Infirmier : quelle spécialité paye le mieux ?
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À l'hôpital public, l'IADE, l'IPA, l'IBODE et la puéricultrice finissent au même sommet de grille : l'indice majoré 769, soit 3 785,62 € brut par mois de traitement, 3 005 € net pour un titulaire, hors primes. Ce qui sépare les quatre, c'est le point d'entrée (2 215,25 € pour l'IADE et l'IPA contre 2 102,03 € pour l'IBODE et la puéricultrice), le nombre d'années pour parcourir le premier grade, et les primes propres à chaque poste.
Ce que chaque spécialité paye à l'hôpital public
Traitement indiciaire mensuel d'un titulaire, hors primes et hors complément Ségur
| Spécialité | Fin de grille (brut par mois) | Net estimé en fin de grille | 1er échelon (brut par mois) |
|---|---|---|---|
| IADE (anesthésiste), 2e grade | 3 785,62 € | 3 005 € | 2 215,25 € |
| IPA (pratique avancée), classe supérieure | 3 785,62 € | 3 005 € | 2 215,25 € |
| IBODE (bloc opératoire), grade 3 | 3 785,62 € | 3 005 € | 2 102,03 € |
| Puéricultrice, grade 3 | 3 785,62 € | 3 005 € | 2 102,03 € |
| Infirmier en soins généraux, grade 1 | voir la fiche infirmier | voir la fiche infirmier | 1 944,50 € |
Brut : indice majoré multiplié par la valeur du point (4,92278 €). Net : après la retenue pour pension (11,10 %) et la CSG-CRDS (9,70 % sur 98,25 %), soit 20,6 % du traitement, avant impôt, arrondi à l'euro ; un contractuel cotise autrement. L'IADE et l'IPA ont le même échelonnement ; la puéricultrice et l'IBODE partagent les grades 2 et 3 du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés.
Pourquoi l'IADE gagne plus, si les quatre finissent au même indice
Le sommet est commun : indice majoré 769 pour le 2e grade IADE, pour la classe supérieure des IPA, et pour le grade 3 des infirmiers en soins généraux et spécialisés, où sont classés l'IBODE et la puéricultrice. L'écart se joue avant. Chaque échelon de chaque grade, sa durée et les conditions pour changer de grade se lisent sur la grille indiciaire de chaque grade infirmier.
- Le point d'entrée : l'IADE et l'IPA sont recrutés à l'indice 450, soit 2 215,25 € brut ; l'IBODE et la puéricultrice au 427, soit 2 102,03 €. À l'échelon suivant, les grilles se rejoignent : le 1er grade IADE reprend un à un les échelons 2 à 11 du grade 2.
- La durée du premier grade : 24.5 ans d'échelons pour atteindre le sommet du 1er grade IADE (indice 727, 3 578,86 €), contre 26 ans pour le grade 2 de l'IBODE et de la puéricultrice, qui compte un échelon de plus au départ.
- Le passage au grade supérieur : il ne se fait pas à l'ancienneté seule mais par inscription au tableau d'avancement, sur décision de l'établissement. C'est lui qui ouvre les échelons au-delà de l'indice 727, donc les 2 481 € de traitement annuel qui séparent les deux sommets.
- Les primes : elles ne se lisent pas sur la grille et changent le net réel plus que l'échelon. Le complément de traitement indiciaire Ségur est le seul dont le montant est le même pour tous : 49 points d'indice, soit 241,22 € brut et environ 191 € net par mois, pour un titulaire comme pour un contractuel (voir la prime Ségur). L'indemnité de sujétion spéciale, l'indemnité de nuit, le forfait des dimanches et jours fériés et, pour l'IADE, la prime spéciale à certains personnels infirmiers dépendent du poste et de l'établissement.
La base de tout cela reste l'infirmier en soins généraux, grade 1 du même corps, qui débute à l'indice 395 soit 1 944,50 € brut par mois, à peine au-dessus du SMIC (1 867,02 € brut). Sa grille complète et les médianes par employeur sont sur la fiche salaire de l'infirmier.
Comment ces montants sont calculés
Le traitement indiciaire brut d'un mois est l'indice majoré multiplié par la valeur du point, 4,92278 € depuis le 1er juillet 2023 (fiche F461 de service-public.gouv.fr : le calcul officiel part de la valeur annuelle de l'indice majoré 100, 5 907,34 €, puis mensualise). Au sommet, 769 x 4,92278 donne 3 785,62 € par mois, soit 45 427 € par an sur douze mois de traitement.
