Combien gagne un livreur de plateforme en 2026 ?
Depuis le 1er septembre 2026, le secteur garantit 19 € brut par heure d'activité. Après les 21,2 % de cotisations du régime micro, il reste 14,97 € par heure, avant assurance et frais de véhicule.
Cette heure-là est une heure d'activité, pas une heure de connexion : le temps d'attente entre deux commandes n'est pas compté.
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Le plancher, ce qu'il laisse, et le seuil qui compte
19 €
le minimum brut par heure d'activité, contre 11,75 € avant le 1er septembre 2026
14,97 €
ce qu'il en reste une fois les cotisations retenues
23 h
d'activité par semaine pour retrouver 1 478 €, le SMIC net mensuel
Ce que le minimum garanti laisse chaque mois
Au plancher du secteur, avant assurance et frais de véhicule
| Heures d'activité par semaine | Ce qu'il te reste | Brut garanti |
|---|---|---|
| 10 h | 649 € | 823 € |
| 20 h | 1 298 € | 1 647 € |
| 35 h | 2 271 € | 2 882 € |
Heures d'activité, jamais heures de connexion : l'attente entre deux commandes n'entre pas dans la garantie. Cotisations du régime micro au taux de la prestation de services (bic), 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé. Un mois vaut 4,33 semaines.
Du brut garanti à ce qui entre sur ton compte
Une heure d'activité, puis un mois à 20 heures par semaine
| Étape | Une heure | Un mois à 20 h |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires garanti par l'accord | 19 € | 1 647 € |
| Cotisations sociales, 21,2 % du chiffre d'affaires | -4,03 € | -349 € |
| Reste avant frais professionnels | 14,97 € | 1 298 € |
| Assurance responsabilité civile professionnelle | à déduire | à déduire |
| Véhicule : entretien, énergie, assurance, usure | à déduire | à déduire |
Les deux derniers postes ne sont pas chiffrés ici parce qu'ils dépendent du véhicule et ne font l'objet d'aucun barème publié. Sous le régime micro, ils ne se déduisent pas non plus du chiffre d'affaires : l'abattement est forfaitaire et les cotisations portent sur la totalité de ce qui est encaissé.
Ce qui a changé le 1er septembre 2026
Le minimum ne se compte plus par course mais par heure d'activité. Il passe de 11,75 € à 19 € brut, soit 62 % de plus. La hausse a été signée le 10 juillet 2026 par l'Association des plateformes d'indépendants, dont Uber Eats et Deliveroo sont membres, avec les syndicats Union-Indépendants et la FNAE, sous la forme d'un avenant à un accord de 2023 qui s'applique à tout le secteur (BFM Business, 10 juillet 2026, puis franceinfo le jour de l'entrée en vigueur).
Deux autres choses changent, et elles pèsent autant que le montant. La garantie s'apprécie désormais sur une semaine et non plus sur un mois, ce que l'autorité de régulation présente comme plus favorable au livreur : une semaine creuse ne se rattrape plus en fin de mois par une semaine chargée. Et les pourboires en sont exclus, alors que l'accord de 2023 les comptait dans la rémunération : ils s'ajoutent au minimum au lieu de servir à l'atteindre.
L'avenant porte enfin une clause de réexamen annuel, et un réexamen anticipé si l'inflation ou le pouvoir d'achat le justifient. De nouvelles négociations ont ouvert le 8 septembre 2026.
Pourquoi 19 € de l'heure ne font pas 19 € par heure connectée
La garantie porte sur le temps d'activité, tel que les plateformes l'estiment. Le temps passé connecté sans course, l'attente au restaurant et les kilomètres réellement parcourus n'y entrent pas : c'est précisément ce que le syndicat majoritaire des livreurs demande d'y faire entrer, en réclamant une rémunération dite horo-kilométrique.
La conséquence est arithmétique. Deux livreurs qui déclarent le même nombre d'heures connectées ne touchent pas la même chose : celui qui enchaîne les courses dans une zone dense accumule des heures d'activité, celui qui attend n'en accumule pas. Le plancher horaire ne corrige pas cet écart, il fixe seulement ce que vaut l'heure une fois qu'elle est travaillée.
