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Le Bulletin·11 mai 2026·6 min

Gratification stage 2026 : 4,50 €/h, mais avec quels avantages

En bref

Depuis le 1er janvier 2026, la gratification minimale de stage est de 4,50 €/heure (contre 4,35 € en 2025), soit 682,52 €/mois pour un temps plein à 35 h. Ce n'est pas un salaire : le stagiaire n'a pas de contrat de travail. Elle devient obligatoire dès que le stage dépasse 2 mois de présence effective (44 jours à 7 heures, soit 308 heures) dans le même organisme, consécutifs ou non. Au minimum légal, elle est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu. La prime de fin de stage reste facultative, mais la prise en charge de 50 % du titre de transport et l'accès aux titres-restaurant sont des droits.

Le montant minimum légal en 2026

Une gratification n'est pas un salaire. Le stagiaire n'a pas de contrat de travail : il reste étudiant, lié à l'entreprise par une convention de stage tripartite signée avec son établissement. Ce que l'entreprise verse est une gratification, une contrepartie forfaitaire calculée par heure de présence effective. C'est pour ça qu'elle peut légalement rester très en dessous du SMIC sans que ce soit du travail sous-payé au sens du Code du travail.

Cette gratification minimale est revalorisée chaque 1er janvier, en lien avec le plafond horaire de la Sécurité sociale. Depuis le 1er janvier 2026, elle atteint 4,50 €/heure de stage, contre 4,35 € en 2025 (hausse de +3,4 %).

Ce montant correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (article D124-6 du Code de l'éducation), la valeur horaire de référence fixée chaque année par arrêté pour le calcul des cotisations (30 €/h en 2026).

C'est ce plafond, et non le SMIC, qui sert d'index : la gratification suit sa propre revalorisation, indépendante des hausses du SMIC.

Conversion sur différentes durées de travail :

Durée hebdomadaireGratification mensuelle minimum
35h/semaine (temps plein)682,52 €/mois (4,50 × 151,67h)
30h/semaine~585 €/mois
20h/semaine~390 €/mois
Forfait jours4,50 × 7h × jours travaillés

Le calcul se fait sur les heures effectivement travaillées dans le mois - pas une mensualisation fixe. Si tu travailles 20 jours au lieu de 21 dans un mois, la gratification est légèrement moindre.

Quand la gratification est obligatoire

L'article L124-6 du Code de l'éducation pose un seuil unique : la gratification est obligatoire dès que la durée du stage dépasse 2 mois de présence effective au sein d'un même organisme d'accueil, au cours d'une même année d'enseignement.

  • Ces 2 mois se comptent en heures de présence effective : 44 jours à 7 heures, soit 308 heures
  • Les périodes n'ont pas besoin d'être consécutives. Deux stages d'un mois et demi dans la même entreprise sur la même année d'enseignement s'additionnent et déclenchent l'obligation

Si ton stage dure 2 mois pile ou moins (stage d'observation), aucune gratification n'est due - l'entreprise peut néanmoins décider d'en verser une volontairement.

Pour les stages dépassant le seuil obligatoire, l'absence de gratification est une infraction. L'entreprise encourt une amende de 2 000 € par infraction (doublée à 4 000 € en cas de récidive).

Tu peux aussi saisir le conseil de prud'hommes pour réclamer les sommes dues : c'est la juridiction compétente pour les litiges entre un stagiaire et son organisme d'accueil.

Fiscalité : totalement exonéré jusqu'au plafond

La gratification minimale de stage bénéficie d'un régime fiscal très favorable.

Exonération de cotisations sociales sur la gratification jusqu'à 4,50 €/heure en 2026. Au-delà de ce plafond (si ton entreprise verse plus), l'excédent est soumis aux cotisations sociales classiques.

Exonération d'impôt sur le revenu : la gratification minimale est exonérée d'IR, dans la limite d'un SMIC annuel (environ 22 400 € bruts sur la base du taux en vigueur depuis le 1er juin 2026). En pratique, aucun stagiaire ne dépasse ce seuil.

Attention pour les étudiants rattachés fiscalement à leurs parents : la gratification n'est pas à déclarer en case 1AJ si elle reste sous le seuil du SMIC annuel. Au-delà, elle devient imposable et doit être déclarée.

Tant que la gratification reste au minimum légal, aucune cotisation n'est prélevée : le montant versé et ce que tu touches sont identiques. Il n'y a donc pas de brut et de net à distinguer, contrairement à une fiche de paie de salarié. C'est ce montant unique que tu déclares quand un organisme te demande tes ressources (APL, bourse sur critères sociaux).

