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Rétrocession d'honoraires d'avocat : combien et comment es-tu payé en 2026 ?

À Paris, un collaborateur libéral à temps plein ne peut pas être payé moins de 3 700 € HT par mois en 1re année et 4 100 € à partir de la 2e : c'est le minimum arrêté par le Conseil de l'Ordre, en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Le tarif UJA, recommandé et non obligatoire, est à 4 440 €. Hors Paris, chaque barreau arrête son propre minimum : de 1 500 € à Tarbes à 3 150 € à Lyon, et la plupart des grands barreaux entre 2 300 € et 2 800 €. Ces montants sont hors taxes : la TVA que tu factures en plus n'est pas un revenu, et l'URSSAF puis la CNBF se servent ensuite.

Mis à jour le

1 500 €

minimum ordinal le plus bas de la grille : Tarbes, 1re année

3 700 €

minimum de l'Ordre de Paris, temps plein, 1re année

4 440 €

tarif UJA de Paris, 1re année : 20 % au-dessus du minimum

Minimum de rétrocession de l'Ordre de Paris en 2026, par temps consacré au cabinet

Montants hors taxes par mois. La colonne 1re année vaut pour ta première année de collaboration ; la seconde dès la deuxième, sans limite.

Minimum de rétrocession de l'Ordre de Paris en 2026, par temps consacré au cabinet
Temps consacré au cabinet1re année2e année et plus
Temps plein3 700 €4 100 €
4/5e de temps3 000 €3 300 €
3/5e de temps2 600 €2 900 €
Mi-temps2 200 €2 400 €
2/5e de temps1 800 €1 900 €
1 journée par semaine900 €1 000 €

Montants arrêtés par le Conseil de l'Ordre et publiés sur la page « Le montant de rétrocession minimal arrêté par l'Ordre des avocats de Paris » (mise à jour du 17 avril 2026). Ils suivent le plafond de la Sécurité sociale, relevé de 2 % au 1er janvier 2026 (4 005 € par mois) : l'Ordre écrit que « ces nouveaux montants s'appliquent automatiquement depuis le 1er janvier à tous les contrats de collaboration en cours sans qu'il soit nécessaire de conclure des avenants ». Le « Tarif UJA 2026 » voté par l'Union des Jeunes Avocats de Paris le 23 janvier 2026, temps plein, est de 4 440 € HT en 1re année et 4 870 € en 2e année, sans tarif prévu à partir de la 3e : une recommandation, pas un plancher opposable.

Minimum de rétrocession barreau par barreau en 2026

Temps plein, hors taxes par mois. 37 barreaux : tous ceux de 320 avocats et plus, plus Tarbes, Guyane et Nîmes. Cherche ta ligne : c'est le barreau où tu es inscrit qui compte.

Minimum de rétrocession barreau par barreau en 2026
Barreau1re année2e annéeAvocats inscrits
Aix-en-Provence2 400 €2 600 €800
Angers2 300 €2 400 €400
Avignon2 100 €2 300 €330
Bayonne2 250 €2 250 €380
Bordeaux2 600 €2 800 €2 300
Caen2 600 €2 800 €420
Clermont-Ferrand2 500 €2 650 €470
Dijon2 500 €2 700 €400
Draguignan2 400 €2 600 €350
Essonne2 700 €3 000 €370
Grasse2 100 €2 300 €600
Grenoble2 700 €2 800 €580
Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy2 300 €2 300 €320
Guyane3 000 €3 200 €80
Hauts-de-Seine2 800 €3 000 €2 370
Lille2 600 €2 800 €1 300
Lyon3 150 €3 300 €4 300
Marseille2 200 €2 300 €2 800
Metz2 500 €2 500 €330
Montpellier2 300 €2 500 €1 200
Nancy2 300 €2 300 €360
Nantes (données 2023)2 500 €2 700 €1 260
Nice2 300 €2 500 €1 120
Nîmes1 800 €2 100 €290
Paris3 700 €4 100 €28 000
Pyrénées-Orientales2 000 €2 200 €330
Rennes2 700 €2 900 €1 000
Rouen2 500 €2 700 €520
Saint-Étienne2 250 €2 450 €350
Seine-Saint-Denis2 800 €2 900 €630
Strasbourg2 650 €2 800 €1 200
Tarbes1 500 €1 600 €80
Toulon1 900 €2 000 €500
Toulouse2 500 €2 700 €1 760
Val-d'Oise2 700 €2 900 €490
Val-de-Marne2 600 €2 800 €580
Versailles2 600 €2 900 €760

Minimums ordinaux relevés par la FNUJA dans son « Tour de France des rétrocessions d'honoraires des avocats collaborateurs libéraux en 2025-2026 » (publié le 14 avril 2026, données mises à jour le 12 mars 2026 sauf mention contraire dans la ligne). La table complète de la FNUJA porte une centaine de barreaux, les mi-temps et les prorata quand un barreau les publie : si le tien n'est pas ici, il y est. Cinq barreaux ont en plus un tarif UJA local, temps plein, 1re puis 2e année : Paris 4 440 € puis 4 870 €, Val-de-Marne 3 513 € puis 3 704 €, Lyon 3 150 € puis 3 300 €, Marseille 2 400 € puis 2 600 €, Nîmes 2 000 € puis 2 200 €. Ailleurs, il n'y a pas de tarif UJA : le minimum ordinal est le seul plancher.

