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Le Bulletin·19 juillet 2026·9 min

Heures sup défiscalisées 2026 : plafond 7 500 €, tu l'as utilisé ?

En bref

En 2026, tes heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu jusqu'à 7 500 € de rémunération nette imposable par an (article 81 quater du CGI). S'y ajoute une réduction des cotisations salariales vieillesse de 11,31 %, elle sans plafond annuel. Attention : défiscalisé ne veut pas dire exonéré de tout, tes heures sup restent soumises à la CSG et à la CRDS.

Le plafond 7 500 € en pratique, c'est quoi ?

Depuis la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat, le plafond d'exonération d'impôt sur le revenu des heures supplémentaires et complémentaires est fixé à 7 500 € net imposable par an et par salarié. Il porte sur la rémunération de tes heures sup, majorations comprises, convertie en net imposable, et reste la limite applicable en 2026 (fiche service-public.fr sur l'imposition des heures supplémentaires).

Un point mérite d'être clarifié, parce que la confusion circule encore : le 25 octobre 2025, lors de l'examen du budget 2026, l'Assemblée nationale a bien voté la suppression pure et simple de ce plafond. Cette suppression n'a pas été retenue dans le texte final. La défiscalisation totale des heures sup n'existe pas : le curseur est toujours à 7 500 €.

Concrètement, tant que le total annuel de tes heures sup défiscalisées reste sous 7 500 € net, tu ne paies aucun impôt sur le revenu dessus. Au-delà, la fraction qui dépasse est réintégrée dans ton revenu imposable classique. Le plafond est individuel, non transférable, et se recalcule chaque année civile.

Ne confonds pas les deux avantages, ils obéissent à des règles différentes. L'exonération d'impôt sur le revenu est plafonnée à 7 500 € par an : c'est la partie défiscalisée. La réduction de cotisations salariales est un mécanisme distinct, sans plafond annuel en euros : c'est la partie désocialisée. Elle porte sur tes cotisations vieillesse et vaut 11,31 % du brut de l'heure sup, soit 7,3 % d'assurance vieillesse de base plus 4,01 % de retraite complémentaire (Bulletin officiel de la Sécurité sociale, exonérations heures supplémentaires). Elle s'applique dès la première heure sup, sur ta fiche de paie, sans démarche de ta part.

Désocialisé ne veut pas dire sans aucun prélèvement. La CSG et la CRDS restent dues sur tes heures sup : seules les cotisations d'assurance vieillesse sont réduites. Et cette CSG est intégralement non déductible de ton revenu imposable, précisément parce que la rémunération correspondante est exonérée d'impôt. C'est la contrepartie logique du dispositif, et elle passe souvent inaperçue.

Combien ça te rapporte vraiment selon ta tranche d'impôt

L'avantage fiscal dépend de ta tranche marginale d'imposition (TMI). Le barème IR 2026 sur les revenus 2025 compte cinq tranches après la LFI 2026 : 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %. Plus ta tranche est élevée, plus l'exonération pèse.

Revenu annuel imposableTMI 2026Gain fiscal sur 1 000 € net imposableGain sur 7 500 € pleins
Jusqu'à 11 600 €0 %0 € (déjà non imposable)0 €
11 601 à 29 579 €11 %110 €825 €
29 580 à 84 577 €30 %300 €2 250 €
84 578 à 181 917 €41 %410 €3 075 €
Au-delà de 181 917 €45 %450 €3 375 €

Une lecture utile : si tu es dans la tranche à 30 % (revenus entre 29 580 et 84 577 €, le cas d'une grande partie des cadres et non-cadres à temps plein), utiliser le plafond complet de 7 500 € te fait économiser 2 250 € d'impôt sur ton avis de l'année suivante. Ce n'est pas neutre.

Attention à ne pas mélanger les deux assiettes : la réduction de cotisations se calcule sur le brut de l'heure sup, l'exonération d'impôt sur le net imposable. Sur 1 000 € brut d'heures sup, la réduction te rend 113 € de cotisations, visible dès la fiche de paie. Le net imposable correspondant tourne autour de 810 €, ce qui t'économise 243 € d'impôt si tu es à 30 % de TMI. Les deux avantages se cumulent.