Le net retire au traitement les deux retenues d'un titulaire sans prime : la retenue pour pension, 11,10 % du traitement indiciaire (pension civile ou CNRACL, au même taux d'après la fiche F468 « Cotisations salariales du fonctionnaire »), et la CSG-CRDS, 9,70 % sur 98,25 % du brut, soit 20,6 % en tout. L'administration publie pour le complément de traitement indiciaire un couple brut-net, 237,65 € bruts pour 188,62 € nets au 1er janvier 2023, en précisant que ce complément est « soumis aux mêmes règles de cotisations que le traitement » : ces deux retenues le reproduisent au centime, et c'est ce qui les confirme. Les primes, elles, supportent la RAFP et la CSG-CRDS, pas la retenue pour pension. Un contractuel cotise à l'Ircantec et non à la CNRACL, et son net diffère.
Les indices bruts viennent des textes qui fixent l'échelonnement de chaque corps : le décret n° 2021-1261 du 29 septembre 2021 pour les infirmiers anesthésistes, dont le corps est créé par le décret n° 2017-984 du 10 mai 2017, et le décret n° 2021-1262 du 29 septembre 2021 pour les infirmiers en soins généraux et spécialisés, échelons provisoires compris. Le corps des auxiliaires médicaux exerçant en pratique avancée a le sien, le décret n° 2021-1259 du même jour, aux mêmes indices bruts que celui des anesthésistes. Un décret publie l'indice brut ; l'indice majoré qui sert au calcul en est la conversion par la table de correspondance de la fonction publique. Une grille ne bouge qu'avec un nouveau décret ou une revalorisation du point.
Ce que chaque spécialité demande avant de payer
Aucune de ces spécialités ne s'obtient sans repasser par l'école, et l'IADE est la plus longue : il faut être infirmier diplômé d'État avec au moins deux ans d'exercice, réussir un concours d'entrée, puis suivre deux ans d'études à temps plein, reconnues au grade de master. Pendant ces deux ans, le revenu baisse souvent. À la sortie, le corps des IADE a sa grille propre, recrutée à l'indice 450, un cran au-dessus des autres spécialités.
L'IBODE et la puéricultrice passent par une école spécialisée après le diplôme d'État et sont classés dans le grade 2 du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés, à l'indice 427. L'IBODE assiste le chirurgien au bloc avec des actes qui lui sont réservés ; la puéricultrice exerce en maternité, en néonatalogie, en crèche ou en protection maternelle et infantile. Même grille, deux métiers : à ce niveau, le choix se fait sur le domaine, pas sur le montant.
L'infirmier en pratique avancée relève d'un autre corps, celui des auxiliaires médicaux exerçant en pratique avancée, recruté à l'indice 450 comme l'IADE et avec les mêmes échelons jusqu'au 769. Il suit des patients chroniques en autonomie, renouvelle des traitements et prescrit certains examens : la grille ne le distingue pas de l'IADE, le métier oui.
Sur la grille, l'IADE ne finit pas plus haut que l'IPA, l'IBODE ou la puéricultrice : les quatre plafonnent à l'indice 769. Avec l'IPA, il démarre plus haut, atteint le sommet de son premier grade un peu plus vite, et touche une prime qui lui est propre. La spécialité la mieux payée est donc celle qui gagne le plus tôt, pas celle qui gagne le plus à la fin, et la formation qu'elle exige est la plus longue des quatre.
Ce qui change le montant, au-delà de la spécialité
- Le grade et l'échelon : deux IBODE de la même école peuvent être à 2 102 € et à 3 786 € par mois ; c'est l'échelon, et lui seul, qui dit lequel est lequel.
- Titulaire ou contractuel : même grille de référence, mais des cotisations différentes (Ircantec pour le contractuel), donc un net différent, et le complément Ségur versé sous forme de prime équivalente.
- Public ou privé : en clinique, le salaire suit une convention collective et se négocie ; en libéral, il se facture à l'acte. Les deux exercices sont comparés sur hôpital ou libéral, et l'intérim sur le vrai net de l'infirmier en intérim.
- Le temps partiel : le traitement suit la quotité. À 80 %, chaque montant de cette page se lit à 80 %, primes de nuit et de dimanche à part.