Développeur web : gagne-t-on plus en salarié ou en freelance ?
Édité par Martin Geffrault le 17 juillet 2026
En CDI, un développeur web gagne 35 000 à 57 000 € brut/an, soit environ 2 500 € net/mois en médiane, avec congés payés, chômage et protection sociale. En freelance, le TJM de 300 à 450 €/jour peut rapporter plus - mais seulement si les missions s'enchaînent, car ce tarif brut n'est pas ton revenu net.
300 à 450 €/jour
le TJM indicatif d'un développeur web freelance
mais ce tarif brut n'est pas ton revenu : charges, congés non payés et jours creux le rabotent d'un tiers ou plus - fourchette marché indicative
Le développeur web conçoit des sites et des applications, en front-end, back-end ou full-stack. Ce même métier se pratique sous deux statuts très différents : le salariat en CDI, encadré par la convention Syntec, et le freelance, où l'on facture ses missions à la journée. Le code est le même, la fiche de paie n'a plus rien à voir. Pour les grilles par stack, par ville et le détail du TJM, appuie-toi sur la fiche salaire complète du développeur web ; ici, on compare les deux statuts sans naïveté.
En salarié : un revenu stable et des filets de sécurité
En CDI, le développeur web relève de la convention collective Syntec (IDCC 1486) et perçoit un salaire fixe mensuel. La médiane se situe autour de 40 000 € brut/an (environ 2 500 € net/mois), dans une fourchette de 35 000 € pour un junior à 57 000 € pour un senior.
Ce que le salaire brut ne montre pas, c'est tout ce que l'employeur finance à côté : congés payés (cinq semaines), assurance chômage, mutuelle et prévoyance, cotisation retraite, formation. Le revenu est prévisible et protégé. Le levier d'augmentation le plus efficace reste le changement d'employeur (+15 à 20 % en moyenne), bien plus qu'une négociation interne. C'est un statut de stabilité, pas de plafond élevé.
En freelance : un TJM alléchant, mais le brut n'est pas le net
En freelance, le revenu dépend du tarif journalier moyen (TJM) et du nombre de jours réellement facturés. Sur les plateformes de mise en relation, le TJM d'un développeur web se situe autour de 300 à 450 €/jour pour un profil courant, et grimpe jusqu'à 650 € pour un senior spécialisé. Sur le papier, c'est bien plus qu'un CDI.
Sauf que le TJM est du chiffre d'affaires, pas du revenu net. Il faut en retirer, dans l'ordre :
- les cotisations sociales : environ 22 % du chiffre d'affaires en micro-entreprise, davantage en société (EURL, SASU) sur la rémunération versée
- les jours non facturés : congés, jours entre deux missions, prospection, administratif, formation, maladie - 200 jours facturés dans l'année est un plafond optimiste, 180 est plus réaliste
- les filets à reconstituer : pas de congés payés, pas de chômage, une retraite faible en micro-entreprise, mutuelle et prévoyance à ta charge
Concrètement, un TJM de 450 €/jour sur 200 jours facturés donne un chiffre d'affaires de 90 000 €, soit un revenu net réaliste de 45 000 à 60 000 € après charges et frais. À 300 €/jour et 180 jours, le chiffre d'affaires tombe à 54 000 €, et le net réel rejoint celui d'un CDI junior - une fois les filets de sécurité perdus.
Le portage salarial : le compromis entre les deux
Entre salariat et indépendance, le portage salarial permet de facturer des missions comme un freelance tout en restant salarié d'une société de portage. Tu conserves l'assurance chômage, les congés payés et la protection sociale, en échange de frais de gestion (souvent 8 à 10 % du chiffre d'affaires). C'est la voie la plus prudente pour tester l'indépendance sans couper le filet de sécurité.
Salarié ou freelance : où gagne-t-on vraiment plus ?
À revenu affiché comparable, les deux statuts ne se valent pas. Le freelance dépasse le salariat uniquement quand deux conditions sont réunies : un TJM élevé et un taux d'occupation soutenu sur toute l'année. Dès que l'une manque - missions plus rares, tarif tiré vers le bas - le chiffre d'affaires fond et le revenu net rejoint celui d'un poste stable.
L'écart réel ne se lit donc pas sur le tarif journalier, mais sur trois variables : la régularité des missions, le coût des protections que tu dois racheter (chômage, retraite, congés, prévoyance), et ton appétence au risque. Le salariat achète de la sécurité au prix d'un plafond plus bas ; le freelance vend ce risque contre un plafond plus haut. Pour tester sans trancher tout de suite, le portage salarial offre une porte intermédiaire.
Salarié vs freelance : le comparatif de rémunération
| Critère | Salarié (CDI, Syntec IDCC 1486) | Freelance (micro ou société) |
|---|---|---|
| Revenu | 35 000 - 57 000 € brut/an (≈ 2 500 € net/mois médian) | TJM 300 - 450 €/jour indicatif ; le CA n'est pas le net* |
| Congés payés | oui (cinq semaines) | non (jours non facturés) |
| Assurance chômage | oui | non (hors ATI marginale) |
| Protection sociale | mutuelle et prévoyance employeur | à sa charge |
| Retraite | cotisée par l'employeur | faible en micro-entreprise |
| Stabilité du revenu | fixe mensuel | dépend du taux d'occupation |
| Plafond de revenu | grille et augmentations | plus haut si TJM et occupation élevés |
* TJM (tarif journalier moyen) indicatif du marché, cohérent avec la fiche salaire développeur web Salerya (300 à 650 €/jour selon le stack et la séniorité). Le chiffre d'affaires freelance se lit avant cotisations sociales (environ 22 % en micro-entreprise, davantage en société), frais professionnels et jours non facturés. SMIC 2026 : 1 867,02 € brut/mois.
Le freelance peut payer plus qu'un CDI, à deux conditions : un TJM élevé et des missions qui s'enchaînent presque toute l'année. Sinon, une fois retirés les congés payés, le chômage et la retraite que le salariat finance pour toi, le net réel rejoint celui d'un poste stable, avec la volatilité en prime. Le salariat achète de la sécurité, le freelance vend du risque contre un plafond plus haut. Aucun statut n'est le bon dans l'absolu : tout dépend de ton appétence au risque et de ton taux d'occupation réel.
Ce qu'il faut calculer avant de te lancer
- Ton taux d'occupation réel : combien de jours tu factureras vraiment dans l'année, honnêtement (180 est plus prudent que 220)
- Le coût des filets perdus : congés, chômage, retraite et mutuelle représentent facilement 10 000 à 15 000 € par an à reconstituer
- Ton statut juridique : la micro-entreprise pour tester, une société (EURL ou SASU) au-delà d'un certain chiffre d'affaires
- L'option portage : si tu veux l'indépendance sans perdre le filet de sécurité du salariat
Le TJM n'est pas ton salaire
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Questions fréquentes : salarié ou freelance
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Entre ton brut, on te donne ton net après cotisations et impôt
Données indicatives basées sur les sources publiques et sur la fiche salaire développeur web de Salerya. Les revenus réels varient selon le stack, la séniorité, la région, le taux d'occupation et le statut juridique. Sources : convention collective Syntec (IDCC 1486) pour le salariat, règles de cotisations des travailleurs indépendants (URSSAF) pour le freelance, données de rémunération des métiers du numérique (INSEE, DARES). Le TJM freelance et le revenu net associé sont donnés à titre indicatif, faute de barème public officiel. Données vérifiées en juillet 2026.