Électricien : gagne-t-on plus salarié ou à son compte ?
Édité par Martin Geffrault le 17 juillet 2026
En salarié, un électricien gagne autour de 27 000 € brut par an (environ 1 755 € net par mois), un revenu stable qui vient avec congés payés, assurance chômage et mutuelle. À son compte, il facture 35 à 60 € de l'heure pour un chiffre d'affaires de 40 000 à 70 000 €, mais son revenu net réel n'est qu'une fraction de ce chiffre une fois les charges déduites. La vraie question n'est pas « combien gagne un électricien », c'est ce que tu abandonnes en échange du surplus quand tu passes salarié à patron.
40 000 à 70 000 €
le chiffre d'affaires annuel possible d'un électricien à son compte, à ne pas confondre avec son revenu
artisan seul, taux horaire 35 à 60 € HT ; le net réel se calcule après charges, cotisations et périodes creuses
L'électricien exerce le même métier des deux côtés d'une frontière : le salariat dans une entreprise du bâtiment ou de l'industrie, et l'installation à son compte comme artisan indépendant. Le geste technique est identique, mais l'économie est radicalement différente : un salaire encadré par une convention collective d'un côté, un chiffre d'affaires à transformer en revenu de l'autre. Pour les grilles détaillées par expérience, région et spécialisation, appuie-toi sur la fiche salaire complète de l'électricien ; ici, on tranche le choix entre le salariat et l'installation.
Salarié : un revenu stable encadré par la convention du bâtiment
En entreprise, l'électricien du bâtiment dépend de la convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 pour les entreprises jusqu'à 10 salariés, IDCC 1597 au-delà). Son salaire va de 22 000 € brut par an en début de carrière à 35 000 € brut pour un profil confirmé, avec une médiane autour de 27 000 € brut (soit environ 1 755 € net par mois). Tous ces montants sont au-dessus du SMIC (1 867,02 € brut par mois au 1er juin 2026).
Mais le salaire de base ne raconte qu'une partie de l'histoire. Dans le BTP, les indemnités de petits déplacements (trajet, transport, panier repas) ajoutent souvent 200 à 350 € nets par mois, non soumis à cotisations. S'y greffent les heures supplémentaires (le passage à 39 heures hebdomadaires est courant, avec 4 heures majorées à 25 %) et, surtout, un ensemble d'avantages invisibles sur la fiche de paie : congés payés, assurance chômage, mutuelle et prévoyance du bâtiment, formation continue. Le salarié échange un plafond de revenu limité contre une sécurité complète.
À son compte : le chiffre d'affaires n'est pas le revenu
C'est l'erreur la plus fréquente : confondre le chiffre d'affaires avec le revenu. Un électricien indépendant facture 35 à 60 € de l'heure hors taxes, pour un chiffre d'affaires de 40 000 à 70 000 € par an. Mais sur ce montant, il faut retirer, dans l'ordre :
- Les cotisations sociales : de l'ordre de 21 à 22 % du chiffre d'affaires en micro-entreprise (prestation de services), ou environ 45 % de la rémunération en société au régime des travailleurs indépendants.
- Le matériel et l'outillage : appareillage, consommables, renouvellement des équipements.
- Le véhicule : achat ou location, carburant, entretien, assurance professionnelle.
- L'assurance décennale, obligatoire pour tout travail du bâtiment, à laquelle s'ajoutent la responsabilité civile professionnelle et le comptable.
- Les périodes creuses : les devis non signés, la prospection et les journées sans chantier ne se facturent pas mais se vivent quand même.
Ce qui reste, c'est le revenu réel. Un artisan au carnet bien rempli dégage souvent 30 000 à 45 000 € net par an, davantage sur les spécialisations porteuses (photovoltaïque, bornes de recharge, domotique). Mais la première année, entre l'investissement de départ, le temps passé à se constituer une clientèle et les charges fixes, il n'est pas rare de gagner moins qu'un salarié.