Les avantages en plus : ce qui est dû, ce qui se négocie

Au-delà de la gratification minimum, plusieurs avantages s'ajoutent. Deux sont des droits (transport, accès aux titres-restaurant), les autres dépendent de la politique de l'entreprise.

1. Tickets restaurant

Ce n'est pas une faveur : l'article L124-13 du Code de l'éducation donne au stagiaire accès au restaurant d'entreprise ou aux titres-restaurant dans les mêmes conditions que les salariés. Si l'entreprise en distribue, tu y as droit. Part employeur de 50 à 60 % (exonérée jusqu'à 7,32 €), part salariée de 40 à 50 %. Avantage significatif : sur 20 tickets par mois à 10 € dont 6 € pris en charge, c'est 120 € gratuits de pouvoir d'achat.

2. Prise en charge des transports

L'entreprise doit obligatoirement prendre en charge 50 % du titre de transport du stagiaire pour ses trajets domicile-lieu de stage : l'article L124-13 du Code de l'éducation renvoie à l'article L3261-2 du Code du travail, exactement comme pour un salarié.

3. Mutuelle d'entreprise

Les stagiaires sont dispensés d'affiliation obligatoire à la mutuelle d'entreprise. Ils conservent leur couverture étudiante ou parentale, souvent plus avantageuse.

4. Prime exceptionnelle de fin de stage

Certaines entreprises versent une prime de fin de stage (100 à 1 000 €) en reconnaissance du travail accompli. Aucune obligation, mais une pratique fréquente dans les grands groupes et les cabinets de conseil.

5. Congés payés

Le stagiaire n'acquiert pas de congés payés au sens du Code du travail. En revanche, la convention de stage doit prévoir des modalités d'absence exceptionnelle (maladie, deuil, examens) négociées avec l'entreprise.

Stage et droits sociaux

Quatre droits méritent attention pendant et après le stage.

1. Sécurité sociale : le stagiaire reste affilié à son régime habituel (le régime général pour les étudiants, depuis la suppression du régime étudiant de sécurité sociale). L'entreprise n'a pas à créer d'affiliation spécifique.

2. Accidents du travail : l'entreprise doit déclarer les accidents survenus sur le lieu ou pendant un trajet lié au stage. Couverture par la caisse d'assurance maladie du stagiaire.

3. Retraite : le temps de stage gratifié peut compter pour la retraite si la gratification est suffisamment élevée. Règle 2026 : 1 803 € bruts par trimestre validé, soit 150 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année (pas celui revalorisé en juin). Pour un stage à 682,52 €/mois sur 6 mois, soit environ 4 095 €, tu peux valider 2 trimestres.

4. Chômage : le stage n'ouvre pas droit à l'allocation chômage à sa fin. Pour bénéficier de l'ARE, il faut un contrat de travail (CDD ou CDI) au préalable.

Stage à l'étranger : règles spécifiques

Si tu fais ton stage à l'étranger (mobilité Erasmus, stage dans une filiale internationale), les règles varient.

Dans l'Union européenne : les règles du pays d'accueil s'appliquent en principe. Certains pays ne prévoient aucune gratification obligatoire (l'Allemagne par exemple), d'autres ont des minima propres (environ 300 €/mois aux Pays-Bas).

Hors UE : seules les règles du pays d'accueil s'appliquent. Une gratification "à la française" (4,50 €/h) ne peut pas être exigée d'un employeur étranger.

Les programmes Erasmus+ prévoient une bourse de mobilité qui s'ajoute à une éventuelle gratification locale. Montant selon le pays et la durée : 200 à 600 €/mois en moyenne.

Comparaison stage / alternance / CDD court

Pour un étudiant qui hésite entre stage, alternance et CDD court, voici le tableau comparatif à rémunération équivalente.

StatutMontant versé en 2026 (exemple)CotisationsDroits sociaux
Stage 6 moisGratification 682,52 €/mois0 % (exonération)Limités, pas de chômage
Alternance apprentiVariable selon âge et année (voir simulateur apprenti)Réduites (~3-5 %)Retraite + chômage possible
CDD 6 mois (SMIC)1 867,02 €/mois~22 %Tous droits + prime précarité + chômage

Conclusion : le stage est rentable pour l'expérience mais pauvre financièrement. L'alternance offre un meilleur salaire et des droits étendus. Le CDD rémunère le mieux mais n'offre pas le cadre pédagogique.

Pour calculer précisément la rémunération d'un apprenti selon ton âge et ton année de cycle, le simulateur apprenti donne le brut et le net exacts. Pour comprendre la progression des métiers après le stage, les fiches salaires par métier décrivent les trajectoires salariales.

Questions fréquentes

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