Évolution des salaires en France en 2026
Après deux années de forte inflation qui ont grignoté le pouvoir d’achat, 2026 marque un tournant. L’inflation retombe sous les 2 %, les augmentations tiennent bon autour de 3 %, et le pouvoir d’achat progresse enfin. Voici le bilan complet des évolutions salariales en France, secteur par secteur, avec les données clés et les tendances qui façonnent le marché de l’emploi.
Sources : INSEE, DARES, APEC, enquêtes Hays, Robert Half et Michael Page 2025-2026. Budget prévisionnel de la Sécurité sociale 2026.
1,6 %
Inflation prévisionnelle 2026
+3,2 %
Augmentation moyenne brute
1 829 €
SMIC brut mensuel 2026
+1,6 pt
Gain de pouvoir d’achat
Évolution des salaires et du SMIC (2020-2026)
Sept années de données pour comprendre la trajectoire salariale française
| Année | SMIC brut mensuel | Salaire médian brut/an | Inflation | Évolution pouvoir d’achat |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | 1 539 € | 29 800 € | 0,5 % | +0,8 % |
| 2021 | 1 554 € | 30 500 € | 1,6 % | +0,7 % |
| 2022 | 1 678 € | 31 800 € | 5,2 % | −1,4 % |
| 2023 | 1 747 € | 32 600 € | 4,9 % | −0,6 % |
| 2024 | 1 766 € | 33 100 € | 2,3 % | +0,8 % |
| 2025 | 1 801 € | 33 400 € | 1,8 % | +1,1 % |
| 2026 | 1 829 € | 33 680 € | 1,6 % | +1,6 % |
Sources : INSEE, DARES, URSSAF. Inflation = IPC hors tabac. Pouvoir d’achat = évolution salaire médian − inflation.
Le grand rattrapage de 2026
Les années 2022-2023 ont été brutales pour le pouvoir d’achat. Avec une inflation cumulée de plus de 10 % sur deux ans et des augmentations salariales qui n’ont pas suivi (−1,4 % de pouvoir d’achat en 2022, −0,6 % en 2023), les salariés français ont perdu en moyenne 2 points de pouvoir d’achat réel.
2024 a amorcé la correction (+0,8 %), et 2025 l’a accélérée (+1,1 %). En 2026, le gain atteint +1,6 point, le plus haut depuis 2019. Le cumul des trois dernières années compense presque intégralement les pertes de 2022-2023. Presque.
Les inégalités persistent : les cadres et profils tech ont récupéré plus vite (augmentations de 4 à 6 %) que les employés et ouvriers (1,5 à 2,5 %), souvent indexés sur le SMIC.
Augmentations par secteur en 2026
Des écarts majeurs selon les secteurs d’activité
| Secteur | Augmentation moyenne 2026 | Tendance |
|---|---|---|
| Cybersécurité | +6,1 % | ↑↑ Forte hausse |
| Tech / IT | +5,2 % | ↑↑ Forte hausse |
| Intelligence artificielle | +5,8 % | ↑↑ Forte hausse |
| BTP / Construction | +4,1 % | ↑ Hausse |
| Santé / Paramédical | +3,8 % | ↑ Hausse |
| Industrie / Ingénierie | +3,5 % | ↑ Hausse |
| Finance / Banque | +3,2 % | ↑ Hausse |
| Fonction publique | +2,5 % | → Stable |
| Énergie / Environnement | +3,0 % | ↑ Hausse |
| Logistique / Transport | +2,4 % | → Stable |
| Commerce / Distribution | +1,8 % | → Stable |
| Hôtellerie / Restauration | +1,2 % | ↓ Stagnation |
Sources : Enquêtes Hays, Robert Half, Michael Page, APEC 2025-2026. Augmentations médianes brutes sur l’année.
