Architecte : gagne-t-on plus en libéral ou salarié en agence ?
Édité par Martin Geffrault le 18 juillet 2026
En agence, un architecte salarié débute autour de 28 000 à 34 000 € brut par an, congés payés et chômage compris, et progresse avec l'expérience. En libéral, il facture des honoraires (10 à 15 % du coût des travaux) mais assume local, assurances obligatoires et charges : le revenu est faible à l'installation, plus haut à terme. Comme partout, le chiffre d'affaires n'est pas le revenu.
28 000 - 34 000 € brut/an
le salaire d'un architecte en agence sur ses trois premières années, congés payés et chômage compris
en libéral, beaucoup ne dégagent que 1 500 à 2 000 € net/mois le temps de constituer une clientèle, avant un potentiel de 50 000 à 90 000 €/an à terme
L'architecte exerce des deux côtés d'une même frontière : salarié dans une agence d'architecture, ou libéral à son compte, dans son propre cabinet ou atelier. Le diplôme est le même (Bac+5 en architecture, puis HMONP pour exercer en libéral), le métier aussi, mais la rémunération suit deux logiques opposées : un salaire de cadre d'un côté, des honoraires à transformer en revenu de l'autre. Pour les grilles détaillées par expérience, spécialité et région, appuie-toi sur la fiche salaire complète de l'architecte ; ici, on tranche le choix entre l'agence et le libéral.
Le salariat en agence : un cadre, une convention, une progression
L'architecte salarié travaille dans une agence d'architecture, avec le statut de cadre. Sa rémunération est encadrée par la convention collective nationale des entreprises d'architecture (IDCC 2332), qui fixe des minima. Sur ses trois premières années, il gagne entre 28 000 et 34 000 € brut par an selon le poste, soit environ 1 800 à 2 200 € net par mois. Après trois ans, le salaire peut monter jusqu'à 42 000 € brut par an, puis progresser avec l'expérience.
Le salariat borne le revenu, mais il sécurise tout : congés payés, assurance chômage, cotisation retraite, et un salaire qui tombe même quand l'agence a moins de projets. Le passage de la HMONP et une spécialisation recherchée (coordination BIM, rénovation énergétique) accélèrent la progression. Certains architectes deviennent associés de leur agence : la rémunération dépasse alors souvent 70 000 € brut par an, avec une part variable liée aux résultats, sans porter seul le risque d'une installation.
Sources : convention collective nationale des entreprises d'architecture (IDCC 2332), Légifrance ; fourchettes de salaire en agence indicatives (les trois premières années et au-delà).
Le libéral : des honoraires, mais un cabinet à porter
En libéral, l'architecte est inscrit au tableau de l' Ordre des architectes et a validé la HMONP, condition obligatoire pour signer des permis de construire en son nom. Il ne touche pas de salaire : il facture des honoraires, généralement 10 à 15 % du coût HT des travaux pour une mission complète. Mais ce chiffre d'affaires n'est pas son revenu.
Avant de se payer, il assume ses charges : local ou atelier, cotisations sociales, logiciels de conception et de coordination BIM (coûteux), éventuels collaborateurs, et surtout des assurances professionnelles obligatoires : l'assurance décennale et la responsabilité civile professionnelle, sans lesquelles il ne peut pas exercer. À cela s'ajoute un développement de clientèle long : décrocher des projets prend du temps. Résultat : à l'installation, beaucoup d'architectes libéraux ne dégagent que 1 500 à 2 000 € net par mois. Ce n'est qu'après quelques années, avec une clientèle et une notoriété établies, que le revenu grimpe vers 50 000 à 90 000 € par an, davantage sur de gros projets.
Libéral ou salarié : où gagne-t-on vraiment plus ?
En début de carrière, le salariat en agence paie mieux et sans risque : 28 000 à 34 000 € brut par an tombent chaque mois, quand le libéral qui s'installe peine souvent à dépasser 1 500 à 2 000 € net. L'installation libérale est lente à rentabiliser, entre les assurances obligatoires, les charges fixes et le temps de constituer une clientèle. C'est la phase la plus difficile financièrement.