L'autorité de régulation du secteur mesure la même chose de son côté, et elle le dit dans le titre de son graphique : son revenu horaire brut est calculé hors temps d'attente (analyse 2026 des indicateurs d'activité, ARPE, 24 avril 2026). Sur le panel qu'elle suit, ce revenu horaire brut en course s'étageait de 21,50 € à 35,40 € en 2025 (Le Parisien, 24 avril 2026) : le minimum de 19 € est donc un plancher posé juste sous le bas de la fourchette observée, pas un objectif.
Et l'attente que la garantie ne couvre pas ne diminue pas : sur l'ensemble des plateformes suivies, le temps d'attente avant proposition d'une nouvelle course a progressé de 4,3 % à 22,7 % sur la seule année 2025, et sa hausse cumulée depuis 2021 dépasse 200 % sur certaines d'entre elles. La durée moyenne d'une course s'allonge dans le même mouvement, de 0,9 % à 9,3 % en 2025. L'autorité assortit le chiffre d'attente d'une réserve qu'il faut garder en tête : il ne tient pas compte des livreurs connectés à plusieurs plateformes en même temps, qui comblent une partie de cette attente ailleurs.
Les cotisations d'un livreur en micro-entreprise
Un livreur de plateforme facture ses courses en son nom : la livraison est une prestation de services commerciale, donc il relève de la catégorie prestation de services (bic) du régime micro, au taux de 21,2 %. Ce n'est pas le taux d'une activité libérale, plus élevé, qui ne s'applique pas ici.
Le taux porte sur le chiffre d'affaires encaissé, jamais sur un bénéfice. Rien ne se déduit avant : ni le carburant, ni l'entretien du vélo, ni l'assurance. L'abattement forfaitaire du régime existe bien, mais il ne joue que du côté de l'impôt ; l'appliquer aux cotisations diviserait la retenue par trois. Sur 1 000 € encaissés, il reste donc 788 €.
La contribution à la formation professionnelle s'ajoute à ce taux, sur la même assiette, à un niveau qui dépend du secteur d'inscription et non de la catégorie de cotisation. Le barème complet des six catégories vit sur la page qui en est propriétaire : le régime de la micro-entreprise.
Les deux conditions auxquelles ce taux s'applique
Le texte qui fonde ce prélèvement, l'article L613-7 du Code de la sécurité sociale, ne pose pas le taux dans l'absolu. Il le réserve aux indépendants qui relèvent du régime micro, donc qui restent sous son plafond de chiffre d'affaires. Pour un coursier, cette condition ne mord pas : au minimum garanti, atteindre le plafond demanderait 85 heures d'activité par semaine, toute l'année.
La seconde condition, elle, change le calcul de beaucoup de livreurs. Le même article prévoit qu'un taux global différent soit fixé par décret pour les périodes où l'indépendant est éligible à une exonération de cotisations - ce qui est le cas d'un début d'activité. Un coursier dans cette situation retient donc moins que le taux publié ici, et ce qui lui reste est supérieur aux montants de cette page.
Le seuil à connaître
Au minimum garanti, il faut environ 23 heures d'activité par semaine pour qu'il reste 1 478 € après cotisations, soit le SMIC net mensuel. En dessous de ce volume, le revenu passe sous le SMIC net, et ce montant ne tient encore compte ni de l'assurance ni du véhicule.
La comparaison s'arrête là, et il faut le dire : un salarié au SMIC touche 1 478 € nets avec cinq semaines de congés payés, une couverture chômage, une retraite complémentaire et un arrêt maladie indemnisé. Un livreur indépendant qui atteint le même montant n'a aucun de ces quatre droits au même niveau, et un jour sans livrer est un jour sans revenu.
Sous le SMIC, un complément existe
La prime d'activité est ouverte aux travailleurs indépendants. Le simulateur part de ton revenu réel, pas d'un salaire.
Les montants de cette page sont ceux du plancher garanti par l'accord de secteur. Un livreur peut gagner davantage, et les revenus réels varient avec la zone, l'heure et le volume de commandes. Le taux de cotisations et le SMIC sont ceux que publie l'administration au 10 septembre 2026.