : 0,68 % du brut dans le privé
  • Contribution à la formation professionnelle : 0,55 % dans les moins de 11 salariés, 1 % à partir de 11 salariés
  • Versement mobilité : 0 % à 2,95 % selon la commune (zone dense d'Île-de-France jusqu'à 2,95 %, hors agglomération 0 %)

Pour comprendre le coût total employeur de ton salaire, ces cotisations s'ajoutent aux cotisations patronales sociales. Le calcul approché : brut x 1,42 = coût employeur. Pour un brut de 2 500 €, cela représente environ 3 550 € de coût total pour l'entreprise, alors que tu touches environ 1 950 € net avant impôt. L'écart entre les deux, c'est tout le financement de la protection sociale française.

Mutuelle et prévoyance : les lignes variables

La mutuelle santé obligatoire (généralisée au 1er janvier 2016 par l'ANI de 2013) et la prévoyance varient considérablement selon l'entreprise et la convention collective.

Mutuelle santé :

  • Part patronale minimum : 50 % du coût
  • Part salariale typique : 15 € à 40 € par mois en formule isolée, 30 € à 80 € par mois en famille
  • Exonérée de cotisations sociales, mais la part patronale est réintégrée au net imposable

Prévoyance (incapacité, invalidité, décès) :

  • Cadres : prévoyance obligatoire de 1,50 % de la tranche A (jusqu'à 4 005 € par mois en 2026), soit environ 60 € par mois au plafond - un socle à la charge exclusive de l'employeur (ANI 2017), que certains contrats complètent par une part salariale
  • Non-cadres : prévoyance facultative selon la convention collective, généralement 0 % à 0,5 % du brut

Comment vérifier que tes cotisations sont correctes

Cinq vérifications rapides à faire chaque mois.

  1. Taux CSG-CRDS : 9,7 % calculés sur 98,25 % du brut. Un taux différent signale une erreur.
  2. Retraite sécu : 7,30 % (6,90 % plafonnée + 0,40 % déplafonnée) sur la tranche 1. Vérifie que la part plafonnée et la part déplafonnée apparaissent distinctement.
  3. AGIRC-ARRCO : 3,15 % salarié sur la tranche 1 (jusqu'à 4 005 €). Au-dessus, la tranche 2 passe à 8,64 %.
  4. Chômage : 0 % salarié depuis octobre 2018. Toute ligne non nulle est une erreur.
  5. Total salarié : environ 22 % en non-cadre, 25 % en cadre. Un écart important signale un bug, souvent une mutuelle ou une prévoyance mal calculée.

Pour simuler un bulletin théorique et le comparer au tien, le simulateur brut-net donne le calcul détaillé ligne par ligne. Pour approfondir chaque mécanisme, le guide comprendre sa fiche de paie reprend la structure complète.

SourcesINSEEDARES

Questions fréquentes

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Calcule chaque ligne de cotisation et ton net exact avec le simulateur.