En bref
Vue d'ensemble : qui prélève quoi
Ta fiche de paie regroupe les cotisations par destination (l'organisme qui reçoit l'argent). Les taux sont fixés par décret ou par accord paritaire et changent généralement au 1er janvier de chaque année. Les taux ci-dessous sont ceux publiés par l'Urssaf pour le secteur privé en 2026. Voici la répartition pour un brut de 2 500 € par mois en non-cadre.
| Cotisation | Taux salarié | Montant mensuel |
|---|---|---|
| CSG déductible | 6,80 % | 167 € |
| CSG non déductible | 2,40 % | 59 € |
| CRDS | 0,50 % | 12 € |
| Maladie, maternité, famille | 0 % | 0 € |
| Retraite sécu plafonnée | 6,90 % | 173 € |
| Retraite sécu déplafonnée | 0,40 % | 10 € |
| AGIRC-ARRCO tranche 1 | 3,15 % | 79 € |
| CEG tranche 1 | 0,86 % | 22 € |
| Assurance chômage | 0 % | 0 € |
| Mutuelle santé (part salariale) | ~1 % | ~25 € |
| Total salarié, mutuelle comprise | ~21,9 %, dont 20,84 % de cotisations | ~547 € |
Lecture : sur 2 500 € brut, environ 521 € partent en cotisations et 25 € de plus en part salariale de mutuelle, laissant un net à payer d'environ 1 953 € avant impôt sur le revenu. La CSG et la CRDS s'appliquent sur 98,25 % du brut (abattement de 1,75 % pour frais professionnels), d'où des montants légèrement inférieurs au calcul brut x taux. Cette base de calcul, c'est ce que ta fiche de paie appelle l'assiette : le montant sur lequel un taux s'applique, qui n'est pas toujours ton brut entier.
Ce tableau couvre le cas le plus courant. Selon ton statut et ton lieu de travail, ta fiche en compte quelques-unes de plus : CET (0,14 %) et APEC (0,024 %) si tu es cadre, une part salariale de prévoyance, une cotisation propre à ta convention collective, et une cotisation maladie supplémentaire de 1,30 % si tu travailles dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin ou la Moselle. D'où la quinzaine de lignes qu'affiche un bulletin standard.
Brut, net, net imposable, net à payer : 4 montants à ne pas confondre
La même fiche de paie affiche quatre montants différents, du plus haut au plus bas - sauf le net imposable, qui est supérieur au net perçu. C'est la confusion la plus fréquente.
| Montant | Calcul | Exemple (brut 2 500 €) |
|---|---|---|
| Salaire brut | Avant toute cotisation | 2 500 € |
| Net à payer avant impôt | Brut moins cotisations salariales (~521 €) | ~1 979 € |
| Net imposable | Net à payer + CSG-CRDS non déductibles (~71 €) + part patronale mutuelle (~25 €) | ~2 050 € |
| Net à payer (versé) | Net avant impôt moins prélèvement à la source | ~1 850 € |
Le net imposable est plus élevé que le net perçu parce qu'il réintègre la CSG et la CRDS non déductibles (2,90 % du brut) ainsi que la part patronale de ta mutuelle santé. C'est ce montant, pas ton net à payer, qui sert de base au calcul de l'impôt.
Le prélèvement à la source s'applique ensuite sur le net imposable, avec ton taux personnalisé transmis par l'administration fiscale. Pour un taux de 5 %, cela fait 2 050 x 5 % = environ 103 € retirés du net à payer. Ton salaire réellement versé sur le compte tombe alors à environ 1 850 €. Pour le détail de ce mécanisme, le guide net imposable vs net perçu reprend chaque étape.
La CSG-CRDS : 9,7 % qui financent tout
La Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) sont les deux plus importantes cotisations salariales en masse. Elles se décomposent ainsi :
- CSG déductible de l'impôt sur le revenu : 6,80 %
- CSG non déductible : 2,40 %
- CRDS : 0,50 %
- Total : 9,70 %
L'assiette est appliquée sur 98,25 % du brut (abattement de 1,75 % pour frais professionnels, dans la limite de 4 plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026), d'où un prélèvement effectif légèrement inférieur à 9,7 % du brut total.