Heures sup, heures complémentaires, RTT : qui est éligible ?

Le périmètre de l'exonération est précis et parfois mal compris. Les règles de décompte et de majoration sont détaillées dans notre guide des heures supplémentaires. Côté fiscal, sont concernées :

  • Heures supplémentaires au-delà de la durée légale de 35 heures (ou de la durée conventionnelle si elle est inférieure), majorations comprises : 25 % pour les 8 premières heures de la semaine, 50 % au-delà, sauf taux différent prévu par accord (10 % au minimum).
  • Heures complémentaires pour les salariés à temps partiel, réalisées au-delà de la durée contractuelle. Le volume autorisé est de 10 % de la durée prévue au contrat, porté jusqu'au tiers seulement si un accord d'entreprise ou de branche le prévoit.
  • Rémunération des jours de RTT monétisés (rachetés par l'employeur avec ton accord). Ce dispositif n'est pas permanent : il a été prolongé d'un an et couvre les jours de repos acquis jusqu'au 31 décembre 2026 (Urssaf, rachat des JRTT).
  • Jours travaillés au-delà du forfait pour les cadres en forfait jours, dans la limite du nombre maximal de jours fixé par ton accord collectif. Ces jours ouvrent droit à une majoration d'au moins 10 %.

Ne sont pas concernées : les heures équivalentes non qualifiées d'heures sup (temps de déplacement, astreintes non décomptées comme du temps de travail effectif), les primes exceptionnelles non liées à des heures réellement effectuées, et les heures sup déjà compensées par un repos compensateur de remplacement.

Cas particulier des conventions collectives : certaines branches prévoient une durée de référence différente (32 h, 37 h selon accord). L'heure supplémentaire commence alors au-delà de cette durée, pas au-delà de 35 h. Vérifie ton IDCC et ton accord d'entreprise avant tout calcul.

Comment vérifier que ton employeur applique bien l'exonération

Le contrôle se fait en deux endroits : sur ta fiche de paie et sur ta déclaration de revenus.

Sur la fiche de paie, repère ces mentions :

  • Une ligne distincte "Heures supplémentaires" avec le volume horaire, le taux majoré et le brut correspondant.
  • Une ligne "Réduction cotisations salariales heures sup" ou "Déduction salariale HS/HC" en négatif (environ 11,31 % du brut des heures sup). Si elle est absente, l'exonération de cotisations n'est pas appliquée.
  • Une mention du montant cumulé annuel des heures sup défiscalisées, souvent dans le cumul bas de bulletin.

Sur la déclaration 2042 l'année suivante, ton employeur doit pré-remplir la case 1GH (ou 1HH pour le conjoint) avec le montant des heures sup exonérées. Cette case apparaît dans la rubrique "Traitements, salaires" et détaille le revenu sorti du revenu imposable. Si elle est vide ou erronée, demande un récapitulatif annuel à ton service paie avant de valider ta déclaration.

Le dépassement du plafond de 7 500 € est automatiquement géré par l'administration fiscale : la partie excédentaire est réintégrée dans la case 1AJ (salaires imposables). Pas de démarche à faire, mais une vérification s'impose si tu approches ou dépasses le plafond.

Trois cas concrets : le plafond utilisé, sous-utilisé, dépassé

Cas 1 - Plafond sous-utilisé. Marc, technicien non-cadre, 2 400 € brut par mois, réalise en moyenne 4 heures sup par semaine majorées à 25 %. Son taux horaire est d'environ 15,80 €, donc 19,75 € une fois majoré de 25 %. Sur les 47 semaines qu'il travaille réellement, ses heures sup brutes atteignent environ 3 700 € (4 x 47 x 19,75). Converties en net imposable, cela représente près de 3 000 €. Il reste à 4 500 € sous le plafond, il pourrait accepter davantage d'heures sans pénalité fiscale.