Les secteurs qui explosent
Cybersécurité : +6,1 %, la pénurie s’aggrave
La France manque cruellement d’experts en cybersécurité. Les cyberattaques se multiplient (hôpitaux, collectivités, PME), la réglementation durcit (NIS2, DORA), et les profils qualifiés sont aspirés par les GAFAM et les cabinets de conseil. Résultat : un analyste SOC débutant démarre à 38 000 € brut, un RSSI confirmé dépasse facilement les 80 000 €.
Intelligence artificielle : +5,8 %, l’effet ChatGPT
Depuis fin 2022 et l’explosion de l’IA générative, la demande en profils IA s’est emballée. ML engineers, prompt engineers, spécialistes NLP et MLOps sont les profils les plus chassés. Les salaires d’entrée à Bac+5 dépassent les 45 000 € brut, et les profils seniors franchissent les 70 000 €.
BTP : +4,1 %, les bras manquent
La transition énergétique des bâtiments (rénovation thermique, bornes de recharge, panneaux solaires) génère une demande massive de main-d’œuvre qualifiée. Le BTP souffre d’une image dégradée qui freine les vocations, et les entreprises doivent augmenter les salaires pour attirer des apprentis et des ouvriers qualifiés.
Santé : +3,8 %, l’après-Ségur
Les accords du Ségur de la santé (2020-2021) ont revalorisé les soignants, mais l’effet s’est essoufflé. En 2026, les augmentations viennent principalement des établissements privés qui luttent pour retenir les infirmiers, aides-soignants et médecins face à la concurrence de l’intérim médical et du libéral.
Les secteurs qui stagnent
Hôtellerie-restauration : +1,2 %, sous l’inflation
Malgré la pénurie de personnel post-Covid, le secteur HCR peine à augmenter significativement les salaires. Les marges sont trop faibles, le turnover trop élevé, et les conventions collectives peu généreuses. Avec +1,2 % contre 1,6 % d’inflation, les salariés du secteur perdent du pouvoir d’achat pour la cinquième année consécutive.
Commerce et distribution : +1,8 %, juste au niveau
Le commerce physique subit la double pression du e-commerce et de la hausse des coûts (loyers, énergie). Les augmentations couvrent à peine l’inflation. Les postes les mieux lotis sont les fonctions achat et e-commerce, qui bénéficient d’augmentations de 3 à 4 %, tandis que les vendeurs et caissiers stagnent.
Augmentation individuelle vs collective
Tendances 2026 : ce qui change
L’IA redistribut les cartes
L’intelligence artificielle générative transforme les grilles de compétences valorisées. Les profils qui maîtrisent les outils IA (prompting avancé, intégration de LLM, automatisation) obtiennent des primes de 5 à 15 % par rapport à leurs pairs. À l’inverse, les postes d’exécution répétitive (saisie, traduction simple, support niveau 1) voient leur pouvoir de négociation s’éroder.
La pénurie de main-d’œuvre persiste
Malgré un taux de chômage qui se stabilise autour de 7,3 %, la France continue de connaître des difficultés de recrutement dans de nombreux secteurs. Le BTP, la santé, la tech et l’industrie sont les plus touchés. Cette pénurie structurelle soutient les augmentations salariales dans ces domaines.
Le SMIC comme locomotive
Le mécanisme de revalorisation automatique du SMIC (indexation sur l’inflation) entraîne des revalorisations en cascade dans les conventions collectives. Quand le SMIC augmente de 1,6 %, les grilles conventionnelles dont les premiers échelons passent sous le SMIC doivent être renégociées, créant un effet de compression salariale vers le bas.
Le package global prend le relais
Face aux limites des augmentations de salaire fixe, de plus en plus d’entreprises enrichissent le package global : télétravail élargi, prime de partage de la valeur, intéressement, plan d’épargne entreprise, mutuelle renforcée. En 2026, le « total comp » progresse plus vite que le salaire fixe seul.
Questions fréquentes
Ton salaire suit-il le marché ?
Compare ta rémunération au salaire médian de ton métier et découvre si tu es sous-payé, dans la norme ou au-dessus.