Micro, entreprise individuelle ou société : le statut change le calcul
Le choix du statut n'est pas qu'administratif : il change ton revenu net. La micro-entreprise est simple mais ne déduit aucune charge réelle ; elle convient à un électricien qui démarre léger, sans local ni gros achats. L'entreprise individuelle au régime réel et la société (EURL, SASU) permettent de déduire matériel, véhicule et fournitures, et de piloter la rémunération. Dès que les fournitures et l'outillage pèsent lourd, le réel l'emporte presque toujours sur la micro. Un point ne change jamais : l'assurance décennale reste obligatoire quel que soit le statut.
Salarié vs à son compte : ce que tu gagnes, ce que tu abandonnes
| Critère | Électricien salarié | Électricien à son compte |
|---|---|---|
| Revenu | 22 000 à 35 000 € brut/an (≈ 1 755 € net/mois à la médiane) | 40 000 à 70 000 € de CA, net réel après charges |
| Plafond de revenu | limité par la grille et l'ancienneté | élevé, lié au carnet, au taux horaire et à la spécialisation |
| Sécurité du revenu | garanti chaque mois | variable, risque commercial et impayés |
| Compléments | indemnités de déplacement (200 à 350 € net), heures sup (+25 %) | aucun ; tout complément se facture au client |
| Charges à déduire | cotisations salariées prélevées sur le brut | cotisations (21-22 % micro / ≈ 45 % société), matériel, véhicule, décennale, comptable |
| Investissement de départ | aucun | outillage, véhicule, trésorerie, assurances |
| Couverture sociale | chômage, mutuelle, prévoyance bâtiment | régime indépendant, pas de chômage |
Tableau de synthèse décisionnel. Les revenus de l'artisan sont des ordres de grandeur après charges. Salaire salarié : convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 / 1597, Légifrance). SMIC 2026 : 1 867,02 € brut/mois. Taux de cotisations micro-entreprise 2026 (prestation de services BIC) : urssaf.fr. Assurance décennale obligatoire : Code des assurances. Cf fiche salaire électricien.
Le métier ne fixe pas le revenu d'un électricien : le carnet de commandes et la gestion le font. Un salarié sait exactement ce qu'il touchera le mois prochain, indemnités comprises. Un artisan a un plafond bien plus haut, mais il l'achète avec son outillage, sa décennale, sa trésorerie et le risque des mois creux. À son compte, on gagne souvent plus une fois le carnet plein, mais ce surplus n'est pas une prime au statut : c'est la rémunération d'un risque pris et d'un filet social auquel on renonce.
Quand l'installation devient vraiment rentable
Passer salarié à artisan a un sens financier quand trois conditions sont réunies : un carnet de commandes régulier (un bon réseau, une zone à forte demande, peu de concurrence proche), une maîtrise de la gestion (chiffrage des devis, marges, suivi de trésorerie) et une spécialisation qui se paie (photovoltaïque, bornes de recharge de véhicules électriques, domotique), moins sensible à la guerre des prix que l'installation classique.
Beaucoup d'artisans suivent le même chemin : plusieurs années comme salarié pour maîtriser le geste, accumuler les habilitations et se constituer un réseau, puis installation progressive, souvent en gardant d'abord un statut léger avant de basculer au régime réel ou en société quand l'activité le justifie. Le surplus de revenu de l'artisan n'est pas automatique : c'est la contrepartie d'un risque assumé et d'un temps de travail rarement compté.
Convention collective et décennale : les deux points à ne pas oublier
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Questions fréquentes : salarié ou à son compte
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Données indicatives basées sur les sources publiques. Le revenu réel d'un artisan dépend de son carnet de commandes, de sa spécialisation et de sa gestion ; les montants cités sont des ordres de grandeur après charges. Sources : convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 / 1597, Légifrance), SMIC au 1er juin 2026 (1 867,02 € brut/mois, urssaf.fr), taux de cotisations micro-entreprise 2026 pour une prestation de services (urssaf.fr), obligation d'assurance décennale (Code des assurances). Les fourchettes de taux horaire et de chiffre d'affaires sont issues de sources sectorielles et données à titre indicatif. Données vérifiées en juillet 2026.