Destinations : la CSG finance principalement la Sécurité sociale (assurance maladie, famille, vieillesse) et une part de l'assurance chômage. La CRDS contribue à rembourser la dette de la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale), qui devrait être apurée d'ici 2033.
Sécurité sociale et retraite : les grosses cotisations
La Sécurité sociale se décompose en 5 branches : maladie, maternité, famille, vieillesse (retraite de base) et accidents du travail. Pour les salariés, seule la retraite de base génère une cotisation salariale en 2026.
La maladie, la maternité, la famille et les accidents du travail sont entièrement financés par la cotisation patronale (la part patronale d'assurance maladie va de 7 % à 13 % du brut selon le niveau de salaire). C'est l'une des spécificités du modèle français : la santé et la famille sont financées par l'entreprise, pas par le salarié. Une exception territoriale : dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, le régime local ajoute une cotisation salariale maladie de 1,30 %, qui apparaît bien sur ta fiche.
La retraite de base de la Sécurité sociale se décompose en deux couches :
- Retraite plafonnée : 6,90 % du brut jusqu'au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026, soit 48 060 € sur l'année)
- Retraite déplafonnée : 0,40 % du brut total, sans limite
- Total : 7,30 % sur la tranche 1, 0,40 % au-delà
Ces cotisations alimentent l'Assurance retraite (ex-CNAV) et financent ta pension de base. Le nombre de trimestres validés dépend de tes revenus annuels : en 2026, il faut 1 803 € bruts pour valider un trimestre et 7 212 € bruts pour les 4 trimestres annuels.
Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : la même grille cadre et non-cadre
Depuis la fusion de 2019, AGIRC-ARRCO est le régime unique de retraite complémentaire. Il s'ajoute à la retraite de base et représente environ 30 % de la pension totale pour un cadre, 20 % pour un non-cadre.
Part salariale en 2026, d'après les taux appelés publiés par l'AGIRC-ARRCO (identiques cadre et non-cadre) :
- Tranche 1 (jusqu'au plafond mensuel, soit 4 005 € par mois) : 3,15 % salarié, 4,72 % employeur
- Tranche 2 (de 1 à 8 fois le plafond, soit de 4 005 € à 32 040 € par mois) : 8,64 % salarié, 12,95 % employeur
- CEG (cotisation d'équilibre général) : 0,86 % sur la tranche 1, 1,08 % sur la tranche 2 salarié
- CET (cotisation d'équilibre technique) : 0,14 % salarié, uniquement pour les salaires supérieurs au plafond
La grille de taux est strictement identique pour un cadre et un non-cadre : la fusion de 2019 a unifié le régime. L'écart sur la fiche de paie d'un cadre vient essentiellement de la cotisation APEC (0,024 % salarié) et, le cas échéant, d'une part salariale de prévoyance cadre - le socle obligatoire de 1,50 % sur la tranche A étant à la charge exclusive de l'employeur (ANI 2017). Ces lignes n'existent pas pour les non-cadres.
Un point contre-intuitif : au-dessus du plafond, ton taux de cotisation ne monte pas, il baisse légèrement. Sur la tranche 1, tu cotises 11,31 % pour ta retraite (7,30 % de retraite de base + 3,15 % d'AGIRC-ARRCO + 0,86 % de CEG). Sur la tranche 2, tu cotises 10,26 % (0,40 % de retraite déplafonnée + 8,64 % + 1,08 % de CEG + 0,14 % de CET), parce que la retraite de base plafonnée s'arrête au plafond. Autrement dit, l'écart entre un cadre et un non-cadre ne vient pas du barème retraite, mais des lignes propres au statut : APEC, prévoyance et mutuelle cadre.
L'assurance chômage : 0 % côté salarié
Depuis le 1er octobre 2018, la cotisation chômage salariale a été supprimée intégralement. Tu ne cotises plus directement à l'Unédic.
L'assurance chômage est désormais financée par la CSG (via sa part activité) et par la cotisation patronale, ramenée à 4,00 % du brut (dans la limite de 192 240 € en 2026). En clair, ton brut est prélevé de CSG, dont une partie alimente l'Unédic, mais cela n'apparaît pas comme une ligne dédiée.