D'où vient le minimum, et ce qu'il couvre

La rétrocession d'honoraires est ce que le cabinet te verse en tant que collaborateur libéral. L'article 14.1 du Règlement intérieur national de la profession d'avocat (RIN) définit la collaboration libérale comme un mode d'exercice « exclusif de tout lien de subordination » : tu n'es pas salarié, tu factures le cabinet, hors taxes, et tu déclares ce revenu en bénéfices non commerciaux. L'article 14.3 précise que la rétrocession « peut être fixe ou pour partie fixe et pour partie variable » : une part variable sur les dossiers que tu apportes ou que tu traites se négocie, elle ne remplace jamais le fixe minimum.

Le minimum n'est pas national : chaque conseil de l'Ordre arrête le sien, et c'est pour ça que la grille ci-dessus va du simple au double. À Paris, il est indexé sur le plafond de la Sécurité sociale et s'applique de plein droit aux contrats en cours, y compris à temps partiel : la table de l'Ordre descend jusqu'à une journée par semaine. Quel que soit ton temps de présence, l'Ordre rappelle que tu gardes « la possibilité de développer ta clientèle personnelle à tout moment ». Le tarif UJA est autre chose : l'Union des Jeunes Avocats de Paris le calcule chaque année à partir des charges professionnelles et du coût de la vie d'un jeune collaborateur parisien (loyer, transports, mutuelle, cotisations sociales et ordinales, impôt), et le publie comme « le minimum objectif en-dessous duquel accepter une collaboration libérale à Paris revient à se mettre en danger économiquement sur les premières années d'exercice ». Il est 20 % au-dessus du minimum ordinal en 1re année, et beaucoup de cabinets d'affaires le dépassent largement : les écarts réels par domaine sont sur les spécialisations d'avocat les mieux payées.

Ce qui est prélevé sur 3 700 € HT par mois : la part URSSAF, puis la CNBF

Un temps plein au minimum de Paris en 1re année, soit 44 400 € par an, sans frais professionnels déduits. Régime 2026, après la réforme de l'assiette des indépendants.

Ce qui est prélevé sur 3 700 € HT par mois : la part URSSAF, puis la CNBF
PrélèvementTaux 2026Sur ta rétrocession
Assiette sociale (rétrocession abattue de 26 %)74 % de 44 400 €32 856 €
CSG-CRDS9,7 %3 187 €
Allocations familiales (profession réglementée)3,1 %1 019 €
Formation professionnelle0,25 % du PASS120 €
Maladie-maternitéprogressif de 4,0 % à 6,5 % entre 60 % et 110 % du PASSselon ta position dans la tranche
Retraite de base et complémentaire, invalidité-décèsCNBF, par classe et ancienneténon chiffré ici

Assiette et barème : « Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales » (urssaf.fr) : depuis la régularisation des revenus 2025, en 2026, toutes les cotisations et la CSG-CRDS des indépendants, professions libérales réglementées comprises, se calculent sur le revenu abattu de 26 %, et le barème maladie est le même pour tous les indépendants. Allocations familiales et formation : « Quelles sont vos cotisations en tant qu'indépendant ? » (urssaf.fr) : « si vous exercez une profession libérale réglementée, le taux de votre cotisation d'allocations familiales est fixé à 3,10 % sur la totalité de votre revenu professionnel » ; la contribution à la formation professionnelle est « de 0,25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale », soit 120 € en 2026 quel que soit ton revenu. La cotisation maladie est progressive à l'intérieur de sa tranche : l'URSSAF en publie les bornes, pas la formule, donc aucun montant n'est affiché. Les cotisations de retraite (de base et complémentaire) et d'invalidité-décès se versent à la Caisse nationale des barreaux français, par classe et par ancienneté : elles ne sont pas chiffrées ici, et un « net » qui les oublierait serait faux dans le sens qui rassure.

Trois choses à savoir avant de te dire que 3 700 € font 3 700 €. La TVA que tu ajoutes sur ta facture n'est pas à toi : tu la reverses. Les deux premières années, l'URSSAF ne connaît pas ton revenu et appelle des cotisations provisionnelles sur une base forfaitaire, régularisées quand ta déclaration arrive : la troisième année cumule la régularisation et l'année en cours, c'est là que la trésorerie casse. Et l'impôt sur le revenu se calcule ensuite sur le bénéfice, pas sur la rétrocession. Pour un net au centime, l'ANAFAGC, l'association de gestion agréée que la FNUJA recommande, met en ligne un simulateur de cotisations sociales des avocats par année d'activité, et l'URSSAF propose son propre simulateur de revenus pour les avocats sur mon-entreprise.urssaf.fr.

Collaborateur libéral ou avocat salarié : ce qui change sur la fiche de paie

Le minimum de l'Ordre et le tarif UJA ne concernent que la collaboration libérale, le mode d'exercice de la grande majorité des jeunes avocats. L'avocat salarié existe aussi : il signe un contrat de travail avec un cabinet, relève de la convention collective des avocats salariés, reçoit un bulletin de paie sur lequel les cotisations sont retenues à la source, et le cabinet paie sa part patronale. Son brut ne se compare donc pas à une rétrocession HT : il se compare à un salaire, et le simulateur brut en net lui donne son net avant impôt. Le collaborateur libéral, lui, encaisse la totalité de sa facture et paie lui-même l'URSSAF et la CNBF, sans part patronale pour l'aider : à montant affiché égal, le libéral garde moins, et c'est ce que le tarif UJA cherche à compenser.