À terme, l'arbitrage s'inverse : un libéral installé avec une bonne notoriété ou un associé d'agence dépasse largement le salaire d'un architecte salarié classique. Le choix se joue donc sur trois facteurs : la tolérance au risque (revenu irrégulier, charges fixes, assurances), l'horizon de temps (le libéral paie surtout à terme) et l'appétit pour la gestion(un cabinet est une entreprise). Une voie intermédiaire existe : le portage salarial, qui permet de facturer des missions en gardant le statut salarié, pour tester l'indépendance sans porter tout de suite un cabinet.
Libéral vs salarié : le comparatif de rémunération de l'architecte
| Critère | Salarié en agence | Libéral |
|---|---|---|
| Mode de rémunération | salaire de cadre (convention IDCC 2332) | honoraires (10 à 15 % du coût HT des travaux) |
| Revenu de départ | 28 000 - 34 000 € brut/an (3 premières années) | souvent 1 500 - 2 000 € net/mois à l'installation |
| Revenu établi | jusqu'à 42 000 €/an, 70 000 €+ en associé | 50 000 - 90 000 €/an avec clientèle et notoriété |
| Charges et assurances | prises en charge par l'agence | local, décennale + RCP obligatoires, cotisations, BIM |
| Protection sociale | congés payés, chômage, retraite | ni congés payés, ni chômage ; revenu irrégulier |
| Plafond de revenu | borné par la convention (hors associé) | élevé à terme, très variable selon la clientèle |
Montants indicatifs. Salarié en agence : convention collective nationale des entreprises d'architecture (IDCC 2332), 28 000 à 34 000 € brut/an les trois premières années, jusqu'à 42 000 € ensuite, 70 000 €+ pour un associé. Libéral : honoraires de 10 à 15 % du coût HT des travaux, revenu net d'environ 1 500 à 2 000 €/mois à l'installation, 50 000 à 90 000 €/an à terme, après local, assurances décennale et RCP, cotisations et logiciels. Cf fiche salaire architecte.
En agence, tu sais ce que tu toucheras le mois prochain : 28 000 à 34 000 € brut par an pour débuter, congés et chômage compris, mais un plafond conventionné. En libéral, tes honoraires de 10 à 15 % du coût des travaux impressionnent, mais après le local, les assurances obligatoires et les charges, beaucoup ne se paient que 1 500 à 2 000 € net les premières années. Le libéral dépasse le salariat, mais seulement à terme, et au prix du risque.
Tester l'indépendance sans porter un cabinet
Passer directement du salariat à une agence en pleine propriété est risqué. Deux voies permettent d'avancer par étapes. Le portage salarial laisse facturer des missions tout en conservant le statut salarié (congés, chômage) : idéal pour mesurer si la clientèle suit avant de s'installer. Devenir associé d'une agence permet de viser plus de 70 000 € brut par an avec une part variable, sans supporter seul le coût et le risque d'une installation en nom propre. Deux compromis entre la sécurité du salariat et le potentiel du libéral.
Ce qu'il faut vérifier avant de choisir
- Le net, pas les honoraires : en libéral, raisonne après charges et assurances obligatoires, jamais sur le chiffre d'affaires facturé
- Le coût des assurances : la décennale et la responsabilité civile professionnelle sont obligatoires et pèsent dès le premier projet
- L'horizon de temps : le libéral paie surtout à terme ; prévois plusieurs années à revenu faible à l'installation
- La HMONP et l'Ordre : indispensables pour exercer en libéral et signer des permis en ton nom
- Les voies intermédiaires : portage salarial ou statut d'associé pour avancer sans porter seul le risque d'un cabinet
Les honoraires d'un architecte et un salaire ne se comparent pas directement
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Questions fréquentes : libéral ou salarié
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Données indicatives basées sur les sources publiques. Les revenus réels varient selon l'expérience, la spécialisation et la région en agence, et selon la clientèle, la notoriété et le volume de projets en libéral. Sources : convention collective nationale des entreprises d'architecture (IDCC 2332), Légifrance ; Ordre des architectes (inscription et HMONP obligatoires) ; barème d'honoraires usuel de 10 à 15 % du coût HT des travaux. Les fourchettes de revenu par statut sont indicatives et dépendent fortement de l'activité. Données vérifiées en juillet 2026.