Conséquence : la suppression s'est faite en deux étapes, une forte baisse en janvier 2018 puis la disparition totale au 1er octobre 2018. Au total, environ 2,4 % du brut sont revenus dans ton net. En parallèle, la CSG a augmenté de 1,7 point pour compenser une partie du manque à gagner de l'Unédic.
Si tu perds ton emploi, tes droits à l'allocation chômage sont indépendants du fait que tu n'aies pas cotisé personnellement. La condition reste d'avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois.
Charges salariales contre charges patronales : le vrai coût d'un salaire
Ta fiche de paie affiche deux colonnes : la part salariale (déduite de ton net) et la part patronale (payée en plus par l'employeur). Les deux additionnées forment le coût total du travail, parfois appelé le super-brut.
Les charges patronales représentent environ 42 % du brut (contre 20,84 % côté salarié). Certaines lignes apparaissent uniquement en colonne patronale : elles pèsent sur ton coût employeur mais pas sur ton net.
- FNAL (Fonds national d'aide au logement) : 0,10 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, 0,50 % au-delà
- Taxe d'apprentissage : 0,68 % du brut dans le privé (0,59 % de part principale et 0,09 % de solde ; 0,44 % en Alsace-Moselle)
- Contribution à la formation professionnelle : 0,55 % dans les moins de 11 salariés, 1 % à partir de 11 salariés
- Versement mobilité (entreprises d'au moins 11 salariés) : 0 % à 2,95 % selon la commune (zone dense d'Île-de-France jusqu'à 2,95 %, hors agglomération 0 %)
Pour comprendre le coût total employeur de ton salaire, ces cotisations s'ajoutent aux cotisations patronales sociales. Le calcul approché : brut x 1,42 = coût employeur. Pour un brut de 2 500 €, cela représente environ 3 550 € de coût total pour l'entreprise, alors que tu touches environ 1 979 € net avant impôt. L'écart entre les deux, c'est tout le financement de la protection sociale française.
Mutuelle et prévoyance : les lignes variables
La mutuelle santé obligatoire (généralisée au 1er janvier 2016 par l'ANI de 2013) et la prévoyance varient considérablement selon l'entreprise et la convention collective.
Mutuelle santé :
- Part patronale minimum : 50 % du coût
- Part salariale typique : 15 € à 40 € par mois en formule isolée, 30 € à 80 € par mois en famille
- Exonérée de cotisations sociales, mais la part patronale est réintégrée au net imposable
Prévoyance (incapacité, invalidité, décès) :
- Cadres : prévoyance obligatoire de 1,50 % de la tranche A (jusqu'à 4 005 € par mois en 2026), soit environ 60 € par mois au plafond - un socle à la charge exclusive de l'employeur (ANI 2017), que certains contrats complètent par une part salariale
- Non-cadres : prévoyance facultative selon la convention collective, généralement 0 % à 0,5 % du brut
Comment vérifier que tes cotisations sont correctes
Six vérifications rapides à faire chaque mois.
- Taux CSG-CRDS : 9,7 % calculés sur 98,25 % du brut. Un taux différent signale une erreur.
- Retraite sécu : 7,30 % (6,90 % plafonnée + 0,40 % déplafonnée) sur la tranche 1. Vérifie que la part plafonnée et la part déplafonnée apparaissent distinctement.
- AGIRC-ARRCO : 3,15 % salarié sur la tranche 1 (jusqu'à 4 005 €). Au-dessus, la tranche 2 passe à 8,64 %.
- Chômage : 0 % salarié depuis octobre 2018. Toute ligne non nulle est une erreur.
- Maladie : 0 % salarié, sauf en Alsace-Moselle où 1,30 % doit apparaître. Une cotisation maladie salariale ailleurs en France est une erreur.
- Total salarié : 20,84 % sous le plafond de la Sécurité sociale, 20,86 % si tu es cadre, et un taux marginal de 19,79 % au-dessus. Un écart important signale un bug, souvent une mutuelle ou une prévoyance mal calculée.
Pour simuler un bulletin théorique et le comparer au tien, le simulateur brut-net donne le calcul détaillé ligne par ligne. Pour approfondir chaque mécanisme, le guide comprendre sa fiche de paie reprend la structure complète.
Questions fréquentes
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Calcule chaque ligne de cotisation et ton net exact avec le simulateur.