Cas 2 - Plafond optimisé. Sarah, cadre au forfait 218 jours, en travaille 233 sur l'année et rachète 15 jours au-delà du forfait à 400 € par jour. Cela représente 6 000 € brut, soit environ 4 900 € net imposable. En tranche à 30 %, elle économise 1 470 € d'impôt sur cette opération. Elle reste à 2 600 € sous le plafond, ce qui lui laisse une marge en cas de nouveau rachat en fin d'année.

Cas 3 - Plafond dépassé. Thomas, infirmier en clinique privée, enchaîne les remplacements et atteint 9 200 € d'heures sup net imposable sur l'année. Les 7 500 premiers sont exonérés, les 1 700 € au-delà sont imposés normalement dans sa tranche à 30 %, soit 510 € d'impôt supplémentaires. La réduction de cotisations salariales vieillesse, elle, reste acquise sur l'intégralité des heures effectuées : elle se calcule sur le brut et n'a pas de plafond annuel.

Pièges fréquents à éviter

Plusieurs erreurs reviennent régulièrement sur le traitement fiscal des heures sup.

Confondre brut et net imposable. Le plafond de 7 500 € s'applique au net imposable, pas au brut. Un brut de 7 500 € d'heures sup représente environ 6 100 € net imposable une fois les cotisations déduites, donc largement sous le plafond. Inversement, il faut à peu près 9 300 € brut pour atteindre 7 500 € net imposable. Les exemples officiels de service-public.fr retiennent le même ordre de grandeur : 10 000 € brut donnent environ 8 100 € net fiscal. Pour calculer ton net imposable exact, utilise notre simulateur brut-net.

Oublier les heures complémentaires à temps partiel. Les salariés à temps partiel bénéficient de la même exonération sur leurs heures complémentaires. Si tu es à 28 h hebdomadaires et que tu réalises régulièrement 30 ou 32 h, ces heures entrent dans le dispositif fiscal, à condition de rester dans le volume d'heures complémentaires autorisé : 10 % de ton contrat, ou le tiers si un accord le prévoit.

Négliger l'impact sur le revenu fiscal de référence. Les heures sup exonérées restent comptabilisées dans le revenu fiscal de référence (RFR). Un RFR plus élevé peut te faire perdre l'éligibilité à des aides calculées dessus : bourses étudiantes, chèque énergie, complémentaire santé solidaire, tarifs de cantine ou de crèche indexés sur les ressources. À anticiper si tu es proche d'un seuil.

Se croire protégé en cas de contrôle. L'exonération suppose que les heures sont bien des heures sup au sens du Code du travail (demande explicite de l'employeur ou accord écrit). Des heures "offertes" non demandées formellement ne sont pas éligibles et peuvent être requalifiées.

Ne pas vérifier la case 1GH. Une erreur de pré-remplissage (montant minoré ou oublié) te coûte directement de l'impôt, et la déclaration reste sous ta responsabilité même quand elle est pré-remplie. Garde un récapitulatif annuel de tes heures sup, compare-le avec la case 1GH avant de valider, et corrige la case toi-même si l'écart est là.

Que faire en fin d'année pour optimiser ?

Si tu approches du plafond sans l'avoir saturé et que ton employeur te propose des heures sup supplémentaires en fin d'année, la logique fiscale est claire : accepte tant que tu restes sous 7 500 € net imposable. Au-delà, arbitrage personnel selon ta tranche.

Si tu as des jours de RTT non pris, le rachat de jours par l'employeur est une piste, et elle a une date de péremption. Le dispositif couvre les jours de repos acquis jusqu'au 31 décembre 2026 : rien ne garantit qu'il sera reconduit une nouvelle fois. Si tu as des jours qui vont tomber, demande un point à ton service RH avant décembre plutôt qu'à la dernière semaine, le rachat suppose ton accord et celui de l'employeur.

Si tu envisages une négociation salariale, garde en tête que les heures sup défiscalisées sont un levier indirect : elles augmentent ton net sans toucher à ton salaire de base, donc sans engagement à long terme pour l'employeur. Utile dans les négociations bloquées sur le fixe, à condition que ton poste s'y prête.

Questions fréquentes

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